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Le couple Neermaull poursuit l?Etat pour la mort de son fils
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Le couple Neermaull poursuit l?Etat pour la mort de son fils
Thakoordayal et Sangeeta Neermaull réclament Rs 500 000 de dommages à l?Etat pour la mort de leur fils Rajiv, le 13 juillet 2000 à l?hôpital de Belle-Pierre à l?île de la Réunion. L?enfant, mort à 19 mois, présentait le syndrome de Wiskott-Aldrich, une maladie génétique rare. Il n?arrêtait pas de saigner du nez, de la bouche et des oreilles.
Or, soutient le couple, les préposés du corps médical mauricien auraient fait preuve d?un manque de professionnalisme en ne soumettant pas les autres membres de la famille à un test de compatibilité pour une greffe de moelle osseuse. Car le dernier fils de la famille, également atteint de cette maladie, a survécu grâce à sa s?ur, donneuse compatible.
L?affaire a été entendue mercredi devant la cour intermédiaire. Le pédiatre incriminé par la famille a témoigné. Il réplique que tout a été fait pour maintenir l?enfant en vie.
Marié le 20 mars 1990, le couple a un premier enfant, une fille prénommée Lekha. Le 15 décembre 1998, la maman accouche d?un garçon. Il s?agit de Rajiv. Au fil des mois, sa santé se détériore et il commence à saigner des oreilles.
L?enfant est conduit à l?hôpital du Nord le 4 décembre 1999. Le docteur Asraf Pooloo l?examine et lui prescrit des antibiotiques et des gouttes pour les oreilles. Rajiv quitte l?hôpital le 8 décembre 1999. Les Neermaull ne savent pas encore de quelle maladie il souffre.
Le 20 décembre 1999, Rajiv est conduit à l?hôpital de Flacq puis transféré à celui du Nord pour des tests sanguins. Le 24, la maladie de Rajiv est diagnostiquée : syndrome de Wiskott-Aldrich. Il se traduit par un déficit des plaquettes sanguines, qui jouent un rôle vital dans le système immunitaire.
Ce dérèglement, transmis génétiquement, est susceptible d?affecter les individus mâles d?une famille dont les générations précédentes en sont porteuses. Les préposés de l?hôpital auraient, selon le couple, envisagé une splénectomie, une ablation de la rate. Car cet organe rejetait les plaquettes transfusées à Rajiv. Il est de nouveau admis le 24 janvier 2000. La splénectomie n?aura jamais lieu.
Risques de rejet considérables
L?état de santé de l?enfant ne s?améliore pas. Ses parents l?emmènent alors au centre de recherche médicale de Moka, où l?un des employés faxe une lettre au département d?hématologie de Vellore en Inde. Celui-ci répond que le traitement le plus réussi de cette maladie est une greffe de moelle osseuse et qu?elle était possible. Toutefois, avance le couple, les préposés de l?hôpital n?auraient pas tenu compte de cette information ni des possibilités de traitement à l?étranger. Nous sommes alors en février 2000.
Le couple obtient un rapport médical pour pouvoir collecter des fonds afin que l?enfant subisse cette greffe à l?étranger. Il s?en remet au laboratoire de l?hôpital de Candos et demande un test de compatibilité. Thakoordayal le père, son frère et son cousin s?y prêtent. Les résultats s?avèrent négatifs. Or, soutient le couple, les employés ont commis une faute en n?appelant pas les autres membres de la famille pour effectuer ce test.
En effet, ce n?est qu?après la naissance de leur troisième enfant, Larvin, atteint lui aussi du syndrome de Wiskott-Aldrich, que les Neermaull apprendront que leur fille Lekha aurait également pu sauver son frère cadet. L?enfant, qui a subi une greffe de moelle osseuse le 31 décembre 2003 grâce à une ponction lombaire sur sa s?ur Lekha, est aujourd?hui en vie.
A l?époque, l?affaire fait l?objet d?une interpellation parlementaire. A la suite de l?intervention du ministère de la Santé, Rajiv est envoyé à la Réunion le 5 juillet 2000. Admis d?urgence à l?hôpital de Belle Pierre, il subit une splénectomie. Mais il meurt le 13 juillet 2000.
Au cours de l?audition, le docteur Asraf Pooloo a soutenu que la splénectomie n?a pas été faite à Maurice car les parents n?ont pas consenti à cette démarche. L?enfant présentait également une forte fièvre et encourait un risque d?infection avec cette opération. Le médecin a nié avoir reçu un fax du département d?hématologie de Vellore, faisant état qu?une transplantation était possible. Il a ajouté que l?enfant avait obtenu sa décharge de l?hôpital contre l?avis médical de ses médecins traitants. ?Tout a été fait pour maintenir l?enfant en vie.?
Le pédiatre a également précisé que neuf membres de la famille de Sangeeta, la mère, sont atteints du syndrome de Wiskott-Aldrich. Trois en sont décédés. Envoyer l?enfant à la Réunion aurait été risqué car voyager à une certaine altitude pouvait provoquer davantage de saignements chez l?enfant. Cette décision avait été prise par le ministère de la Santé à la suite ?d?énormes pressions?, car l?affaire est allée jusqu?au Parlement.
Une greffe de moelle osseuse était peu recommandable car les risques de rejet étaient considérables, l?enfant ayant reçu des plaquettes de sang de donneurs différents. L?affaire a été ajournée au 29 septembre. Les Neermaull sont représentés par Me Kishore Pertab. L?Etat est défendu par Me Reshma Sunassee.
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