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“Le tourisme bat de l’aile”
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“Le tourisme bat de l’aile”
● Un des gros problèmes qui empêche le développement touristique à Rodrigues, selon les opérateurs locaux, est le coût du billet. C’est un des facteurs ayant causé une baisse considérable, environ 10 000 passagers de moins, l’année dernière. Votre avis ?</B>
Le nombre des passagers visitant Rodrigues a atteint un plafond depuis que le prix du billet a considérablement augmenté en avril 2004.
Je dois faire ressortir que l’augmentation du coût du billet n’est pas une simple coïncidence. Elle est liée aux plusieurs facteurs .
(i) Le passenger service charge (PSC) par Airport of Rodrigues Ltd (ARL) à l’aéroport de Plaine-Corail.(Rs 130 ) + Rs 20 taxe à valeur ajoutée (TVA) et passenger service care par Airport of Mauritius à l’aéroport de Sir Seewoosagur Ramgoolam, Plaisance (Maurice) Rs 250 et une augmentation du prix du billet par Air Mauritius incluant la taxe sur l’essence.
● <B>D’où la décision pour que le billet passe de Rs 4 000 à Rs 5 600, le coût du voyage actuellement.</B>
Je trouve que cette tendance à la baisse des arrivées est dramatique pour l’industrie touristique à Rodrigues qui est comme une soupape de sûreté à moyen terme pour l’économie de Rodrigues. Il faut absolument faire quelque chose au plus vite pour remédier à cette situation. Selon les chiffres disponibles, le nombre d’arrivées pour cette année à Rodrigues pourrait baisser par 15 000 par rapport à l’an 2003.
● <B>Pouvez-vous nous dire quelles sont les raisons de la perte globale de Rs 50 millions enregistrée annuellement par la compagnie d’aviation nationale sur desserte Maurice–Rodrigues ?</B>
L’augmentation du prix du billet fixé par la compagnie d’aviation nationale Air Mauritius avait pour but de résorber le déficit de Rs 50 millions encouru dans le précédent exercice financier si le même nombre de passagers, 60 000, visitent l’île Rodrigues. Malheureusement l’augmentation du coût du billet n’a pas aidé Air Mauritius Ltd comme souhaité, et le nombre de passagers a diminué par à peu près 12 000 l’année dernière. Ce qui est équivalent à la somme de Rs 50 millions citée plus haut. Il faut également faire ressortir que le nombre de Mauriciens qui avaient l’habitude de visiter Rodrigues en famille ont considérablement baissé par rapport à l’année dernière.
● <B>Est-ce facile d’envisager une baisse de prix sur les billets ?</B>
Je considère que le coût des billets ne devrait pas être réduit. Je ne peux commenter davantage sur l’intention des compagnies d’aviation. Je pense que tout dépendra de quelle taxe nous parlons. Autant que je sache, l’ARL puise à partir du passenger service charge comme sa principale source de revenus financiers, soit une somme de Rs 130 pour un passager adulte et, laissez-moi vous dire que ARL ne reçoit pas de subsides pour ses coûts d’opération. Il faut également se rappeler que ARL doit malheureusement payer la taxe à valeur ajoutée sur le passenger service charge sans compter la pression sur nos ressources déjà limitées.
● <B>Maurice est vendue comme une destination duty-free shop. Quelles en sont les répercussions à Rodrigues ?</B>
Le duty-free shopping était devenu chose courante pour tous les Mauriciens qui visitent Rodrigues (35 000 par an).
Avec la baisse des visiteurs Mauriciens enregistrée à Rodrigues, le duty-free shopping a pris un sale coup. Encore une fois, je souhaite que la situation ira en s’améliorant aussi bien dans le secteur du duty-free shopping qui autrefois créait a good vibrant feeling pour l’économie dans l’île.
● <B>De quelle manière, l’arrivée de “Catovair” sur la desserte Maurice-Rodrigues pourrait être bénéfique pour l’île ?</B>
Etant le deuxième transporteur qui dessert Rodrigues, je crois que ce nouvel appareil contribuera à apporter une certaine compétition et à faire baisser le prix du billet. Et comme vous pouvez le constater, Catovair a déjà réduit le prix du billet par 10% . J’espère que la compagnie Air Mauritius va revoir son prix pour encourager plus de Mauriciens et de Réunionnais à visiter l’île Rodrigues. Cette démarche, j’en suis sûr, donnera un coup de pouce au secteur touristique et à l’artisanat à Rodrigues.
● <B>Est-ce que Air Mauritius et Catovair ne puisent pas le même réservoir de visiteurs ? </B>
C’est encore trop pour faire un constat. Selon moi, il faudra faire beaucoup d’efforts pour attirer des visiteurs à Rodrigues, soit un total de 60 000 par année comme c’était le cas auparavant. Je crois qu’en agissant de manière complémentaire, la compagnie d’aviation nationale et celle de Catovair, pourront aider à attirer un plus grand nombre de touristes.
● <B>Selon-vous, pourquoi aucun transporteur ne s’est intéressé au trajet Réunion Maurice ?</B>
Le trajet Réunion- Rodrigues, n’est pas à la mesure de ce que nous espérions avec un nombre de 2 923 visiteurs en 2004.Les arrivées atteindront les plus hauts sommets pendant certains mois correspondant à la période des vacances à la Réunion. Selon moi, des compagnies aériennes doivent cibler les groupes spécifiques à l’île de la Réunion tels les clubs de troisième âge ou des groupes tours de France qui pourrait éventuellement offrir Réunion et Rodrigues comme destinations.
● <B>Faut-il revoir le positionnement du marketing des hôtels à Rodrigues ?</B>
Le marketing des hôtels à Rodrigues doit se faire différemment. L’initiative qui a été prise tout récemment par le ministère du Tourisme, l’Assemblée Régionale de Rodrigues (ARR) et la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) pour organiser le Festival de Rodrigues au Caudan, Maurice a été un succès. De tels efforts doivent continuer. A mon avis, l’ARR ne peut soutenir une campagne internationale pour le développement touristique à Rodrigues en raison de ses ressources financières et la logistique limitée.
● <B>Quelles sont les raisons pour lesquelles les grands hôteliers ne s’intéressent pas trop à investir dans des projets touristiques à Rodrigues ?</B>
C’est vrai, les grandes chaînes hôtelières n’ont jusqu’ici montré aucun intérêt pour la construction d’hôtels à Rodrigues. Il y a peut-être trop d’incertitudes et d’improbabilités, ajouté à cela, le faible taux de touristes qui visitent l’île. Ce sont autant de facteurs, qui à mon avis, ne justifient pas ce type d’investissement pour le développement du secteur hôtelier dans l’île.
Personnellement, je suis plutôt en faveur de l’expansion et pour le rehaussement du niveau des hôtels déjà existants, ce qui aurait une plus grande de réussir.
Il est également important d’exploiter davantage le concept de l’ écotourisme en créant une unique marque de produit dans la région.
● <B>Etes-vous de ceux qui croient que l’Association des Hôteliers et Restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM) doit manifester plus d’intérêt pour l’île ?</B>
L’Association des hôteliers Rodriguais et l’ ARR s’occupent bien du secteur touristique à Rodrigues. C’est à eux de s’approcher de l‘AHRIM pour tisser les liens pour que les deux organismes sortent gagnants à long terme.
● <B>N’est-il pas temps pour les opérateurs, les promoteurs touristiques, les associations de tourisme basés à Rodrigues et tous ceux concernés repensent eux-mêmes la promotion touristique dans des foires internationales sans être dans l’ombre de Maurice en proposant d’autres produits et d’autres types de loisirs que l’achat des limons et des piments confits ?</B>
Personnellement, je ne vois pas comment la mobilisation des ressources disponibles à Rodrigues pour des campagnes sur le plan international pourrait apporter des résultats concrets sans la contribution des autorités mauriciennes telles que la MTPA. Je crois que la spécificité et l’authenticité de l’île avec sa différence peuvent contribuer à rehausser le niveau de la perception lorsque cela apparaît avec une bonne dose de professionnalisme sur des brochures Pour ce qui est des destinations comme les Seychelles et l’île de la Réunion, les instances locales pourraient réaliser un travail formidable.
<I> Propos recueillis par </I>
<B>Jocelyn ROSE</B>
PROMOTION TOURISTIQUE
<B>La Réunion ciblée</B>
■ Le Comité du Tourisme cible le marché réunionnais. A cet effet, une délégation se rendra officiellement à la Réunion pour participer au Salon touristique qui s’y tiendra. La délégation rodriguaise comprendra des représentants du bureau du Chef commissaire et des tours opérateurs. Ces derniers travaillent avec la Mauritius Tourism Promotion Authority et la commission du Tourisme pour le déplacement prévu au début du mois prochain.
La Réunion est un marché potentiel qui n’est pas très bien exploité. Les vols directs entre les deux îles sont à peine remplis. La mission sera axée sur les opportunités de coopération entre les deux îles dans le domaine du tourisme. De plus, il sera question d’étudier le système de classification et de planification des structures touristiques de la Réunion.
Cette mission cadre avec un calendrier de travail établi par la commission du Tourisme qui dispose d’un budget de Rs 4 m.
Rodrigues participera aussi à plusieurs salons internationaux du tourisme. De plus, une ébauche des règlements pour allier tourisme et environnement est en préparation.
Afin d’encourager, le tourisme vert, trois sentiers pour randonnées ont été ouverts notamment à St-Gabriel, à Mont-Limon et à Trou-d’Argent.
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