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La démocratie régionale hier et aujourd?hui

2 octobre 2005, 20:00

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L?île Maurice citadine vivra peut être la journée d?aujourd?hui dans l?attente des résultats des municipales. Les moins jeunes et les moins amnésiques d?entre nous se souviendront peut-être que la démocratie régionale connaissait, il y a 25 ans, une menace encore plus grande que le désintérêt croissant pour des élections opposant des candidats de 3e ou de 4e divisions, d?illustres inconnus pour la plupart car ne s?étant jamais signalés ou presque à l?opinion publique par un engagement suivi dans une organisation militante autre que le parti ou l?alliance leur ayant généreusement accordé un ticket électoral. Ces candidats comptent dans leur rang peu ou prou de directeurs d?entreprise, pas même d?une PME, de créateurs d?emplois, d?administrateurs connus. On chercherait en vain parmi eux ces citoyens modèles prenant régulièrement la plume pour exprimer, à leurs risques et périls, leur opinion sur l?actualité générale. En revanche, ils donnent plutôt l?impression d?être favorisés par des relations de copinage au point de pouvoir faire partie de certains inner circles en dehors desquels on est rien à Maurice, politiquement parlant.

Il y a 25 ans, la démocratie régionale est en meilleure posture. Elle est certes bâillonnée en raison, en grande partie, d?une stupide démission en bloc, en décembre 1979, des conseillers municipaux MMM, contrôlant à l?époque Port-Louis, BBRH et en partie Vacoas-Phoenix. Le gouvernement de coalition PTr-PMSD en profite pour nommer des commissaires administratifs, préfigurant à merveille les candidats des deux principaux blocs, offerts aujourd?hui à notre choix électoral. Cette bande de petits copains ?nominees? bleus et rouges ne tardent pas à entrer en conflit avec le ministre PMSD Kamil Ramoly qui entend leur faire comprendre que le grand patron centralisateur en matière d?administration? régionale c?est lui et personne d?autre. En cela, il préfigure bien ce qui se passe aujourd?hui à la tête de ce ministère anti-démocratie régionale. Celle-ci est pourtant en meilleure santé, en octobre 1980, même si elle est réduite à l?impuissance par l?usurpation des pouvoirs municipaux par les béni-oui-oui des commissions administratives. Mais la démocratie régionale demeure plus vivante que jamais. Elle attend son heure qui doit sonner. Elle pressent qu?après un grand coup de balai (celui du 11 juin 1982), un nouveau gouvernement la restaurera dans toute sa splendeur et qu?elle pourra de nouveau compter sur des conseils municipaux et sur des maires possédant un potentiel intellectuel et de gestion municipale incontestable. Elle ne sait pas encore que même ceux-là la trahiont, après avoir goûté aux charmes du pouvoir centralisateur à outrance et du gruyère gouvernemental. Les ténors disponibles (ceux qui ne sont plus ou pas ministres) de la classe politique semblent fatigués par l?exercice du pouvoir, usés par ce dernier. Ils semblent préférer céder la place à des néophytes, sans se soucier apparemment de la confiance que l?électorat place en eux. Ce dernier a aussi l?impression que d?aucuns craignent une nouvelle déculottée électorale.

Vingt-cinq ans après, des élections municipales remplacent des commissions administratives arbitrairement nommées par un gouvernement travailliste-PMSD. Entre-temps, la démocratie régionale a reculé. Elle dégringole. Elle devient risible. Il faut être des démocrates invétérés pour croire encore en elle et conserver l?espoir qu?un jour un gouvernement intelligent et authentiquement démocrate restaurera la démocratie régionale et remettra un pouvoir authentique aux habitants de nos différentes villes, de nos différents quartiers urbains, de nos principaux villages promus, enfin, municipalités. Un jour viendra et verra un gouvernement central mais démocrate accorder généreusement une véritable autonomie administrative quand des citoyens sauront la réclamer à l?instar de l?OPR de Serge Clair.

Pour cela, il faut que les forces vives sur le terrain ne gaspillent pas leurs forces dans de vains combats. Nombre d?entre elles ont perdu leur force, énergie, crédibilité et le peu de financement dont elles disposaient dans un combat législatif où elles n?avaient pas leur place ni aucune chance d?être prises au sérieux par un électorat seulement intéressé par le choc des deux blocs pour prendre le pouvoir central. Auraient-elles accordé la priorité voulue à la prise du pouvoir régional par de véritables candidats de proximité connus de tous, qu?elles seraient plus crédibles. Espérons que les villageoises de décembre 2005 montreront, après Rodrigues, à nos municipalités moribondes, la voie à suivre.

Les municipales du 2 octobre 2005 sont perdues d?avance. Aux âmes bien nées de se préparer dès à présent à relever le défi des municipales de 2010. Un lustre est vite passé. En attendant, le mieux qu?on puisse faire c?est de surveiller de près les discours, faits et gestes des élus municipaux du 2 octobre 2005 afin qu?en cas d?élection municipale de véritables forces vives, en 2010, elles ne répètent pas les erreurs que pourraient commettre d?ici là les vainqueurs inconnus du 2 octobre 2005.

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