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Le SSR Medical College critique la TEC
?Je pense à la Tertiary Education Commission (TEC) avec un coeur très lourd. De telles institutions ne devraient pas exister. L?on ne devrait pas permettre que des organismes soient mis en danger à cause de l?ego de certaines personnes.? Les accusations sont graves et directes. Rudra Pratap Narain Singh, président du SSR Medical College, s?en est pris à des institutions étatiques lors de la remise de diplômes aux 24 premiers médecins généralistes, à Belle-Rive, hier, en présence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, et d?un parterre de ministres.
L?investisseur étranger a été impitoyable, en particulier, pour la Tertiary Education Commission. Il ne veut plus de bâtons dans les roues et le dit clairement. Permettre au collège de fonctionner est, selon Rudra Pratap Narain Singh, un vrai parcours du combattant. Il se demande si les frais d?études peuvent rester au même niveau encore longtemps. ?La balance est négative, mais nous ne pouvons faire des compromis là où des vies humaines sont concernées.? Avec ses 40 expatriés et les frais d?entretien, il avoue que l?institution fonctionne grâce au dévouement de certaines personnes. Une hausse des tarifs ? le cours de cinq ans coûte 20 000 dollars (Rs 600 000) ? ne serait pas à exclure. Aucune réaction à ses accusations du côté du podium.
Le Premier ministre promet simplement de faire de Maurice un centre d?excellence en médecine et en technologies de l?information et de la communication. ?J?ai l?intention d?avoir une approche très innovante de la santé publique. Les infirmiers sont très importants dans la chaîne et ils ont besoin d?une formation adéquate. Une fois notre économie remise sur les rails, c?est une catégorie à laquelle j?accorderai une attention particulière.?
Aux médecins, Navin Ramgoolam réserve, entre autres, des déductions fiscales pour leur permettre ?de rester à la pointe de ce qui se fait dans le domaine. Nous devons également revoir les conditions de travail des médecins.? Au passage, il remercie ?Mother India? qui a offert des places dans ses écoles de médecine aux Mauriciens tout au long de l?histoire, ?au détriment de ses propres citoyens?.
Un noble metier
S?inspirant de sa propre expérience d?étudiant en médecine, le Premier ministre a donné des conseils aux diplômés. Il s?est remémoré ses propres débuts. ?Vous allez pratiquer le plus noble des métiers. N?oubliez pas que chaque personne agit différemment devant une maladie. La médecine n?est pas juste de la science mais aussi de l?art. Il s?est également félicité d?avoir permis au SSR Medical College de devenir une réalité en 1999. Je connaissais les sacrifices que des parents devaient faire pour envoyer leurs enfants à l?étranger. Nous pouvons être fiers d?avoir un tel centre d?excellence?.
Ces mots ne pouvaient que ravir Rudra Pratap Narain Singh, président de l?Indian Ocean Medical Institute Trust, propriétaire de l?établissement. Il a d?ailleurs été tout éloge pour Navin Ramgoolam, plusieurs membres du gouvernement et... Ashock Jugnauth, ex-ministre de la Santé de l?ancien gouvernement MSM-MMM. A l?heure des cocktails, ce dernier était d?ailleurs plutôt esseulé. Mis à part le ministre Arvin Boolell, il a été ignoré par les ministres présents. Ashock Jugnauth n?a d?ailleurs pas essayé de briser la glace.
Le haut-commissaire indien par intérim, Rajeev Shahare, a annoncé que l?affiliation du collège au Medical Council de l?Inde ne saurait tarder. Les ministres de la Santé, de l?Education et de l?Environnement, Satish Faugoo, Dharam Gokhool et Anil Bachoo ont également pris la parole.
PROFILS
Expériences vécues
■ Khevin Bujhawon n?arrive pas à réaliser qu?il est médecin généraliste. Après cinq ans passés sur les bancs du SSR Medical College, à Belle-Rive, ce fils de laboureur a reçu son précieux diplôme des mains du Premier ministre et à juré le serment d?Hippocrate, tout comme ses 23 autres collègues, devant un parterre de parents, d?amis et de professeurs émus. ?Depuis toujours je rêvais d?être médecin et avoir été formé entièrement à Maurice est une fierté additionnelle. Venant d?un milieu modeste, je n?aurais pu aller en Angleterre ou en Australie pour étudier?, confie Khevin.
Les 24 diplômés, dont deux étrangers, avaient tous une raison, allant des finances au désir de rester dans le cocon familial, d?étudier au SSR Medical College. Pour Aline Atchia, 37 ans, c?est une seconde étape de sa vie qui commence. Mère de famille, cette enseignante canadienne, mariée à un Mauricien, a voulu changer de cap à 32 ans. ?J?étais traumatisée par la mort de mon enfant et j?ai voulu oublier. Ces études de médecine m?ont ainsi permis de changer de trajectoire. Aujourd?hui, je voudrais faire le va-et-vient entre Maurice et le Canada en tant que médecin. Sans le collège, je n?aurais jamais pu réaliser mon désir de devenir médecin.? Comme ses collègues, elle devra passer par un an d?internat dans un hôpital à Maurice avant de songer à d?autres cieux. Le diplôme des gradués de la cuvée 2005 leur permet d?exercer n?importe où dans le monde, pourvu qu?ils passent un test dans le pays où ils souhaitent pratiquer. Cela est possible grâce à la reconnaissance du SSR Medical College, affilié à l?université de Maurice, par l?Organisation mondiale de la Santé. Aujourd?hui, environ 250 des 500 étudiants de l?établissement sont des Mauriciens.
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