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Rêve de Star dénicheur de talents

9 septembre 2005, 20:00

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« Quand on a appris qu'on été les lauréats de Rêve de Star, d'un seul coup, trois ans de galère ont pris fin!» Klarys Volcy, leader des Kama Moja, avait vu juste. Deux ans après leur sacre au concours Rêve de Star, cette bande de musiciens de Moka a sorti deux albums et s'est résolument installés dans le paysage musical local, avec un son inédit, le leur. « Aster mone retrouv mo boner, mone sirmonte ma laper, pou fer mo lavi meyer, » chante le groupe sur le refrain Aster qui leur a apporté la gloire. S'il est indéniable que chez nous, le chemin vers la reconnaissance musicale est longue et sinueuse, Rêve de Star est venu changer la donne en mettant l'accent sur l'inédit et l'originalité.

Ce concours qui donne l'occasion à des talents cachés d'auteurs-compositeurs-interprètes de sortir de l'ombre, a donné vie au rêve musical de quelques musiciens qui tournaient soit dans le circuit hôtelier, soit dans des fêtes populaires. « Rêve de Star a été un réel aboutissement pour nous. Nous avons commencé en jouant pour notre plaisir, puis le groupe s'est constitué. Nous avons tenté notre chance au concours de La Gamme d'Or, puis nous nous sommes enregistrés auprès du ministère des Arts et de la culture. Nous avons également démarché les disquaires, mais ils trouvaient que notre style n'était pas du tout « vendable ». Avec Rêve de star, notre espoir de percer dans la musique est revenu, jusqu'à la consécration. Un moment unique, nous avons hurlé comme des fous, » se souvient Klarys Volcy.

Mais avec du recul, le leader de Kama Moya, soutient qu'il n'est pas facile d'exister sur la scène locale, sans support financier et surtout sans producteur. « Rêve de Star nous a offert un support médiatque énorme et salutaire. Le public a été là pour nous, mais seulement le temps qu'à duré cette médiatisation. Aujourd'hui, nous sommes toujours sans producteur. Nous avons beaucoup de mal à mener seul notre barque. »

Si pour Zistwar, le deuxième album qui a suivi Aster, Kama Moja s'est auto-produit, le groupe sait aujourd'hui que tout gérer, de la composition à la promotion d'un album, ne peut leur revenir. « Après le concours, on tombe dans l'oubli. Chez nous, le public consomme de la musique purement commerciale. Il ne donne pas forcément la chance à d'autres musique d'émerger, » déplore Klarys Volcy. C'est la raison pour laquelle Kama Moja se retire quelques temps du circuit musical afin de pouvoir « revenir avec d'autres créations. » « Cela dit, Rêve de star offre une sacrée opportunité à qui veut faire de la musique chez nous, » soutient Klarys Volcy. « Il faut pouvoir ensuite gérer une vraie carrière, » ajoute-t-il.

Rêve de Star regroupe sur un CD, les dix finalistes au concours. Ensuite, le gagnant se voit offrir une somme de Rs. 50 000 pour sortir son premier album. « Ce coup de pouce est énorme. Aucun artiste qui veut réussir une percée, ne peut passer à côté de cette opportunité, » explique Klarys Volcy.

Du côté du trio Beggar John, Rêve de star a été un véritable coup d'accélérateur. « Avant Rêve de Star, on ne sortait pas de notre salon, notre folk rock serait resté au fond de nos tiroirs. Le concours nous a permis de sortir un album, même si cet album est sortie de manière artisanale, » explique André Béga, senior de la bande.

Nullement découragé du succès qui est vite retombé une fois le concours terminé, Beggar John a remué ciel et terre pour sortir Brace for the storm, un petit bijou de douze titres. Chacun ayant mis ses compétences artistiques et professionnelles pour que cet album voit le jour. « Rêve de Star nous a donné une certaine confiance. Le public a apprécié notre style et cela nous a donné envie de continuer à faire notre musique, une musique empruntée à l'Amérique des années 70. »

Aujourd'hui, pas question pour Beggar John de sombrer dans le désespoir. « Il faut se débrouiller et tout mettre en ?uvre pour continuer à faire notre musique. Nous continuons parce que nous aimons la musique. » Des contacts noués deci delà, André Béga et ses deux complices, Enrico Béga et John Talbot, ont réussi à décrocher quelques contrats dans les hôtels du pays, et même en Afrique du Sud et jusqu'à Nashville. « Il ne nous manque que les moyens de pouvoir percer là-bas. Même si nos démarches auprès des producteurs locaux échouent, nous prenons plaisir dès qu'une opportunité se présente pour faire de la musique.» Le deuxième album de Beggar John ne devrait pas tarder à voir le jour, toujours rehaussé par la guitare et la mandoline, et ces trois harmonies de voix qui procurent toute cette authenticité à ce trio.

Autre groupe révélé par le concours Rêve de star : Sagapataal. « Rêve de Star in apporté nou enn grand publicité. Après concours, noune sorti nou prémié album et meme si zordi piblic ine un peu bliyé nou, nous la troupe pé kontinié fer so la rute, » explique Ramakrisnah Codian, membre de Sagapataal. Pour ces adeptes de la musique fusion qui continuent à tourner dans les grands hôtels du pays, leur musique touche les nombreux touristes qui visitent notre île. L'album baptisé Sagapataal, déjà écoulés à deux mille exemplaires, Rêve de Star a été un bel encouragement, même si aujourd'hui, il s'agit de poursuivre seul sa route.

Le parcours de ces trois groupes atypiques peut servir d'exemple aux finalistes de l'édition 2005 de Rêve de Star. Chacun à leur manière, ils ont réussi leur percée dans la musique. L'échappée a été belle, même si aujourd'hui, poursuivre sur cette bonne lancée s'avère plus difficile. Restent la patience et la persévérance.

EDITION 2005 : Le CD de l'inventivité

Un CD ivre, dense, vrai. Un CD mauricien, capable en un tour de piste, de redorer le blason de la musique locale, sans forcer dans le commercial. L'édition 2005 du CD Rêve de Star, qui regroupe les morceaux des douze finalistes du concours orchestré par Ireland Blyth Limited, est un beau témoignage de créativité, d'authenticité, de recherche musicale et de talent.

Des sensations, des harmonies et des réminiscences évoquées, les morceaux aussi singulièrement attachants, s'effilochent comme une énorme kermesse musicale où tous les styles se mêlent et se confondent. S'y déploient : une qualité d'écriture, des arrangements musicaux surprenants et des guitares acoustiques très inspirées. Avec fougue et enthousiasme, chaque morceau tient la route. Il est porteur d'un message, personnel, parfois universel. Quelque part, entre mélancolie poussée et pop épicée, la musique se vit. Qu'on en juge dans la tendre ballade d'Amy Vaulbert, de Mirko Lagane ou de de Christelle Jean-Louis, ou encore le rock relevé de Sept, mélange lumineux, rehaussé par des voix appuyées, Rêve de Star édition 2005, propose une variation sur une musique locale inspirée par celle venue de l'étranger. Quand la musique devient lumineuse et délicate et que chaque note devient élégance, on se laisse prendre au jeu.

Un autre jour donc pour la création mauricienne. A son registre habituel que nous connaissons, voilà autre chose à découvrir, à bichonner. Evoloziq et sa création informatique - impressionnant. Et sur ce CD où les langues les plus parlées chez nous témoignent de la richesse de notre culture, aidons la création à s'épanouir. Ces chansons qui sont autant d'interrogations que de slogans, des chansons au conditionnel, des chansons qui cherchent à expliquer. Ce sont en somme, des formes diverses, variées et tellement authentiques.

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