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Le crève en c?ur des vallées?
Entre ses doigts, le rouge devient attirance. Tantôt des ?uvres intensément désarmantes, tantôt un essoufflement de passion qui nous laisse de glace. Neeru Beeharry Panray expose 25 tableaux à l?Alliance française du 1er au 15 octobre, regroupés sous le thème : Vallée à aimer, vallée à rêver?
Elle, qui souhaitait attiser notre compassion sur les vallées de Crève-C?ur, n?y a réussi que partiellement, nous laissant sur cette faim insatiable d?en vouloir encore plus.
Du haut de cette première exposition, Neeru Beeharry Panray, rectrice du collège Gaëtan Reynald, a toujours été peintre à part entière. Son parcours jusqu?à une maîtrise de beaux-arts à la Sorbonne, lui a permis de mieux saisir les techniques de la gravure, peinture et impression.
Ses nombreuses expositions dans les galeries françaises, aussi un passage à l?Ecole des arts appliqués, démontrent que l?expérience crèche en cette artiste confirmée. Mais étrangement, cette démarche artistique nous fait basculer dans une vertigineuse réflexion.
L?artiste-peintre s?élance sur les courbes et les pentes de la vallée de Crève-C?ur qui montrent des clichés impressionnants de Peter Both. Des prises de vues en acrylique qui respirent l?enchantement, du moins, quelques-unes de ses ?uvres le démontrent tout à fait.
Lorsque nous attaquons la pente abrupte de cette recherche artistique, le peintre nous plonge dans le secret des vallées. Elle s?est appliquée à troubler le silence endormi de cadre qui a bercé son enfance et ses rêves. Lorsqu?elle voyageait de Poudre-d?Or vers le versant port-louisien, elle entrevoyait souvent ces images fantasques de Crève-C?ur.
<B>Éclaboussure de couleurs</B>
De son imaginaire, elle en extériorise les multiples facettes. Un visage de la vallée au petit-déjeuner pastel, au déjeuner ensoleillé, au goûter orangé ou dans la pénombre mauve. Comme ses tableaux, elle parle en étapes. ?J?aime bien mettre plus de caractère dans mes ?uvres. J?admire les impressionnistes et j?essaie d?inclure beaucoup de textures??
Il est vrai que sous le vague espace d?ouverture des paysages, derrière la tumultueuse mouvance de sa technique, le style s?affirme. Mais nous décelons plus une touche d?expression significative dans sa vision.
Derrière la façade de la montagne s?entasse un éclat de vermillon qui s?expose en monticule à travers le ciel. Sa technique n?altère pas. Toujours ces éclaboussures de couleurs, spontanément étalées sur le canvas qui s?étiolent et se gondolent.
Entre ses chefs-d??uvre, elle entrepose aussi des tableaux faits à la va-vite. Comme ces reproductions de la réalité montagneuse qui finissent par lasser le regard. ?J?ai fait quatre ?uvres en une nuit?, nous susurre-t-elle comme excuse. Pourquoi donc s?appliquer à mettre une vingtaine d??uvres rien que pour remplir la salle ? Elle nous donne l?impressionqu?elle n?a pas su prendre assez de temps pour se lancer dans le formidable dépaysement que provoquent les vallées.
Les verts des montagnes, sont vierges, comme une sorte d?agression. Et son ciel, trop rougeâtre, accentue ce dépassement. Et où se cache le rêve dans tout cela ? Il est vrai que quelques panoramas dégagent un univers du merveilleux. Celui qui nous permet de gambader dans le silence des vallées. Le rêve symbolique des chaînes de montagnes qui titille d?une envie folle. Celle de la liberté. Elle parvient à nous communiquer l?intensité de ces réflexions dans ce tableau de la montagne du pouce.
La luminosité crée une harmonie fascinante. Le paysage coule dans une nuance de couleurs chatoyantes. ?La vallée sans cesse changeante, qui me fascine, et que je voulais montrer dans tous ses visages?? Liberté d?expression pour cette artiste qui a choisi de laisser ses doigts rêvasser sur les canvas.
L?exposition est ouverte jusqu?au 15 octobre. Libre aux amateurs de se forger une opinion.
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