Publicité

Alan Grihault : dodo, l?oiseau perdu du paradis

18 septembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Envolé l?oiseau disgracieux et grotesque de notre imaginaire collectif. A la place, Alan Grihault lui a construit un nid douillet digne d?un ?roi du paradis?. Royaume peuplé de drames et de mystères. De voracité humaine et de facteurs liés à l?évolution de l?espèce.

Autant de thèmes et plus encore, traités dans Dodo, The bird behind the legend, signé Alan Grihault. Cet ouvrage édité par l?Imprimerie & papeterie commerciale, sera lancé mercredi au Blue Penny Museum.

Résultat de recherches poussées, à la fois sur le plan scientifique et historique, le dodo d?Alan Grihault nous entraîne le long de pistes bien balisées. A commencer par la colonisation hollandaise et son lourd tribut. L?auteur a ainsi retrouvé la première trace écrite de l?oiseau, datant de 1599, le citant comme ?fowls twice as big as swans?, tout en évitant le piège de ce qu?il appelle, ?des erreurs dans la description de sa couleur.? Ce qui est un comble pour un ?Mayor?, terme utilisé en 1631.

Passant allègrement de la grande à la petite histoire, l?auteur relève avec à propos qu?un esclave marron, libre de 1663 to 1674 n?a vu un dodo que deux fois en onze ans. Alan Grihault ne bute pas sur le mystère entourant la date de disparition de l?emblématique volatile.

Déployant les ailes de sa plume sobre et documentée, il plaque un autre ?mystère? de la science sous le nez du lecteur. Le saviez-vous ? ?(The name of the Dodo) was attributed to another Mauritian resident, the Red Rail.? Avant de signer son arrêt de mort ? à l?aide des mathématiques. Sortant du registre purement historique articulée dans les premiers chapitres du livre, Alan Grihault explique que des mathématiciens ont calculé la date de la disparition du dodo à partir de dix rapports confirmés. Les chiffres auraient alors livré l?année 1690 comme celle où le dodo est devenu une légende.

C?est là que commence le véritable travail. Celui qui n?a nullement été facilité par des Mauriciens qui, cent ans après la disparition supposée du dodo, n?en ont conservé aucune trace dans leur souvenir. Qui l?eût cru ? Alors que l?oiseau orne désormais les armoiries du pays, les pièces de monnaie et les souvenirs pour touristes, c?est du côté de la Grande-Bretagne qu?Alan Grihault va chercher ses témoignages. Avant de nous ramener sur les bords de la Mare-aux-Songes.

L?historien devient alors ornithologue. Alan Grihault décortique avec délectation squelettes et traités d?anatomie. Avant de tomber dans le domaine artistique. De loin le plus documenté. Tout en bleu mauve, selon la vision du peintre Ake Lianga, haut sur patte d?après les dessins du Variorum Navigationis, l?expression presque souriante selon George Edwards, échevelé pour Salomon Savery, l?iconographie regroupée par Alan Grihault est des plus impressionnante.

C?est là l?un des principaux moteurs de Dodo, the bird behind the legend. Grâce à un vaste répertoire d?images aux couleurs vives et attirantes, le livre se feuillette, puis se lit d?une traite. La somme d?images utilisées et la diversité des sources éclairent littéralement l?ouvrage. Raison suffisante pour succomber à la ?dodomania?, comme le prouvent les divers témoignages de collectionneurs qui parachèvent l?ouvrage.

Publicité