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Les objectifs du plan de développement 1980-82
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Les objectifs du plan de développement 1980-82
La stratégie du plan de développement 1980-82 vise la création d’un maximum d’emplois productifs. N’y voyez surtout aucune justification des 22 000 travailleurs de relève, embauchés, à la onzième heure, pour aller travailler « dans les vignes » du gouvernement, en juin 1982. Ce plan vise l’utilisation optimale des ressources naturelles disponibles. La « Land Bank » servira à l’utilisation rationnelle des terres. Exemple : les hectares de terrains vagues, ex-excellentes terres agricoles, autour de la cybertour d’Ebène. Elle favorisera la diversification agricole et empêchera la spéculation foncière. Tout ce qu’il faut donc pour qu’elle ne voit jamais le jour.
Le plan 1980-82 ambitionne optimiser l’utilisation des infrastructures existantes afin d’augmenter les facilités et les services offerts. Il est plus difficile de comprendre la « faible priorité » accordée aux projets gouvernementaux en raison de leur faible rentrée de devises étrangères. Le plan abandonne temporairement les projets non urgents. Des mesures seront prises pour contenir la consommation publique et privée.
Le ministre du Plan, Robin Ghurburrun, admet que Maurice traverse une période difficile. L’amélioration des conditions économiques passe obligatoirement par la qualité de la planification. Son plan 1980-82 se veut l’instrument du redressement économique. Cela ne l’empêche pas d’être ambitieux. Comme tout plan de développement, il comporte une certaine dose de flexibilité. Il doit s’adapter aux changements à venir. Il insiste sur la nécessité de reconstituer les réserves du pays en devises étrangères. Tout dépend dans une grande mesure des ressources financières disponibles. Il rappelle ce que tout le monde devrait savoir : il n’y a pas de remèdes miracles à nos difficultés actuelles.
Le ministre du Plan promet la publication d’un bulletin mensuel, mettant à jour les principaux indicateurs économiques. Il complètera les bilans semestriels, secteur par secteur et servira de tableau de bord.
Le plan 1980-82 est le premier de l’histoire à avoir été entièrement préparé par des Mauriciens et sans l’aide d’étrangers. Il remplace le plan 1980-85 qui devait succéder logiquement au plan 1975-80. Ce plan 1980-85 a dû être entièrement revu en raison de l’aggravation de l’instabilité économique qu’il n’avait curieusement pas prévue. Le ministre Ghurburrun cite, à cet effet, la crise économique internationale, les conditions climatiques défavorables, la dégradation des relations industrielles. La dévaluation de 30 % de la roupie du 23 octobre 1979 n’a pas levé l’incertitude prévalant sur la situation économique. D’où l’impossibilité de faire des prévisions sur une plus longue période que 1980-82 et la nécessité d’un plan intérimaire, visant essentiellement à restaurer l’économie. L’élaboration de ce plan intérimaire commence au lendemain de cette dévaluation. Il ne pouvait être prêt avant juin 1980. Les premières projections ont été gênées par les conditions cycloniques de l’été 1979-80.
Le plan ne prévoit pas de gros investissements dans le bâtiment. Ceux-ci ne devraient pas dépasser Rs 75 millions par an. Le nombre d’emplois nouveaux dans ce secteur ne devrait pas dépasser 1 200 sur une main d’œuvre de 10 000 salariés.
Sur le plan du logement, le plan prévoit la construction de 14 500 nouvelles maisons, nécessitant un investissement de Rs 600 millions. Le gouvernement opte pour des « core houses » d’une ou deux chambres avec le strict minimum en matière d’équipements. Ces logements sont destinés prioritairement aux classes moyenne et ouvrière. MHC, CHA et SILWF feront des prêts au public. Le gouvernement entend récupérer la totalité de ses investissements en logements sociaux afin qu’ils puissent être utilisés à plusieurs reprises. La construction d’appartements en hauteur sera encouragée pour atteindre une occupation optimale des terrains utilisés. La « Land Bank » aura priorité pour toutes les transactions immobilières. Le gouvernement étudiera la possibilité de réduire les frais d’enregistrement et de notaire pour la première acquisition immobilière de tout individu.
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