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?Eviter des querelles partisanes dans la politique étrangère?

28 septembre 2005, 20:00

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Si la diplomatie, c?est l?art de prendre des gants, le ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo, a semble-t-il oublié les siens au vestiaire, lors d?un point de presse, hier, lorsqu?il a commenté les récentes remarques de Paul Bérenger sur le déplacement de la délégation mauricienne au sommet des Nations unies à New York. Le ministre procédait à un tour d?horizon de la politique étrangère de Maurice et du commerce international.

Madan Dulloo a aussi rappelé que le gouvernement compte mettre sur pied un Advisory council on foreign affairs et un Standing Parliamentary Committee. ?La politique internationale ne doit pas tenir compte de la politique partisane ?, a-t-il précisé avant de déplorer que le leader de l?opposition n?ait pas encore ?réagi à la création de ses deux instances?. Il a dit ?espérer? que son prédécesseur aux Affaires étrangères, Jayen Cuttaree, ?se prononce ? sur le sujet.

Au chapitre des propos tenus par le leader de l?opposition, lors d?une conférence de presse le samedi 17 septembre, le ministre Dulloo déclare que ?ces commentaires injustifiés démontrent sa méconnaissance totale des événements de New York?. Paul Bérenger avait en effet exprimé sa déception face au discours prononcé par le Premier ministre à l?Assemblée spéciale des Nations unies le 15 septembre. Il avait même qualifié la prestation de Navin Ramgoolam de ?bien faible? en raison de l?absence de toute référence à l?archipel des Chagos et à Tromelin.

Ces commentaires, Madan Dulloo les attribue à des motivations ?bassement politiques?, avant de revenir sur le fil des événements. Le ministre explique que Navin Ramgoolam a prononcé trois discours lors du sommet. Le premier discours, soit celui à la séance plénière, le 14 septembre, avait été prononcé au nom de l?Alliance of Small Island States (AOSIS) et devait donc traiter ?des problèmes des petits Etats insulaires en développement?.

La deuxième intervention de Navin Ramgoolam, soit celle du 15 septembre, faisait référence au chemin parcouru par le pays suivant les huit Objectifs du millénaire pour le développement (ODM). Ce n?est qu?à sa troisième intervention, celle du 19 septembre devant l?Assemblée générale, qu?il a pu évoquer les contentieux qui oppose Maurice à la Grande-Bretagne et à la France sur les dossiers des Chagos et de Tromelin respectivement. ?C?est là que le Premier ministre a fait état de nos relations avec la Grande-Bretagne et la France sur Diego Garcia et Tromelin?, souligne Madan Dulloo.

Il dit aussi avoir parlé au secrétaire général du Commonwealth, Don McKinnon, lors d?une réunion ministérielle du Commonwealth qui s?est déroulée en marge du sommet de New York. Selon le ministre, le contentieux autour des revendications mauriciennes sur la souveraineté des Chagos ne concerne que la Grande-Bretagne avec qui des discussions vont bon train. ?Nous n?avons aucun problème avec les Etats Unis?, devait-il continuer.

La délégation mauricienne qui comprenait aussi le secrétaire aux Affaires étrangères, Anand Neewoor et le chief whip, Lormesh Bundhoo, entre autres, a profité de son passage à New York pour assister à plusieurs événements, tels le sommet de la francophonie, une réunion du Fonds pour la démocratie et la Clinton Global Initiative.

Le ministre a aussi critiqué Paul Bérenger pour avoir affirmé que le nouveau gouvernement est en train de ?mishandle ? les dossiers du sucre et du textile. ?La situation dont on a hérité de l?ancien gouvernement est toujours au statu quo. On entreprend des initiatives pour débloquer la situation?, a-t-il affirmé.

Dérogation de l?Agoa

Sur le sujet de l?Agoa et du third country fabric, Madan Dulloo a expliqué que ?ce ne sera pas évident? d?obtenir les amendements législatifs nécessaires pour le prolongement de la dérogation qui expire vendredi. Il a cité le calendrier chargé du Congrès américain (en raison du passage du cyclone Katrina et des audiences de nomination du chef juge John Roberts) et la nécessité de trouver une ?législation appropriée ? et un ?fast-track pour passer devant le Sénat ? comme étant les défis principaux pour qu?un prolongement de la dérogation jusqu?en 2007 ne devienne une réalité.

?On essaiera de trouver un créneau pour faire amender la loi et étendre la dérogation. De son côté, l?industrie du textile américaine n?a pas de problème avec Maurice?, a-t-il précisé. Madan Dulloo affirme avoir passé ?deux jours intenses à Capitol Hill? après le Sommet des Nations unies. Il a rencontré des représentants du Sénat, du département du Commerce, du département d?Etat et de l?Africa Corporate Council.

Il a toutefois rappelé que la dérogation des Least Developed Countries (LDC) expire en 2008 et qu?il est donc nécessaire d??explorer ? d?autres solutions pour l?industrie textile. ?On a discuté de plusieurs scénarios avec le gouvernement américain et les représentants du Congrès et du Sénat?, a affirmé le ministre. S?il a dit ne pas vouloir rendre publics les ?scénarios? en question, il a suggéré qu?ils seraient ?bien intéressants pour Maurice? si jamais ils devaient se matérialiser.

À L?AGENDA

?De grandes possibilités de coopération?

■ Madan Dulloo a mis en lumière une série de projets de son ministère dont certains sont des retombées positives de sa visite à New York. Ainsi, suite à une réunion avec la Chambre de commerce américaine, Maurice accueillera une conférence de cette organisation vers la fin de mars 2006. Selon Madun Dulloo, cette conférence sera ?ouverte à tous les businessmen de l?Afrique, du Moyen-Orient et de l?Asie du Sud-Est? et devra être ?bénéfique au pays?. Le ministre a également évoqué la possibilité d?un ?Free Trade Agreement? (FTA) avec l?Inde. ?On a finalisé plusieurs sous-accords?, a-t-il précisé. Il a cependant concédé qu?un ?Preferential Trade Agreement? (PTA) devra être signé avant un FTA, qui est ?l?objectif final?. Un PTA sera signé lors de la visite du ministre en Inde le mois prochain. Madan Dulloo a aussi commenté sa participation, le 17 juillet, au Forum de Dakar où il a coprésidé un atelier sur la promotion du commerce avec l?assistant secrétaire américain au Commerce, David Sampson. ?On a lancé des idées pour l?Afrique?. Le ministre a également eu des discussions avec le secrétaire américain à l?Agriculture, entre autres. Les relations de Maurice avec la Libye sont en cours de ?normalisation?. Par ailleurs, Madan Dulloo a rencontré son homologue libyen, Ali Triki, à New York, lors du Sommet de l?Onu pour ?discuter de l?avenir?. Selon le ministre, ?il existe de grandes possibilités de coopération entre nos deux pays?. Madun Dulloo sera à Londres la semaine prochaine pour assister au ?Africa Partnership Forum? qu?il a qualifié de ?round-up au niveau des initiatives pour l?Afrique?.

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