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Manque de devises : La Banque centrale sollicitée

28 septembre 2005, 20:00

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Le manque de devises persiste. Les banques commerciales réclament l?intervention de la Banque de Maurice pour soulager le marché. C?est ce qui ressort d?une réunion, mardi, entre les trésoriers des banques commerciales et les hauts responsables de la Banque centrale.

La pression est effectivement très forte sur le marché des changes. La demande s?accroît mais il n?y a toujours pratiquement pas de vendeur. Les opérateurs estiment qu?il y a un manque d?environ $ 50 millions à $ 60 millions sur le marché des devises. ?Si un tel volume de devises était injecté, il sera aisément absorbé?, commente un cambiste.

Mais une telle somme n?est pas disponible. Le Syndicat des sucres, un des plus importants acteurs du marché, n?a vendu que pour 0,3 million de dollars aux banques commerciales en août. De son côté, la Banque de Maurice continue d?intervenir, mais trop timidement au gré des banques commerciales. En août, la Banque central a vendu pour $ 5 millions de devises.

Une vision à long terme

?On ne comprend pas. Les réserves de la Banque centrale atteignent des niveaux records mais elle n?utilise pas ses ressources pour aider le marché. Mais dans le même temps la Banque de Maurice souhaite maintenir stable le taux de change de la roupie contre le dollar. Comment va-t-on réussir cela si elle n?intervient pas ?? commente un trésorier d?une banque commerciale.

De son côté la Banque centrale réplique qu?elle a vendu plus de 220 millions de dollars sur le marché depuis mai 2004. On fait également ressortir que la Banque de Maurice a davantage une vision à long terme. Elle anticipe effectivement des périodes de turbulences avec la baisse prévue du prix du sucre et donc des recettes tandis que les revenus du textile continuent à diminuer. Les réserves seront donc utiles à l?avenir pour faire face au pire.

Les cambistes ne l?entendent pas de cette oreille. ?Il faut parer au plus pressé. De toutes façon les réserves sont suffisantes pour voir venir?, soutient l?un d?eux.

Le manque de devises dont souffre le pays depuis plus de quinze mois est essentiellement dû au fait que structurellement le marché est déséquilibré car Maurice importe plus qu?elle n?exporte. Cette situation a été compliquée par le fait que les recettes de l?industrie du textile-habillement se sont contractées ces quatre dernières années.

Du côté de la demande, la hausse du prix du brut sur le marché mondial a triplé les besoins de la State Trading Corporation (STC). Elle a besoin de plus de devises pour payer ses importations de pétrole.

Par ailleurs, nous sommes actuellement entré dans la période où les importateurs s?approvisionnent en prévision des fêtes de fin d?année. Ils accentuent donc la demande.

Certaines banques sont donc contraintes de pratiquer une forme de rationnement des devises. Les importateurs ont priorité mais les opérateurs qui ont besoin de devises pour rembourser une dette, acheter des actifs à l?étranger ou pour ouvrir un compte sont, eux, placés sur une liste d?attente.

?Dans la conjoncture, nous les banques commerciales nous ne pouvons pas grand-chose. C?est à la Banque de Maurice d?agir. Elle peut essayer de demander aux gros vendeurs de jouer le jeu ou elle doit intervenir elle-même?, résume un cambiste.

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