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Des Ilois ont revu et foulé le sol chagossien
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Des Ilois ont revu et foulé le sol chagossien
A l?heure où Anglais et Chagossiens désespèrent, ou le prétendent, trouver un navire pour conduire en pèlerinage, à Diego Garcia et aux Chagos, une délégation de ses anciens habitants, présentement déracinés à Maurice mais aussi aux Seychelles, il n?est pas inutile de rappeler, qu?à la mi-août 1980, la presse écrite rapporte noir sur blanc que des Chagossiens ont eu l?occasion de fouler à nouveau le sol de leurs îles natales. Elle se fonde sur le récit de Sam Pyndiah, directeur alors de la compagnie de pêche Nazareth Fishing. Elle précise même que ce dernier y a rapporté, de ses expéditions et autres reconnaissances chagossiennes, un film, certes de cinéaste amateur, mais qui constitue, ou a constitué, une pièce d?archive cinématographique d?une valeur incontestable. La question se pose, 25 ans après ces révélations, de savoir, si ce récit et ce film sont toujours accessibles à la mémoire chagossienne ou encore si celle-ci s?intéresse toujours à ce récit et à ce film d?anthologie. N?oublions pas pour autant le corollaire à cette question : l?Etat mauricien et plus particulièrement ses Archives nationales, sa Bibliothèque nationale, les archives audiovisuelles de la MBC, du MCA, de l?université de Maurice possèdent-ils copies de ces documents afin de les mettre à la disposition des chercheurs d?aujourd?hui et de demain ?
Le récit de Sam Pyndiah, heureusement publié, il y a 25 ans, fait état de plusieurs escales chagossiennes de l?équipage du bateau de pêche Nazareth 1, comptant plusieurs membres d?origine îloise. Voici quelques-uns des faits saillants de ce récit.
L?objectif initial est d?aller vérifier si les eaux chagossiennes sont aussi poissonneuses qu?on le dit. La première expédition remonte à août-septembre 1976. La tournée de prospection devient vite une visite-pèlerinage des différentes îles anciennement habitées ? A peine débarqués sur ?leurs? îles, les Chagossiens s?égaillent dans la nature, tout un chacun se mettant à la chasse de ses souvenirs.
Les opérations de pêche souffrent beaucoup de cette quête nostalgique mais impossible d?y faire autrement. Sam Pyndiah décide alors de rééditer l?expérience en août-septembre 1977. L?équipage comporte, cette fois-ci, trois ou quatre Ilois. Le tonnage de poisson est jugé dérisoire (32,3 tonnes) alors qu?on espérait capturer cinq tonnes par jour.
Sam Pyndiah ne change pas d?avis pour autant. Nos droits de pêche aux Chagos sont garantis, selon lui, par l?acte d?excision de 1965. Les ressources pélagiques doivent être exploitées de façon optimale. La présence constante des alizés permet l?utilisation de voiliers pour faire de notables économies sur la facture pétrolière. Sur place, on peut reprendre l?exploitation du poisson salé. Il y a désormais des possibilités de chambres froides à terre ou à bord de navires-usines qui n?existaient pas jadis.
La présence de la base militaire ne présente aucune gêne ni pour les pêcheurs mauriciens ni pour les soldats américains car Diego est distante des autres îles des Chagos par environ 128 kilomètres. Il en veut pour preuve, la présence continuelle ou presque sur les îles chagosiennes de navigateurs et de vacanciers, se déplacent à bord de yachts individuels ou encore de marins-pêcheurs taiwanais, coréens ou japonais. Certains s?y installent pour un bon bout de temps se permettant d?y cultiver des légumes et même du gandia pour être écoulé sur le marché seychellois.
Le film d?une demi-heure réalisé aux Chagos par Sam Pyndiah suscite plus d?un pincement de c?ur, notamment quand il permet de revoir, intacts ou presque, les maisons occupées par des Chagossiens de tous grades, leurs bâtiments publics dont des écoles, des centres communautaires, des boutiques, des chapelles, leurs meubles, des accessoires et autres équipements, y compris la charrette utilisée pour transporter, pour la dernière fois, au débarcadère des Ilois et leurs effets avant leur grand déracinement.
Le rapport de Sam Pyndiah révèle la présence de bouées laissées sur place par des équipages russes. Il serait curieux que des Américains et des Anglais interdisent à des Mauriciens le libre accès à leur territoire alors qu?un tel laisser-passer est accordé à des équipages russes, compte tenu des guerres froides ayant longtemps existé entre les USA et la Russie et la grande rivalité qui existe toujours entre eux sur le plan hégémonique et au niveau de la conquête de l?espace.
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