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Développement humain : Une faible progression
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Développement humain : Une faible progression
La Grande île au bout du tunnel. Le classement du Rapport mondial sur le développement humain 2005 (RMDH 2005) indique que Madagascar se hisse à la 146ème place sur 177 pays. Dans ce cadre, son indicateur de développement humain (IDH) est de 0,199 contre 0,39 dans le rapport national de 1993.
“Si l’on prend en compte les composantes de l’IDH comme le revenu mesuré à travers le produit intérieur brut (PIB), le taux d’alphabétisation et de scolarisation, l’espérance de vie, on peut affirmer que Madagascar a connu une progression sensible, bien que celle-ci soit lente”, soulignait lundi un technicien du Programme des Na-tions unies pour le développement (PNUD), à l’hôtel Colbert, lors de la présentation du RMDH 2005.
A ce rythme, il est difficile de dire si Madagascar peut ou non atteindre les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015. La réduction de moitié de la pauvreté extrême s’avère être la plus utopique, étant donné que le taux correspondant, estimé à 70 % en 2004, n’a pas connu de régression depuis les années 90.
<B>Des résultats plutôt encourageants</B>
“Néanmoins, les résultats des dernières enquêtes sont encourageants. Il faut même reconnaître que votre pays est dans de bonnes conditions pour atteindre certains objectifs visant à favoriser l’égalité des sexes et à assurer l’éducation primaire pour tous”, affirme Bouri Sanhouidi, coordonnateur du système des Nations unies et non moins représentant résident du PNUD à Madagascar.
Il lance, par ailleurs, un appel aux partenaires à s’engager davantage à maintenir le cap au niveau des financements. Pour revenir au RMDH 2005, il est intitulé : La coopération internationale à la croisée des chemins : l’aide, le commerce et la sécurité dans un monde marqué par les inégalités.
<B>Renforcement de l’aide</B>
Ce titre évoque l’idée selon laquelle le développement est à un carrefour en 2005. Cinq ans après la signature de la Déclaration du Millénaire et à la veille du compte à rebours de dix ans jusqu’à l’échéance de 2015, les gouvernements du monde entier doivent faire des choix stratégiques. “Le renforcement de l’aide, des réformes commerciales en faveur des pauvres et le maintien de la paix à long terme, éléments vitaux pour éradiquer l’extrême pauvreté, sont les trois piliers cités dans le rapport”, explique Bouri Sanhouidi.
Dans cette optique, le RMDH 2005 lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle brise le cercle vicieux de la pauvreté et des conflits violents. A cet effet, il préconise des changements rapides et sensibles des politiques mondiales en matière d’aide, de commerce et de sécurité.
L’objectif étant d’allier vigilance, sensibilisation publique et détermination politique pour s’assurer que les pays riches honorent les promesses faites à Gleneagles, lors du sommet du Millénaire en 2000, visant à réduire l’extrême pauvreté.
Le rapport conclut que la communauté internationale a les possibilités de faire des dix prochaines années une décennie de développement, notamment en renforçant les piliers de la coopération internationale que sont l’aide, le commerce et la sécurité.
<B>Redorer l’image du Sud pour attirer les touristes</B>
Deux projets de complexes hôteliers sont en cours de réalisation dans le district d’Antananarivo-Atsimondrano (Sud de la capitale).
Dans les environs du palais d’Etat, à Iavoloha, un opérateur économique, connu dans le secteur de la distribution de carburants, aménage un site sur une superficie de près de 100 ha. Un lieu de réception pouvant accueillir 600 personnes y est en phase de finition. “Cette infrastructure sera baptisée Espace Salohy, annonce le propriétaire, soulignant que ce bâtiment n’est qu’un début des travaux à effectuer sur les lieux. “Nous envisageons de construire une vingtaine de bungalows”, affirme-t-il.
Ce qui signifie qu’il compte donner à ce site l’image d’un endroit d’hébergement de haut standing, dans la mesure où une ébauche d’implantation d’infrastructures d’accompagnement y est déjà constatée, entre autres, une piscine.
A Amboanjobe, des travaux d’extension du Royal Parc sont en train d’être menés. Ils portent sur la construction de sept bungalows et d’un restaurant. Ils seront bâtis sur deux hauteurs, dont trois sur le niveau supérieur. Ce qui donne un paysage attrayant au quartier. Des informations recueillies sur place ressortent que ces bungalows serviront de maisons d’hôte, car le site est situé dans un endroit calme et à la périphérie de la ville. Aménagé pour devenir un parc d’attractions, l’environnement s’y prête justement.
<B>Développer davantage le tourisme</B>
Quoique bien équipé, le Royal Parc semble fonctionner au ralenti depuis un certain moment. Par le passé, il attirait la foule en tant que village de vacances. Cette situation expliquerait la décision du propriétaire d’élargir ses investissements à d’autres domaines. D’une certaine manière, cette initiative contribuera au développement du tourisme, secteur que le gouvernement veut en faire un ancrage du développement.
Mais d’autre part, le risque est très élevé tant que la ville des Mille et ses environs n’arrivent pas à attirer davantage de visiteurs.
La volonté des opérateurs de mettre en place des infrastructures d’accueil sera de peu d’utilité si le pays n’est pas encore capable d’offrir des produits de qualité.
Ainsi, des sites restent inexploités faute d’aménagements ou d’infrastructures adéquates, comme c’est le cas des lieux historiques. La capitale dispose de potentialités, mais leur valorisation dépend de la volonté politique des dirigeants.
QUESTIONS À HARY RAZAFINDRAZAKA, CONSEILLER CHARGÉ DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES
<B>“Améliorer et augmenter la productivité”</B>
● <B>Dans quel but la fédération des chambres de commerce de Madagascar organise-t-elle une concertation régionale sur les normes ?</B>
C’est une concertation régionale sur l’harmonisation des normes en vue d’accroître les échanges entre les pays de l’océan Indien. Le projet émane d’un constat. Dans la coopération inter-îles, Madagascar accuse un déficit trop important. La balance commerciale de nos échanges avec l’île Maurice est, par exemple, en notre défaveur. De manière plus simple, nous importons beaucoup plus de produits de cette île, que nous n’en exportons.
● <B>Quelles en sont les raisons ?</B>
Justement, l’une des raisons avancées est la méconnaissance des normes commerciales internationales en vigueur. Les opérateurs économiques malgaches ne sont pas tous au courant des règles exigées sur les marchés extérieurs. Certains en ignorent même l’existence. Nous nous efforçons d’améliorer et d’augmenter notre productivité, mais sans débouchés, cela est inutile. Prenons le cas de l’exportation de pommes de terre sur Maurice : c’est un projet porteur mais handicapé par le manque d’informations au sujet des normes appliquées sur le marché mauricien.
● <B>Quels sont les objectifs de cette concertation ?</B>
Elle sera, en quelque sorte, une séance d’information réunissant les opérateurs des îles de l’océan Indien. Ce sera également une plate-forme de discussion axée sur les échanges entre ces pays. Les deux jours prévus ne seront peut-être pas suffisants. Toutefois, deux consultants, un Malgache et un Mauricien, effectueront les études préalables servant de background à toutes les discussions.
<B>“Il faut que la concertation régionale sur l’harmonisation des normes soit le point de départ pour une politique de développement des échanges.”</B>
● <B>Quels sont les enjeux pour Madagascar ?</B>
Outre le fait d’informer les opérateurs malgaches, il s’agit aussi de renforcer les coopérations de la Grande île avec les autres pays. Il faut que la concertation régionale sur l’harmonisation des normes soit le point de départ pour une politique de développement des échanges en général.
● <B>Quels impacts cette concertation pourrait-elle avoir sur le secteur privé ?</B>
Nous pouvons aussi espérer dans un premier temps que la tenue de cette concertation incitera les opérateurs locaux à s’investir davantage. Nous pouvons déjà imaginer un secteur privé montrant plus de dynamisme et d’esprit d’initiative. Il pourrait éventuellement se mettre en quête d’autres débouchés, sinon augmenter sa part sur le marché déjà existant.
● <B>Vous avancez que Maurice est un partenaire de choix pour Madagascar, pourquoi ?</B>
Effectivement, puisque Maurice représente un grand marché pour nos produits. Ce pays est un important importateur de produits agroalimentaires. Madagascar était incapable de prétendre à son approvisionnement jusqu’à maintenant. Et c’est d’autant plus rentable pour les deux Etats, surtout si l’on se réfère aux coûts logistiques. A terme, nous pourrons mettre à jour une ligne de produits pour l’importation et l’exportation en fonction des exigences du marché mauricien.
● <B>Cet atelier a-t-il un rapport avec l’intégration de Madagascar dans les structures régionales ?</B>
Oui. Il pourrait jouer le rôle de facilitateur pour l’intégration de Madagascar. Le renforcement des relations commerciales avec les autres pays de l’océan Indien arrangera l’entrée de notre pays au sein de ces structures régionales.
<I>L’express de Madagascar</I>
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