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Les HCA révoqués dans la misère
« Rasion pena ditou », se lamente Anushka, 22 ans et enceinte de six mois. Les health care assistants (HCA) commencent à disparaître de l?actualité. Mais il n?en reste pas moins que certains d?entre eux se trouvent encore dans des situations financièrement et socialement précaires. Les parents avec des enfants en bas âge sont les plus touchés par leur révocation par le ministère de la Santé. La fin du mois est particulièrement pénible. Ils gardent toutefois l?espoir d?être repris par le gouvernement et d?assurer ainsi l?avenir matériel de leurs enfants.
Cap sur Camp-Créole, où habitent Anushka et son époux, Sanjeev, 22 ans lui aussi. Le jeune couple réside dans une maisonnette en tôle vétuste mais propre. Des draps sont accrochés aux murs pour créer une ambiance plus chaleureuse que celle des feuilles de métal superposées.
En apprenant son recrutement comme HCA, Sanjeev a démissionné de son poste d?accounts clerk dans une usine de textile. L?allégresse a rapidement laissé la place à la déception et, maintenant, au désespoir. « Mone gayn extra sok », se remémore-t-il. C?était le vendredi fatidique où il s?est rendu à l?hôpital Jeetoo pour apprendre que son embauche avait été annulée. « Nou pa pe kritik aukenn gouvernman. Sa travay la ti pou sap nou dan lamizer, amen en pe sekurite. Bizin redonn nu li ».
De son côté, Anushka a été congédiée quand son employeur a appris qu?elle était enceinte et qu?elle aurait donc droit à trois mois de congé de maternité. La jeune femme explique qu?elle ne mange qu?une fois par jour et quand « ena enn ress kari ». Les parents de Sanjeev essayent d?aider le couple. Mais ils sont pensionnaires et ont, eux aussi, du mal à boucler les fins de mois. « Nou lavenir ek lavenir nu zenfan depan lor sa travay la. Nou pann fer narien de mal », fait-elle remarquer.
Contre-affidavit du ministère
« Pourvi ki zanfan ena pou manze », souhaite Sanjeev. Il cherche actuellement du travail, « ninport ki travay ». En vain. « Bizin tras, trase », dit-il, optimiste tout de même. Malgré cette situation intenable, Sanjeev a refusé de toucher le mois de salaire offert par le ministère « in lieu of notice ». Car il sait que cela amoindrirait ses chances de réintégrer son poste. « Li dan lamin lacour ».
Sanjeev et Anushka ne sont pas les seuls aspirants HCA qui ont vu leur vie basculer du jour au lendemain à cause de leur révocation par le ministre Satish Faugoo. Brinda, 31 ans, de Quatre-Bornes et Usha, 33 ans, de Bon-Accueil, sont mères de deux et trois enfants respectivement. Toutes les deux ont des emprunts importants à rembourser et les salaires de leur époux ne suffisent pas. Usha avoue qu?elle ne sait pas si elle a les moyens d?envoyer son benjamin à l?école. « Si enn mama pa okip so ban zenfan, zot pou mars dan en lot simin », se lamente-t-elle. Elles non plus n?ont pas touché leur mois de salaire car « nu simin droit, nu bizin resi ».
Le ministère jurera cette semaine son contre-affidavit dans l?affaire de la demande d?injonction contre la révocation des HCA. L?avocat de ces derniers, Me Kailash Trilochun, espère que l?avenir de ses clients sera moins sombre. Ces jeunes couples et leurs enfants formulent le même v?u.
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