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Quel engagement ?
Nazim ESOOF
Imaginons un instant que les cinq municipalités soient toutes, après le 2 octobre, sous le contrôle de l?opposition. Il faudrait dans ce cas de figure prévoir un incessant bras de fer opposant le gouvernement central aux élus locaux. Le premier voudra dégager une politique générale, et accusera les conseillers municipaux de ne pas vouloir la mettre en pratique. Les seconds hurleront contre le manque de soutien financier pour exécuter les travaux dont ils ont la responsabilité.
Imaginons enfin que les cinq municipalités passent sous le contrôle de l?Alliance sociale. Les élus deviendront de simples exécutants des décisions du gouvernement. Il y aura un projet de réforme régionale de ?proximité? et on assistera probablement à une énième tentative d?infantilisation de la population.
Dans les deux cas, les élus devront se montrer accessibles. Car c?est la nouvelle mode. La politique mauricienne vit désormais à l?heure de la disponibilité des élus, régionaux et nationaux. Etre au service de ses mandants a pris depuis les dernières élections une dimension inénarrable. Ce qui explique aussi la surenchère de promesses électorales.
Dans un tel contexte, il importe de se demander ce qui pousse encore certains citoyens-candidats à se porter volontaires à cette surprise partie municipale. Il y a plusieurs raisons à cela. Un certain nombre a un réel désir de servir, un besoin de participation au développement de leur ville. Chez d?autres, par contre, on relève la simple exaltation d?un engagement politique, même s?il n?est que symbolique. Parce que dans ce cas, la politique demeure un moyen de trouver un peu de prestige ; ou les municipales représentent une plate-forme pour faire son entrée dans la grande foire politique. Aussi simple que cela ! Il faut espérer que l?action politique ne s?arrête pas à cela. Et il faudrait croire qu?il reste des hommes et des femmes qui pensent pouvoir servir les villes.
Ceux-là ont un grand défi. Ils ont la responsabilité de donner un sens à l?existence même des collectivités locales, dans un pays qui n?a jamais compris l?importance de la décentralisation. L?Etat et son Premier ministre ont toujours tout contrôlé. Il faudrait aussi qu?ils fassent oublier ce passé qui ramène des exemples d?efficacité gestionnaires à la tête de nos municipalités. Il y a une certaine griserie dans l?engagement politique? encore faut-il savoir ce qu?on fera une fois élu !
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