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Maudits Américains !

12 août 2005, 00:00

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Ils sont vraiment envahissants et ils ne peuvent pas s’empêcher de tout contrôler. C’est rageant !

Ils étaient quatre en finale hier sur le 200m et ils ont monopolisé toutes les places convoitées. Notre Téfan, lui, a dû se contenter de la cinquième place en 20”41 contre un somptueux 20”04 à Justin Gatlin. Pour se consoler, un peu à la française, on dira qu’après les États-Unis arrive la petite île Maurice. Pas de France, d’Angleterre ni de Bahamas encore moins d’Allemagne ou de Jamaïque à l’horizon.

C’est toujours ça, même si, comme chaque patriote, on aurait voulu le voir, ce fameux soir, monter sur le podium. Et dans l’absolu entendre jouer le Motherland.

Cette cinquième place à Helsinki est tout sauf un échec pour Stéphan. Loin de là, l’ancien sprinter du Mauritius College peut s’enorgeuillir d’être l’un des rares athlètes à aligner trois finales de Championnats du monde de suite. Heureusement ! Car s’il n’y avait pas Stéphan Buckland, et Éric Milazar, qu’on se le dise, on serait encore à supporter des athlètes d’autres pays. Merci déjà pour cela messieurs.

Deux fois cinquième (Paris et Helsinki) et une fois sixième (Edmonton), l’Express de Mangalkhan fait preuve d’une régularité insolente. Des quatre Américains qui ont devancé notre représentant hier soir sur la piste détrempée d’Helsinki, personne n’était à Edmonton. Seul John Capel, l’ancien joueur de football américain, avait couru la finale du 200m à Paris. Et il l’avait même emporté dans un temps que l’histoire ne retiendra pas comme référence. Spearmon, Gay et, à un degré moindre, Gatlin sont de la nouvelle génération. Et malgré le scandale provoqué par l’affaire Balco, les Américains, après avoir fait le ménage en douceur, sont revenus plus costauds et en plus grand nombre. Depuis le Grec Kostas Kederis en 2001 à Edmonton, qui est tout sauf une sainte nitouche, les neveux de l’Oncle Sam ont repris le pouvoir.

Face à cette horde, Stéphan Buckland a malgré tout tenu la gageure. Certains pensent qu’avec un mètre de plus, il aurait été sur le podium. Alors là on appellera la course 201m et non pas 200m.

On ne peut s’empêcher, après l’affaire Balco, de nourrir quelques soupçons malgré tout. Stéphan Buckland, dans l’entretien qu’il nous a accordé plus loin, évoque les mêmes doutes. Sans vouloir se chercher d’excuses, ces Américains ne peuvent pas être des sur-hommes. On peut croire qu’il y a une culture du sprint aux USA mais Montgomery, Jones, CJ Hunter ont laissé des traces indélébiles sur la bannière à étoiles. On est en droit de douter !

Les athlètes chinois ont eu leur scandale à une époque et l’Empire du Milieu a connu une chute vertigineuse avant de retrouver un temps soit peu de ses couleurs aujourd’hui. Mais l’impérialisme de l’athlétisme américain se consolide au fil des compétitions.

Le roi du sprint mauricien, héritier de Frankie Fredericks, garde ses pointes. Les Championnats d’Afrique l’année prochaine, les Jeux du Commonwealth (Dieu merci sans les Ricains) seront ses prochaines terres d’exploits en attendant les prochains Mondiaux et Pékin 2008. Mais que ce soit clair. Buckland n’est pas éternel. Ça ne servira à rien, mais strictement rien à ce que tout un pays frémisse pendant quelques années grâce aux foulées d’un sprinter, un quarter-miler et deux sauteurs, pour après retomber dans l’anonymat quand ces derniers auront fait leur temps. Sylvio Tang, le ministre des Sports, n’a pas manqué le rendez-vous chez les Buckland à Floréal hier. Espérons que son implication ira plus loin.

Hier soir, l’île Maurice a rêvé le temps d’un 200m avec Stéphan. Ce soir, c’est au tour de Jonathan Chimier de reprendre le flambeau et de poursuivre ce rêve de médailles.

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