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Irak : attentats meurtriers en série
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Irak : attentats meurtriers en série
Selon la police et le ministère de l?intérieur irakiens, les bombes ont explosé à proximité d?un marché animé, situé dans un quartier majoritairement chiite de cette localité. Le premier et le deuxième attentats, espacés de dix minutes, ont eu lieu dans la rue Masraf, à 18 h 30 (16 h 30 à Paris), dans le centre de Balad. La troisième attaque s?est produite dix minutes plus tard, dans le quartier Bab Al-Sour. Les attaques n?ont pas, pour l?heure, été revendiquées.
Cinq marines américains ont été tués, jeudi, par l?explosion d?un engin au passage de leur véhicule près de Ramadi, à 110 kilomètres à l?ouest de Bagdad, a annoncé l?US Army dans un communiqué.
Cette attaque et la mort d?un autre soldat, abattu le même jour à Ramadi par des tirs d?armes légères, portent à 1 929 le nombre de militaires américains tués depuis la fin de l?invasion de l?Irak en mars 2003.
Par ailleurs, à Bagdad, des inconnus ont ouvert le feu sur un minibus transportant des employés du stade de football Al-Chaab dans le quartier Al-Machtal, tuant deux d?entre eux et en blessant sept autres. Toujours dans la capitale, des hommes armés ont tué deux employés d?une boulangerie appartenant à des chiites, tandis que deux policiers ont été tués lors d?échanges de tirs entre des insurgés et une patrouille.
Des responsables de l?Eglise anglicane en Irak ont disparu voilà quinze jours sur la route reliant la Jordanie à Bagdad, a-t-on appris jeudi. «Ils sont presque certainement morts», a dit à Nicosie (Chypre) Clive Hanford, évêque du diocèse de l?Eglise épiscopale pour Jérusalem et le Proche-Orient, dont dépend l?Eglise anglicane d?Irak.
Le pasteur Maher Dakel, son épouse et leur fils, ainsi que le pasteur Firas Raad et leur chauffeur, avaient choisi de rejoindre l?église Saint-Georges de Bagdad par la route. Le 13 septembre, l?Eglise a appris qu?ils auraient été attaqués entre les villes de Ramadi et Fallouja, à l?ouest de Bagdad. Cette région, qui fait partie de la province d?Al-Anbar, est contrôlée par les insurgés et les bandes criminelles.
A deux semaines du référendum sur la Constitution irakienne, les Arabes sunnites restent farouchement opposés au projet, ce qui incite les Etats-Unis à tenter d?obtenir un accord de dernière minute pour atténuer les clivages religieux.
Hostile à la Constitution
«La question de la Constitution est morte jusqu?au référendum», a déclaré jeudi le négociateur sunnite Hussein Al-Falloudji. «Nous voterons ?non? et n?accepterons pas la politique d?agression menée par les Américains pour parvenir à leurs fins. Il n?y a aucune chance pour que nous la soutenions.»
Le projet de Constitution, approuvé par les dirigeants chiites et kurdes, est déterminant pour Washington et le gouvernement irakien, qui cherchent à intégrer les sunnites à la vie politique afin de désamorcer l?insurrection de leur communauté et empêcher le pays de basculer dans une guerre de religions.
Mercredi, l?ambassadeur des Etats-Unis, Zalmay Khalilzad, a rencontré dans le nord de l?Irak le président Jalal Talabani et d?autres dirigeants kurdes, pour discuter des conditions posées par les sunnites à leur ralliement au projet de Constitution, qui sera soumis à référendum le 15 octobre. Les dirigeants sunnites, qui disent n?avoir connaissance d?aucune proposition présentée par Khalilzad, ont évoqué ces discussions avec méfiance.
«Nous pensons que les Etats-Unis considèrent la Constitution comme partie intégrante de leurs plans de guerre, aussi croient-ils qu?ils finiront par gagner le jeu de la Constitution», a déclaré Abdul Al-Koubaissi, de l?Association des oulémas, l?une des principales organisations sunnites. «Nous rejetons la Constitution et dirons ?non? quoi qu?il arrive. Nous n?avons pas été informés de nouvelles propositions et ne savons pas si l?ambassadeur américain les a transmises aux Kurdes. Nous restons fermes sur nos positions.»
Le projet de Constitution porte la marque des partis chiites et kurdes qui dominent le Parlement depuis les élections de janvier, boycottées par les sunnites. Ces derniers rejettent avant tout le document parce qu?ils craignent que ses dispositions en matière de fédéralisme ne provoquent une partition de l?Irak, ce qui les laisserait isolés dans le centre du pays, sans accès aux ressources pétrolières situées près du Nord kurde et du Sud chiite.
L?Organisation des nations unies a annoncé jeudi la création d?un centre en Irak pour tenter d?élucider le sort des «centaines de milliers» de disparus, principalement sous le régime de Saddam Hussein.
Le Centre national des disparus et personnes manquantes fournira une aide pour les enquêtes et la médecine légale, ainsi qu?un soutien aux familles des victimes, a précisé John Pace, directeur du département des droits de l?homme de la mission de l?ONU en Irak (Unami). «Il est très difficile d?établir combien de personnes sont portées manquantes, mais les estimations vont de centaines de milliers à un million. Chaque semaine ou presque, il y a des informations sur la découverte de nouvelles fosses communes», a-t-il dit, alors qu?environ 200 ont déjà été mises au jour.
Beaucoup de fosses communes contiennent les restes d?opposants politiques de Saddam Hussein, ainsi que de Kurdes et de chiites, deux communautés qui s?étaient rebellées contre son régime.
L?ancien dictateur sera jugé à partir du 19 octobre, a confirmé le premier ministre, Ibrahim Al-Jaafari, en rejetant toute idée d?un report du procès.
«Il n?est pas possible de repousser cette affaire, qui a pris plus de temps que nécessaire», a-t-il indiqué dans un communiqué. «Etant donné que les autorités judiciaires sont indépendantes, nous n?interférons pas, mais nous leur avons demandé de se presser afin de traiter cette affaire», a-t-il ajouté. Saddam Hussein et sept responsables de son régime seront jugés par le Tribunal spécial irakien notamment pour l?assassinat en 1982 de plus de 140 villageois chiites d?une localité au nord de Bagdad, après des tirs contre le convoi du président.
© 2005 Le Monde News Service- Distribué par The New York Times Syndicate
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