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La production sucrière chute encore

6 octobre 2005, 20:00

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Le comité d?estimation de la coupe révise à la baisse, aujourd?hui, la production pour la campagne 2005. Ce sera la deuxième estimation depuis le démarrage de la coupe. Sur le plan international, la campagne de lobbying poursuit son chemin, davantage politique, au niveau du Parlement européen.

Pour justifier cette baisse, le Mauritius Sugar Industry Research Institute se base sur l?extraction comparée à la récolte 2004. ?Le taux ne s?est pas amélioré selon les attentes en septembre. Il est donc peu probable que l?extraction atteindra le seuil de 10,8 %?, affirme l?institut de recherche dans un bulletin hier.

Lors d?une réunion, en mai, le comité avait estimé que la campagne sucrière serait inférieure à la normale de 600 000 tonnes, au vu des intempéries qui ont empêché la croissance de la canne. Et la Chambre d?Agriculture avait fixé la barre à 550 000 tonnes. Au 1er octobre 2005, la récolte s?est élevée à 375 284 tonnes pour un total de 3,5 millions de tonnes de cannes broyées. Le taux d?extraction a été de 10,23 %, encore loin des 10,68 % atteints à pareille époque en 2004. Le bulletin de la récolte indique qu?il reste encore 14 800 tonnes à récolter pour les propriétés sucrières.

Dans les champs, la situation est en deçà des attentes. Mais à Bruxelles, là où se décidera dans les semaines à venir le quantum de la baisse du prix garanti, les travaux se déroulent à la satisfaction des pays ACP producteurs de sucre. Ils se réjouissent de la position exprimée jusqu?ici par la Commission de l?agriculture du Parlement européen sur la réforme de leur régime sucrier interne.

Dans un communiqué en date du mercredi 5 octobre, le groupe sucre des ACP, dont Maurice est le porte-parole, se dit ?encouragé? par la proposition du rapporteur britannique, Glenys Kinnock. Dans un avis de rapport, celle-ci avance que la baisse des prix devrait s?étaler sur huit ans au lieu des quatre ans proposés par la Commission européenne. Récemment, le député réunionnais, Jean-Claude Fruteau, a fait circuler trois avis de rapport où il propose une baisse moins douloureuse de 25 %.

Pour les pays ACP producteurs de sucre, la réduction ?injuste? de 39 % est ?sévère?. Elle est synonyme de désastre pour leurs économies. Les récents rapports des eurodéputés abondent dans le même sens que les ACP.

D?ailleurs, le président du groupe consultatif ACP sur le sucre, Georges Bullen, affirme, dans le communiqué : ?Nous apprécions le fait que les parlementaires européens sont compréhensifs à notre position et tiennent compte de nos griefs. Nous souhaitons que les Etats membres suivent la voie tracée par le Parlement européen et optent pour une réforme plus juste et équitable.?

Le Parlement européen est appelé, le 13 octobre, à adopter une proposition du député français Bernard Lehideux, qui apporte de l?eau au moulin des ACP. Proposition qui a déjà été adoptée au niveau de la commission parlementaire de l?Agriculture. Il s? agit d?accorder aux ACP une assistance financière de 80 millions d?euros en 2006 pour mitiger les effets de la réforme contre les 40 millions mis sur la table par la Commission européenne.

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