Publicité

La traque de l?assassin du ministre srilankais continue

14 août 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Un millier de policiers et de militaires ont passé hier au peigne fin la capitale sri-lankaise à la recherche du ou des tireurs embusqués qui ont assassiné vendredi le ministre des Affaires étrangères et porté un coup sévère au processus de paix avec les rebelles tamouls.

L?armée fouillait les véhicules à l?entrée et à la sortie de Colombo après la décision de la présidente Chandrika Kumaratunga de décréter l?état d?urgence au lendemain du meurtre de Lakshman Kadirgamar, un Tamoul considéré comme un traître par les insurgés des Tigres de libération de l?Eelam tamoul (LTTE).

Les journaux de Colombo se montrent toutefois très critiques au sujet des mesures de sécurité qui ont entouré l?assassinat du ministre. ?La manière dont on a tué Kadirgamar est une honte pour n?importe quelle opération de sécurité?, écrit le Sunday Island dans un commentaire.

Selon divers journaux, les abords du domicile de Kadirgamar n?ont pas été bouclés assez vite après qu?il eut été atteint de plusieurs balles tirées de l?autre côté de la rue alors qu?il émergeait de sa piscine vendredi soir, ce qui a donné aux assassins un délai confortable pour s?enfuir.

Les LTTE, soupçonnés d?avoir commis cet assassinat, ont vigoureusement démenti mais le chef de l?Etat a déclaré que ce démenti était peu crédible, ajoutant toutefois que le cessez-le-feu conclu en 2002 avec les rebelles grâce à une médiation de la Norvège tiendrait.

L?armée a annoncé que 12 suspects avaient été arrêtés depuis le début de la traque des auteurs du meurtre, précisant toutefois que ces arrestations n?étaient pas liées directement à la mort du chef de la diplomatie. Samedi, le chef de la police avait attribué aux LTTE la mort de Kadirgamar, qui figurait en tête de la liste établie par les Tigres des hommes politiques à abattre.

Les enquêteurs ont trouvé des douilles de fusil ainsi qu?un lance-roquettes abandonné dans une maison située en face du domicile du ministre situé dans le quartier huppé des ambassades de Colombo.

Les obsèques nationales du chef de la diplomatie sri-lankaise, un avocat formé à Oxford, ont lieu aujourd?hui dans la capitale où les magasins et les salles de cinéma fermeront leurs portes en signe de respect.

Les réactions à travers le monde ne se sont pas fait attendre. Le président Jacques Chirac a écrit à la présidente sri-lankaise pour lui faire part de sa ?consternation? et de sa ?solidarité? après l?assassinat du ministre des Affaires étrangères, a fait savoir l?Elysée hier.

Solidarité et compassion

Le chef de l?Etat, qui dit avoir appris ?avec consternation? l?assassinat de Lakshman Kadirgamar, ?souhaite vivement que cet acte odieux ne mette pas en péril le cessez-le-feu et les perspectives de règlement politique? au Sri Lanka.

?La France condamne avec la plus grande fermeté cet acte révoltant?, écrit le président dans cette lettre transmise samedi à son homologue sri-lankaise Chandrika Bandaranaike-Kumaratunga. ?Vous pouvez être assurée du soutien et de la détermination de la France à lutter contre le terrorisme où qu?il se produise?, ajoute Jacques Chirac, qui fait part de sa compassion aux proches du défunt et exprime sa ?solidarité dans l?épreuve au peuple sri-lankais et à ses dirigeants?.

Simon GARDNER

Publicité