Publicité

Le plan de relance de l?économie attise l?espoir des opérateurs

30 août 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Depuis les dernières législatives, les opérateurs sont dans l?attente des signaux forts du nouveau gouvernement. Et les choses seront définitivement plus claires à partir de ce soir, lorsque le grand argentier expliquera comment il compte redémarrer la machinerie économique et faire repartir l?investissement privé.

Rama Sithanen, vice-Premier ministre et ministre des Finances, pourra-t-il répondre aux attentes pressantes des investisseurs ? Rien n?est moins sûr. Le ministre des Finances se retrouve avec un vaste chantier de réformes et une marge de man?uvre réduite dans la conjoncture.

Le textile-habillement et le sucre, deux principaux moteurs de croissance, sont en récession. Les nouvelles activités identifiées telles que le knowledge hub, les technologies de l?information et des communications, et la pêche, entre autres, prendront, elles, un certain temps avant de contribuer de manière substantielle à la croissance nationale. Entre-temps, il faut compter encore sur des industries traditionnelles mais qui ont un gros potentiel de croissance.

Le tourisme a le profil tout trouvé. Encore faut-il que le gouvernement revoie certains fondamentaux de l?industrie. L?ouverture de l?accès aérien est une considération cruciale de la nouvelle stratégie de développement touristique. La position du gouvernement est très attendue sur le sujet. ?Nous disons ?oui? à l?ouverture de l?accès aérien sans pour autant en faire une généralité. Nous sommes en faveur de la libéralisation sur certains marchés qui sont en croissance et non sur des marchés sans potentiel?, explique Robert de Spéville, directeur commercial de la chaîne hôtelière Beachcomber.

Les grosses pointures de l?hôtellerie mauricienne insistent sur le maintien de l?image haut de gamme de la destination. Selon ce postulat, une libéralisation agressive du ciel mettra en danger ce positionnement. Les petits hôtels sont, eux, plutôt en faveur d?une ouverture plus audacieuse, ce qui leur permettra d?afficher une bien meilleure forme.

Fermetures d?usines

La petite hôtellerie qui emploie environ 70 % de la main-d??uvre du secteur, a aussi d?autres priorités. ?Les charges financières pèsent très lourd sur nos activités. Il est important que nous puissions accéder à des financements à des taux préférentiels comme c?est le cas pour la zone franche. Nous sommes obligés d?investir dans la rénovation tous les cinq ans afin de maintenir la qualité de l?infrastructure et le niveau de service. Cela nous revient cher?, avance Alain Pinagapany, directeur de l?hôtel Villa Carolina.

L?industrie du textile-habillement, fortement secouée par la libéralisation du commerce des vêtements au niveau mondial, attend également beaucoup des mesures qui seront annoncées aujourd?hui ?Nous espérons que le ministre des Finances aura compris nos difficultés et qu?il prendra les mesures qui s?imposent. Il peut d?ailleurs constater que les fermetures d?usines se poursuivent même s?il ne s?agit pas, heureusement, d?entreprises locales?, déclare Ahmed Parkar, président de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza).

L?une des principales attentes de la Mepza est que l?investissement dans la modernisation des usines soit déductible des impôts. L?industrie de la confection souhaite ainsi bénéficier d?un traitement similaire à celui des filatures. ?Le principe avait déjà été agréé mais malheureusement le seuil pour bénéficier des exemptions fiscales avait été fixé à Rs 60 millions. C?est raisonnable pour une filature ou une teinturerie mais pas pour une usine de confection pour laquelle on aurait souhaité que le minima soit ramené à Rs 5 millions ou à Rs 10 millions?, précise Ahmed Parkar.

L?accès au financement à des taux conpétitifs est également une des attentes de l?industrie du textile-habillement. Elle souhaite plus de flexibilité et un déboursement plus rapide sous les plans existants tels que le fonds de modernisation. Le coût des services publics tels que le tout-à-l?égout est également un aspect que l?industrie du textile-habillement souhaite voir révisé.

Financer l?achat de bateaux et de thoniers

Au niveau de l?industrie sucrière, les espoirs reposent surtout sur la mise en ?uvre du plan accéléré. Même si on s?attend à un signal fort dans le discours de Rama Sithanen aujourd?hui. ?Nous attendons la publication du plan spécifique pour le sucre. C?est un on-going process?, précise Pierre Rivet, assistant directeur de la Mauritius Sugar Producers Association.

Quant à la pêche, le secteur est porteur notamment pour contrer le chômage aigu qui prévaut dans les banlieues maritimes de la capitale. Anand Dulloo, consultant auprès des entreprises de pêche, croit fermement dans le potentiel de création d?emplois et de croissance de cette activité sur le moyen terme. ?Il faut que les opérateurs puissent accéder à des crédits à des coûts compétitifs afin de pouvoir financer l?achat des navires-usines et des thoniers. Il y a un gros potentiel d?embauche dans les opérations de transformation et de conserverie.?

Publicité