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Doit-on se détacher de Cambridge ?
<B>Oui
Shakuntala Hawoldar ex-assistante directrice du Mauritius College of the Air</B>
<B>Pourquoi doit-on envisager la possibilité de gérer les examens du secondaire sans l’appui de Cambridge ?</B>
Tôt ou tard, la question va se poser. Elle ne sera pas motivée par un patriotisme aveugle mais par la reconnaissance de l’expertise et de la capacité dont dispose le pays pour prendre en charge cette responsabilité. <B>Le public acceptera-t-il facilement un tel changement ?</B>
Il faudra du temps avant qu’il admette que la préparation et la correction du Higher School Certificate puissent s’effectuer en toute transparence.
<B>Croire que nos diplômes seront acceptés ailleurs n’est-il pas utopique ?</B>
Oui, si ce changement était introduit aujourd’hui. Outre une longue préparation technique, sa réussite nécessite la mise en place d’un système de contrôle de qualité et de lutte contre toutes les formes d’indiscrétion, conformément aux normes internationales, la mobilisation des ressources, l’instauration d’un système d’accréditation pour la reconnaissance internationale des diplômes portant le label mauricien.
La Tertiary Education Commission devrait obtenir le statut qu’elle mérite pour s’assurer que le système d’accréditation s’appuie sur des bases comparables à celles de n’importe quel autre système. Le destin de nos enfants sera en péril s’ils détiennent des diplômes qui ne leur ouvrent pas les portes des universités étrangères.
<B>Quel crédit peut-on accorder aux diplômes portant le label d’un pays où le taux d’échec aux examens du primaire est considérant ?</B>
Un taux d’échec élevé témoigne de l’anomalie du système éducatif. Il faut adopter une approche multisectorielle. Les ministères de la Santé, de la Culture et des Sports doivent être impliqués. Notre système de formation des enseignants laisse à désirer.
<B>La prise en charge des examens ne risque-t-elle pas d’isoler Maurice ?</B>
Non, si tous les critères exigés pour la reconnaissance mondiale des diplômes ont été satisfaits. Maurice pourra se transformer en centre du savoir auquel d’autres pays peuvent avoir recours.
Non
Neeta Paupamah
Administrative Manager de la London School of Law (Mtius) Ltd</B>
<B>Pourquoi Cambridge ne devrait-il pas être remplacé ?</B>
Ce désir d’indépendance est légitime. Si nous voulons atteindre cet objectif, nous devrons nous donner les moyens de le faire. Plus tôt il se matérialise, mieux ce sera. Mais il faut reconnaître que l’on ne peut pas, du jour au lendemain, se substituer à une institution aussi renommée que Cambridge.
Cambridge est-il à ce point irremplaçable ?</B>
Bien sûr que non. Il faut reconnaître la réputation que l’on accorde à un diplôme de Cambridge. Il a une reconnaissance presque automatique. Mais son remplacement par un organisme local aura des conséquences tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il n’est pas acquis d’avance que le public acceptera le label mauricien. D’où la nécessité d’engager une longue et profonde réflexion avant d’envisager un changement de régime. L’avenir de nos enfants en dépend. On ne peut pas se permettre de jouer avec.
Une accréditation de niveau international ne contribuerait-elle pas à faire oublier Cambridge ?</B>
Si Maurice remplit toutes les conditions pour décrocher son label de centre d’examens international, il va lui falloir du temps pour établir sa réputation. Une telle entreprise n’est jamais sans risque. A-t-on assez réfléchi aux répercussions d’un éventuel échec sur l’avenir de nos enfants ? On peut compromettre l’avenir de toute une génération. Il n’est pas impossible que les meilleurs élèves examinés par nos professeurs se voient obligés de subir un test d’aptitude dont sont exemptés les détenteurs d’un diplôme provenant de Cambridge.
Le label mauricien ne pourrait-il pas servir de détonateur pour inciter élèves et enseignants à améliorer leurs performances ?</B>
C’est fort possible. Il se pourrait qu’il y ait un sentiment général, voire nationaliste, pour démontrer que le centre d’examens de Maurice est aussi bon que les autres centres. Cependant, une perception réductrice de la valeur d’un diplôme mauricien peut prendre du temps avant de se dissiper. Une reconnaissance sur papier n’entraîne pas obligatoirement une acceptation.
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