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«Que M. Gokhool arrête de ?koz nimport?»

3 septembre 2005, 00:00

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«Au lieu de critiquer son prédécesseur, Dharam Gokhool ferait mieux de faire des retouches, en utilisant la base dont il dispose. Depuis 25 ans, aucun autre ministre n?a eu l?opportunité de commencer son mandat sans les deux boulets que sont les tracas de ranking et des langues orientales». Aussi, le ministre de l?Education est vivement encouragé «d?arrêter de koz nimport».

Ainsi s?exprime Steven Obeegadoo, précédent ministre de l?Education. Il n?a pas digéré les critiques de son successeur Dharam Gokhool et a voulu mettre les points sur les i lors d?une conférence de presse à la municipalité de Port-Louis pour répondre à celle du ministre actuel, tenue mercredi.

Steven Obeegadoo encourage vivement Dharam Gokhool à agir avec prudence. L?abolition des collèges Form VI ne peut, selon lui, que raviver les mauvais souvenirs du défunt ranking. De nombreux problèmes pratiques par rapport à l?admission des élèves en 2006 sont également soulevés par l?ancien ministre.

«M. Gokhool se permet de détruire un système qui a fait ses preuves et se montrer en faveur d?un autre qu?il ne connaît pas encore», s?indigne Steven Obeegadoo, faisant référence à l?admission 2007 dont la formule est toujours inconnue. Sauf que les neuf high demand colleges d?Etat reprendront, dès janvier de cette année-là, des élèves en Form I. Selon lui, les résultats de l?édition 2005 du Senior School Certificate et du Higher School Certificate «sont les meilleurs que nous n?ayons jamais eus».

Leçons particulières en «Standard III»

Pour Steven Obeegadoo, le gouvernement à intérêt à trouver très rapidement la solution pour, entre autres, se conformer aux dispositions légales. Un jugement du Privy Council, datant de 1995, précise qu?il faut accorder «at least one year» avant de changer la formule d?admission.

L?ex-ministre dit que les choses sont claires : si les anciens collèges d?élite de l?Etat sont remis dans le circuit, le gouvernement sera contraint de trouver une formule suffisamment pointue pour l?admission en Form I, afin d?identifier les meilleurs éléments du Certificate of Primary Education (CPE). «Aujourd?hui, il n?y a aucun pays au monde qui prétend identifier une élite à 10-11 ans. La compétition ne devrait avoir lieu que lorsqu?on est un jeune adulte. C?était le cas avec les collèges de Form VI. Je condamne un retour au ranking, ou à quelque chose qui soit son équivalent», s?élève Steven Obeegadoo. Il ajoute que cela constituera un retour «au stress des parents, des écoliers et aux leçons particulières dès la Std 3».

Il demande par conséquent aux parents d?«être vigilants» : «Si M. Gokhool ne sait pas où il va, qu?il prenne le temps qu?il faut. Nous avons pris plus de deux ans pour abolir le ranking. Nous ne sommes plus en campagne électorale, il faut travailler dans l?intérêt des enfants», poursuit l?ancien patron de l?Education nationale. Celui-ci précise que tous les rapports à propos de l?abolition du ranking, commandités depuis 1995, stipulent que le système ne pouvait être aboli sans que les collèges d?élite n?admettent plus en Form I.

Mais l?approche adoptée par le nouveau régime n?est pas le seul élément qui irrite Steven Obeegadoo. Sa mise en place l?agace également. Il prévoit que la reconversion des collèges d?Etat de Form VI amènera son lot de problèmes, et cela, dès l?admission 2006. Puisque sept collèges de Form VI admettront alors aussi en Form I, cela entraînera la fermeture de quelques collèges privés. «S?il y a plus de places en Form I dans les collèges d?Etat, il y aura des conséquences au niveau du privé, c?est logique. De même, s?il y a plus de places en Form I, mais avec le même nombre d?établissements il y en aura moins en Lower VI. Que le ministre vienne dire la vérité avec des chiffres à l?appui.»

«Situation ridicule»

Steven Obeegadoo estime qu?il pourrait y avoir un manque de places en Form VI l?année prochaine, d?autant plus qu?environ la moitié de la centaine de collèges privés n?a pas l?autorisation d?opérer des classes de ce niveau. L?ex-ministre souligne en passant que les nouveaux collèges de Form VI et ceux de Form I à V n?ont pas la même configuration, ce qui peut générer d?autres problèmes. Ces deux types d?établissements ont été construits les uns à côté des autres, et ainsi «nous nous retrouverons dans des situations ridicules». Les deux établissements secondaires du Mahatma Gandhi Institute à Moka sont cités à titre d?exemple.

«Au lieu de retourner vers un système rétrograde, nous ferions mieux de regarder ce qui se passe sur le plan mondial. Même dans les pays les plus retirés, il n?y a pas de système équivalent au ranking», dit Steven Obeegadoo, qui concède cependant que toute réforme éducative est «un processus continu».

Les critiques de Dharam Gokhool selon lesquelles la réforme Obeegadoo n?était que bâtiments et toilettes sont aussi rejetées en bloc. «Evidemment que ce n?est pas la réforme, mais sans collèges, il n?y a pas d?éducation. Les faits sont clairs, en cinq ans, nous avons doublé le nombre d?admissions. Cela nous a permis de rendre l?éducation obligatoire jusqu?à 16 ans.» Au secondaire, le ratio enseignants-élèves est passé de 19 à un à 16 à un.

En ce qui concerne le programme d?études, sujet sur lequel Dharam Gokhool estime que Steven Obeegadoo a échoué (fail), ce dernier estime que c?est une «fausseté totale». Le curriculum pour le pré-primaire «est cohérent pour la première fois». Deux documents concernant a révision du curriulum auprimaire et au secondaire ont été préparés.

«L?extension des heures de classe au primaire ce n?est pas rien, tout comme l?introduction du Citizen Education et d?autres stratégies pédagogiques telle la National Literacy & Numeracy Strategy.» Le National Curriculum Framework avait également été finalisé quelques semaines avant les élections générales, comme le Livre blanc (white paper) pour revoir l?enseignement supérieur.

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