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Le centre cardiaque au chevet des nouveau-nés

8 octobre 2005, 20:00

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Chaque année, 160 à 200 enfants naissent avec une malformation cardiaque congénitale. Depuis 2004, une trentaine de nouveau-nés ont pu être soignés en urgence par des techniques non invasives au Centre cardiaque de Pamplemousses.

« Certaines défaillances cardiaques sont très sévères dès la naissance. Nous pouvons maintenant corriger certaines d?entre elles et ainsi sauver des petits malades», confirme le Dr Deshmukh Reebye, spécialiste en cardiologie interventionnelle adulte et pédiatrique au centre de Pamplemousses. Ce dernier a obtenu en 2003 une bourse d?études offerte par l?association C?ur pour tous, dont le président est le Pr Afksendylos Kalangos. Ce dernier dirige également la clinique de chirurgie cardiovasculaire des hôpitaux universitaires de Genève.

Six mois durant, le médecin a ainsi été formé à l?hôpital de Genève pour apprendre à faire des interventions non chirurgicales sur des enfants. « Ce sont des actes délicats et assez difficiles car les structures sont plus petites », explique-t-il. Un perfusionniste et un anesthésiste, ont également été formés. Pour être encore plus efficaces, les médecins préconisent pour les jeunes cardiologues, une formation en échocardiographie f?tale. Cela permet de dépister des lésions cardiaques sévères avant la naissance.

Plusieurs maladies peuvent donc être traitées. Comme la maladie bleue du nouveau-né. L?enfant qui en souffre ne reçoit pas suffisamment de sang oxygéné à cause d?un défaut anatomique au niveau du c?ur ou du poumon. Le médecin peut maintenant pratiquer un cathétérisme percutané qui maintiendra le bébé en vie. Il s?agit d?un « trou » fait dans le c?ur par un ballon introduit dans la veine de l?aine ou par le nombril. Cela permet au sang de s?oxygéner correctement en attendant une intervention dans un hôpital à l?étranger.

Le rétrécissement de la valve pulmonaire ou aortique est aussi une maladie grave qui perturbe la circulation sanguine. Seule une dilatation (rashkind balloon septostomy) peut en venir à bout. Le bébé se rétablit en peu de temps.

« L?enfant qui souffre de cette affection cardiaque a peu de chances de survivre si cette opération n?est pas pratiquée. »

<B>Un ressort introduit par la veine</B>

La troisième intervention concerne la fermeture du canal artériel. Chez certains bébés, ce canal, qui est une communication entre l?aorte et l?artère pulmonaire, ne se referme pas naturellement. Le canal peut être rebouché grâce à un ressort introduit par la veine de la cuisse. D?ailleurs, cette intervention est aussi pratiquée pour la fermeture de gros canaux ainsi que des trous au c?ur. Seulement cette dernière intervention nécessite l?utilisation d?un « parachute », un dispositif de fermeture extrêmement onéreux. Il faut souligner que tous les consommables sont pris en charge par l?Association c?ur pour tous ou Terre des hommes. L?État assure le coût médical et paramédical.

Pour rappel, c?est le Dr Kalangos qui a lancé la chirurgie cardiaque congénitale ainsi que la réparation des valves à Maurice. Trois fois par an, il opère des cas de plus en plus complexes qui nécessitaient auparavant un déplacement à l?étranger, sans oublier le coût financier et social que cela implique.

De son côté, le gouvernement a joué un rôle primordial en encourageant la formation locale et internationale. Le but final est d?avoir un centre régional pour la chirurgie cardiaque de haut niveau qui profite aux enfants et aux adultes.

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