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Le textile manque de bras
Les tribulations de la zone franche sont loin d?être finies. Une douzaine d?usines ont un millier d?emplois à offrir immédiatement mais elles n?arrivent pas à trouver preneur. Il s?agit principalement de Star Knitwear Ltd, Tianli Spinning Mauritius Ltd, Jack Tellor (International) Ltd, Tara Knitwear Ltd, New Island Clothing, Corona Clothing Ltd, Tee Sun, Consolidated Fabrics, Shibani, Chentex Garments, Soniawear Ltd, Shibani Knitwear et Sweat Sun Ltd. Les emplois sont à plusieurs niveaux :
machiniste, quality controller, supervisor, sample technician, patron maker, storekeeper et helper. Le nombre varie de 30 à 100 personnes, dépendant des usines.
Le groupe hongkongais Tara Knitwear Ltd, qui comprend les usines Tara et Rossana, veut employer une centaine de machinistes. Opérationnel depuis 25 ans, il exporte des pull-overs et t-shirts vers les Etats-Unis et l?Europe. De ses 1 200 employés, 75 % sont des Mauriciens et 25 % des Chinois. ?Des 40 travailleurs que nous voulons recruter pour un stage de formation nous n?en avons eu que 15. Si nous ne trouvons pas de Mauriciens, nous serons obligés de recourir à la main-d??uvre étrangère. Mais, pour l?instant, nous n?avons pas encore fait de demande de permis?, déclare Vimal Ramiah, human resources manager du groupe Tara.
Le bureau de l?Emploi a envoyé les noms de 175 personnes à Star Knitwear Ltd mais seules deux se sont fait inscrire. ?Pour continuer à faire rouler l?usine, il nous faut des travailleurs étrangers même s?ils nous coûtent plus cher. Notre priorité, c?est d?employer plus de Mauriciens. Mais c?est la productivité et la présence régulière des étrangers au travail qui nous permettent de respecter les carnets de commandes?, dit Ahmed Parkar, managing director du groupe Star Knitwear et président de la Mauritius Export Processing Zone Association (MEPZA).
L?industriel s?étonne qu?on parle de chômage alors que l?absentéisme est très élevé. ?Nous avons eu 17 % d?absences à l?usine lundi. Parfois le taux d?absentéisme avoisine les 30 %. On parle de 60 000 chômeurs. Moi, je ne crois pas qu?il y en ait tant. Un propriétaire d?usine veut avant tout que son usine soit rentable et ensuite vient la création d?emplois.?
Ahmed Parkar souligne la nécessité d?avoir une stratégie de conditions de travail flexibles. ?Actuellement si une usine a moins de commandes, il lui faut quand même continuer à payer les travailleurs. L?usine ne peut pas les mettre en chômage technique. Par contre, pendant les périodes de pointe, il faut payer les heures supplémentaires. Il faut trouver le bon équilibre dans l?intérêt de l?employeur et des employés.?
Plus grande sécurité d?emploi ailleurs
Il estime que les Mauriciens ne veulent pas travailler dans le textile pour différentes raisons, notamment les licenciements qu?il y a eus dans le secteur. Ils préfèrent la fonction publique et l?hôtellerie pour avoir des heures plus flexibles. Ils pensent aussi qu?il y existe une plus grande sécurité d?emploi.
Shenaz Sobah, general manager d?Avant Mauritius Ltd, avance presque les mêmes raisons pour expliquer le recours à la main-d??uvre étrangère. ?Les gens ne se sentent pas en sécurité. Il y a d?autres qui ne veulent pas, pour des raisons familiales, travailler des heures supplémentaires la semaine ou le week-end.? Mais, si une usine veut rester dans la compétition, ?il faut faire des heures supplémentaires, et respecter les carnets de commandes. Nous avons des projets d?extension même si ce n?est pas pour l?immédiat?. Pour ces raisons, Avant Mauritius Ltd, qui fabrique des t-shirts et des polo- shirts exclusivement pour le marché européen, s?est vue dans l?obligation de recruter de la main-d??uvre étrangère récemment. Actuellement 50 % de son effectif de 300 personnes sont de nationalité étrangère, de l?Inde notamment.
D?autres usines, comme New Island Clothing (NIC), ont épuisé leur quota de main-d??uvre étrangère. ?C?est un défi à relever. Nous marchons sur la braise. Depuis cinq mois nous cherchons une trentaine de travailleurs, toutes catégories confondues. Ils viennent, ils repartent. Nous voulons donner priorité aux Mauriciens et remplacer éventuellement les étrangers qui nous coûtent de l?argent?, dit Mario Ponen, human resources manager de NIC.
?Nous avons des commandes. Nous avons cette année investi dans la production de chemises d?une gamme supérieure. Nous avons l?encadrement l?accueil, la formation. Mais nous avons besoin d?un effectif additionnel.? La NIC emploie 280 travailleurs indiens sur un effectif de 850 personnes. La quasi-totalité de ses chemises est exportée vers la Grande-Bretagne.
La zone franche employait en début d?année environ 68 000 personnes. A mars, le nombre est tombé à 66 800. Les travailleurs étrangers étaient 13 441 en mars, contre 13 800 en début d?année. Ils viennent de l?Inde, de la Chine, du Sri Lanka, du Bangladesh et de Madagascar.
Un training scheme a été institué depuis deux mois par le gouvernement avec la collaboration de la MEPZA pour aider ceux en quête d?un emploi dans le textile. Cette formation, destinée à des personnes âgées entre 18 et 30 ans et n?ayant pas un haut niveau d?éducation, dure deux mois. Ces stagiaires touchent une somme de Rs 1 500 payée par le gouvernement et Rs 1500 payée par l?usine. Les usines de la MEPZA ont recruté quelque 600 personnes pour cette formation. ?Nous n?avons aucune doléance des usines sur cette question. Si les usines sont satisfaites de leur performance, elles vont les embaucher?, souligne-t-on à la MEPZA.
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