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Vol inaugural du Catovair

30 août 2005, 00:00

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Le petit nez tout rond du Catovair invite la caresse. Mais sous le soleil de Plaisance, le fuselage brillant est chauffé à blanc. Les lignes minimalistes du Beechcraft 1900D du groupe IBL donnent des ailes. Itinéraire du voyage de presse : un survol de Maurice en 40 minutes. C?était hier, pour les 18 passagers du vol inaugural du Catovair.

Allons à l?essentiel. Impression dominante ? celle qui compte ? le Catovair est hypersensible à l?humeur du vent. Une susceptibilité qui force l?appareil à voler en balançant son poids sur le côté droit, pendant près d?un tiers du vol. Position adoptée pour mieux traverser les zones de turbulences.

Première secousse. Certains passagers échangent des clins d??il complices. D?autres gloussent gentiment. Rigolent même du réflexe qu?ils ont de se cramponner au siège devant eux, un peu comme ils l?auraient fait dans un bus. Si nous sommes dans l?air, les sensations sont identiques à celles de la route. Multipliées par deux. Comme passer sur un ralentisseur sans avoir freiné au préalable.

Tripotage de manettes

La route de Palma vers Flic-en-Flac en compte pas moins d?une douzaine. Le ciel est-il un miroir de la terre ? Les turbulences s?intensifient vers la côte Ouest. A tel point que le sourire s?efface graduellement de notre visage. Ne reste plus qu?un rictus qui cache mal la hâte de retrouver le plancher des vaches. Explication technique de Philippe Darimont, au retour : ?Les turbulences sont dues aux vents d?est. Nous avons volé à basse altitude, c?est-à-dire 500 mètres. Le Catovair peut atteindre jusqu?à 7000 mètres, donc voler au-dessus des nuages.?

Jérome Michallat, le commandant de bord, nous avait prévenus au départ : ?La météo est instable?. Un pilote peu loquace pendant le reste du voyage. Pas d?annonces du type : ?Nous longeons le Morne?, ou ?à votre droite, vous pouvez apercevoir les bords escarpés de la chaîne de Moka.? Comme il n?y a pas de petit écran dans l?appareil, rien ne détourne l?attention du passager de la carte grandeur nature étalée à ses pieds.

Le lagon ne cesse d?arborer toutes les nuances de vert. Automobilistes en miniature, champs de canne en losange : le panorama a tôt fait de nous distraire du cuir gris qui recouvre les deux rangées de neuf sièges.

Le décor est sobre et fonctionnel. Pas de housse aux appuie-tête. Absence de logo aux couleurs de la compagnie aérienne, sauf sur le carton plastifié où sont inscrites les consignes de sécurité. Le haut de la fiche dépasse de la poche qui orne le dos de chaque siège.

Pas d?hôtesse non plus sur ce vol intérieur. Donc ?pas de pain fourré mais juste une boisson sur les vols?, boutade de François de Gersigny, Executive Director d?IBL Shipping Aviation and Other Services. C?est le pilote qui invite les passagers à parcourir les mesures de sécurité.

Avec le co-pilote, ils sont les deux seuls membres d?équipage du Catovair. Comme il n?y a pas de rideau qui sépare le poste de pilotage des voyageurs, nous ne ratons pas une miette de leurs man?uvres. A l??il nu, cela ressemble à du tripotage de boutons et de manettes. Nous nous laissons alors hypnotiser par les hélices en action. Elles sont deux à propulser le Catovair.

Le Catovair voyage léger. La soute, placée à l?arrière de l?avion, dans le dos des passagers a des allures de cagibi. Inutile de négocier pour savourer le paysage car chacun a droit à un hublot.

Alors que tout est de taille standard dans le Catovair, l?excitation de la nouveauté a atteint le XXL. Elle n?a cessé de grimper depuis que l?appel pour les passagers a retenti dans le hall de départ. ?Mesdames et messieurs, le moment est historique?, lance Véronique Dubourg, chargée des relations publiques chez IBL.

Délicate attention, la compagnie nous a confectionné une carte d?embarquement factice aux couleurs de Servisair. Chargée des prestations au sol , cette compagnie s?occupe de l?entretien des avions, de la restauration, de la manutention des bagages et du fret. Les services s?étendent aussi aux voyageurs, au check-in et à l?embarquement.

Nous sommes parés pour le décollage. L?équipe au sol enlève les cales qui immobilisent l?appareil. Moment intense par excellence, c?est le dos relâché contre le siège que nous profitons du ballet. Court trajet à vitesse réduite, demi-tour, arrêt complet le nez face à la piste. L?élan est pris, l?accélération suit et les roues ne touchent plus terre.

LIAISON MAURICE-RODRIGUES

Complémentaire, mais pas concurrente

■ Prix du billet sur Catovair : Rs 5 198 toutes taxes comprises pour les adultes au départ de Maurice. Le vol est gratuit pour les enfants de 0 à 2 ans. Au départ de Rodrigues, le billet adulte coûte Rs 4838. Selon François de Gersigny : ?Nous sommes complémentaires de la compagnie nationale?. D?une capacité de 18 sièges, l?avion effectuera la liaison Maurice-Rodrigues en une heure et vingt-cinq minutes. Le premier vol est prévu pour jeudi, 1er septembre. Catovair assurera deux vols par jour, du lundi au vendredi, à 10 heures et à 18 heures au départ de Maurice. Il n?y aura pas de vol sur Rodrigues le samedi mais un vol du soir le dimanche.

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