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La situation des finances de l’Etat inquiète le FMI
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La situation des finances de l’Etat inquiète le FMI
Le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme sur la situation des finances publiques. Le niveau du déficit budgétaire et celui de la dette publique deviennent insoutenables, à moins que des actions urgentes ne soient prises pour redresser la trésorerie de l’Etat.
La question sera au centre des prochaines consultations, prévues pour le mois prochain, entre le gouvernement et les experts de l’institution de Bretton Woods.
L’analyse du FMI se fonde sur une évaluation de l’économie mauricienne effectuée en avril 2004. La situation a beaucoup évolué depuis, avec notamment un changement de gouvernement en juillet de cette année. Le budget accuse un “trou” à 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2004-05. Les autorités sont contraintes d’emprunter gros pour financer leurs opérations, d’où un danger réel d’entrer dans un cycle infernal d’endettement : le coût du service de la dette pèse lourd dans la note et ne fait qu’accentuer le déficit.
Notre base fiscale (tax base) demeure étroite malgré des efforts pour améliorer la collecte de revenus, note le rapport. Dans ce contexte, il y a peu de chances que les choses s’améliorent de manière satisfaisante sur le moyen terme. Le nouveau gouvernement tient son prédécesseur responsable de la situation. Il l’accuse de dérapages et de dépenses exagérées.
Le FMI attire l’attention sur la gestion financière de certaines agences parapubliques “budgétivores”, en l’occurrence le Central Electricity Board (CEB) et la State Trading Corporation (STC). Les experts constatent que les finances du CEB se détériorent parce que les autorités n’arrivent pas à passer aux consommateurs les coûts additionnels encourus par l’organisme. Le gouvernement doit encore creuser ses déficits pour subventionner les pertes de l’organisme.
Le FMI dit accueillir avec satisfaction la décision de la STC de se doter d’un nouveau système de détermination des prix des produits pétroliers, le Automatic Pricing Mechanism (APM). Cette formule, en vigueur depuis 2004, permet à la corporation de mieux absorber les fluctuations du cours pétrolier et d‘ajuster les prix à intervalle trimestriel.
Toujours est-il que l’APM n’a pas été appliqué en juillet dernier, comme cela aurait dû l’être. La tenue des élections générales en est la raison principale. La trésorerie de la STC est en train de subir, à elle seule, les nombreuses hausses intervenues, tant durant cette période que celle actuelle.
Le nouveau gouvernement n’a pas non plus réagi face à la flambée du prix du pétrole sur le marché mondial. Le cours du brut approche le niveau de $ 65. Les augmentations sur le plan local sont toujours en attente.
Le budget national est aussi menacé par certaines promesses du gouvernement, dont le transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées, et l’allègement de l’impôt pour les personnes touchant moins de Rs 25 000 par mois.
Outre le problème budgétaire, l’économie se doit aussi de trouver des solutions pour faire repartir la croissance sur des bases plus solides. La fin du système de quotas dans le commerce international du textile et la baisse envisagée du prix du sucre en Europe sont les deux principaux défis de l’économie mauricienne.
<B>Sursis temporaire</B>
L’abolition des restrictions sur les exportations des vêtements, conséquence du démantèlement de l’accord multifibre, vient ouvrir les marchés aux pays telles la Chine et l’Inde. Celles-ci sont capables de produire à des prix nettement inférieurs à ceux de Maurice. “Les récentes initiatives européennes et américaines en réaction au déferlement des vêtements chinois sur leurs marchés n’apporteront qu’un sursis temporaire au textile mauricien”, constate l’analyse du FMI. Selon l’étude, l’avenir du textile-habillement local se trouve dans la spécialisation des produits haut de gamme.
Par ailleurs, le FMI estime que le tourisme et les services financiers représentent des opportunités robustes pour tirer la croissance.
Des réformes dans plusieurs secteurs, dont le marché du travail, sont toutefois nécessaires pour pouvoir réaliser le potentiel des différentes activités émergentes.
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