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Le FMI craint le pire pour l?avenir du pays

30 septembre 2005, 20:00

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La situation économique est pire qu'on ne le pensait. « Les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) concernant l'économie du pays sont plus pessimistes que celles du Central Statistics Office », a indiqué le ministre des Finances, Rama Sithanen. Il est rentré hier de sa mission à la Barbade et à Washington où il a assisté à la réunion des ministres des Finances du Commonwealth et à l'assemblée générale annuelle du FMI et de la Banque mondiale (BM).

« Le FMI craint surtout l'impact de la majoration des prix des produits pétroliers sur l'économie. Il y a un premier effet direct sur le prix du carburant et ensuite un effet secondaire multiplicateur qu'il est difficile de cerner », explique Rama Sithanen. En tout cas, le ministre des Finances reste évasif quant au prochain réajustement du prix du carburant à Maurice. Interviendra-t-il après les municipales ou après les villageoises ?

De la balance des paiements aux perspectives de croissance, en passant par le niveau du déficit budgétaire et la dette publique, les indicateurs économiques se sont tous détériorés. Les pressions sur la balance externe augmentent, d'autant plus que la performance de la zone franche est plus mauvaise que prévue. De surcroît, la flambée du prix du pétrole a un impact négatif sur les économies des petits pays dépendants en matière énergétique, dont Maurice. La croissance risque fort d'être affectée uniquement par le gonflement de la note pétrolière.

Coup de fouet au tourisme

Rama Sithanen relativise néanmoins en indiquant que le FMI n'a pas intégré dans ses prévisions les mesures prises pour relancer la croissance, notamment celles visant à donner un coup de fouet au tourisme. Cela devrait avoir un impact sur la croissance, estime-t-il. Le gouvernement compte lancer une campagne pour économiser l'énergie. Le but est d?arriver à une utilisation plus efficiente et optimale des ressources énergétiques dans les industries de production et d?encourager la recherche d?autres sources d'énergie, annonce Rama Sithanen.

Ce dernier rapporte que le FMI évoque une rapide détérioration de tous les principaux paramètres économiques entre juin 2004 et 2005. Cet avis est basé sur les analyses du FMI dans le cadre des Article IV Consultations en 2004 et en 2005. Le dernier exercice vient d'ailleurs d'être complété. A La Barbade comme à Washington, Rama Sithanen a expliqué que Maurice subit trois chocs économiques : la baisse des recettes du textile-habillement depuis l'abolition des quotas en janvier 2005, une baisse programmée des recettes sucrières et la hausse de la note pétrolière.

« J'ai fait comprendre que pour nous ajuster, il nous fallait des ressources financières. Or il n'existe pas de financement à des taux préférentiels pour un pays comme Maurice, considéré comme un middle income economy », a déclaré le ministre des Finances.

Lors de sa mission, il a multiplié les contacts auprès des bailleurs de fonds, dont le FMI, la BM, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque arabe de développement (BADEA) afin d'obtenir des prêts à des taux préférentiels pour financer l'ajustement structurel de l'économie. Le pays doit effectivement sortir d'une logique de marchés préférentiels pour s'adapter à un monde sans préférences.

Développer les Pme

Le ministre des Finances a fait un appel pour une solution mixte où une partie du financement serait au taux du marché et une autre partie à un taux bonifié. Il a également proposé aux bailleurs de fonds l'idée de prêts en roupies pour les entreprises afin d?éliminer les risques liés au taux de change. Il s'agit également de mieux équilibrer la structure de la dette publique qui est principalement composée d'emprunts domestiques. Rama Sithanen souhaite obtenir des prêts internationaux libellés en roupies pour un panier plus équilibré.

La BADEA a déjà prévu une mission a Maurice en décembre ou janvier prochain pour identifier les projets qu'elle pourrait financer. L'International Financial Corporation et le fonds du Commonwealth étudieront également la possibilité de financer des projets pour le développement des petites et moyennes entreprises. La Banque mondiale apportera aussi son assistance technique pour améliorer la collecte fiscale. Le ministre des Finances a également obtenu de la BM qu'elle réalise un country economic memorandum pour baliser la politique économique future du pays. La dernière étude de ce type remonte à dix ans.

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