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Madagascar : un exemple de développement
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Madagascar : un exemple de développement
Jacques Chirac a salué jeudi en Madagascar un exemple de démocratisation et de développement pour l?Afrique, continent qui, pour le président français, ne peut rester «au bord de la route de la grande aventure humaine» sous peine d?une explosion sociale. Au premier jour de sa visite officielle sur la «Grande Ile», à Majunga, dans le Nord-Ouest, le chef de l?Etat a apporté un soutien marqué à «l?action efficace et courageuse» au président Marc Ravalomanana «pour implanter la démocratie et faciliter le développement».
«Il sait qu?il peut compter sur l?aide de la France et celle de l?Union européenne», a souligné Jacques Chirac, scellant en de chaleureux termes diplomatiques la réconciliation franco-malgache après le malentendu de 2002. Elu au premier tour de l?élection présidentielle du 16 décembre 2001 face au président sortant Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana, ancien maire de la capitale Antananarivo, était officiellement entré en fonctions le 6 mai 2002 au terme d?une crise politico-militaire meurtrière.
Paris n?avait reconnu son autorité que tardivement, une semaine après les Etats-Unis et les autres bailleurs de fonds occidentaux ? une réticence mal comprise par la population malgache. Didier Ratsiraka, réfugié en France depuis juillet 2002, a été condamné par contumace en août 2003 dans son pays à dix ans de travaux forcés pour «détournement de deniers publics». Le sort de l?ex-«amiral rouge» n?a pas été ouvertement évoqué durant la visite. La page est donc tournée.
«Les relations entre la France et Madagascar sont en bonne santé, le ciel est bleu», a souligné jeudi Marc Ravalomanana dans un français hésitant, s?inspirant d?un soleil plus que généreux pour se féliciter de la troisième visite d?un chef d?Etat français sur «l?Ile Rouge», après le général de Gaulle en 1958 et François Mitterrand en 1990. Au nom de la confiance retrouvée, Jacques Chirac a évoqué l?insurrection malgache de 1947, réprimée dans le sang par le pouvoir colonial français mais dont le bilan ? 10 000 à 15 000 morts ? fait aujourd?hui débat. L?historiographie malgache fait état de 90 000 morts. «Nous devons être conscients des bons et des mauvais moments de notre relation et les assumer (...) L?Histoire est ainsi faite d?affrontements et de réconciliations. Elle n?est pas faite automatiquement d?oublis», a déclaré le président français lors d?une conférence de presse commune avec son homologue malgache à Majunga.
Les Malgaches ont pourtant réservé un accueil bon enfant à Jacques Chirac, qui a parcouru plus de 10 km debout aux côtés de son homologue malgache dans un command-car, sous les applaudissements de dizaines de milliers de personnes massées le long de la route reliant l?aéroport de Majunga au centre-ville.
Plongée dans le marasme après la quasi-guerre civile de 2002, l?économie de Madagascar se redresse depuis 2003 et son taux de croissance devrait se stabiliser entre 5% et 6% du PIB en 2005, selon le Fonds monétaire international (FMI). Des tensions sociales persistent néanmoins, avec 70% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Madagascar vient de bénéficier d?une «bouffée d?oxygène» avec la décision du G8-Finances, le 11 juin, d?annuler la dette multilatérale de 18 pays très endettés. L?île se voit ainsi soulagée d?un fardeau de 2,5 milliards de dollars, soit près de 60% de son PNB.
«Madagascar, après une longue période de déclin économique et d?incertitudes politiques, retrouve aujourd?hui un nouveau souffle», a souligné Jacques Chirac lors d?une allocution à la Résidence de France d?Antananarivo, devant la communauté française. On compte quelque 25.000 Français à Madagascar. On reconnaît dans l?entourage du président français que «le chemin sera long», mais on considère que la politique de Marc Ravalomanana est «exemplaire» du Nepad (Nouveau partenariat pour le développement de l?Afrique).
«Pour avoir des vies heureuses, il faut passer par des vies difficiles. Ce n?est pas possible d?avoir un prix du riz très bas et de construire des routes et d?effacer des dettes», a dit le président malgache à Majunga. Le prix des denrées de base ont augmenté à Madagascar, accentuant les difficultés quotidiennes des Malgaches. Evoquant le pas important pour l?Afrique enregistré le 8 juillet au sommet du G8 de Gleneagles, avec la décision de doubler l?aide au continent noir à 50 milliards de dollars d?ici 2010, Jacques Chirac a exhorté la communauté internationale à «ne pas décevoir» les Africains.
Sophie LOUET
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