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Le Tour infernal
Comme pour ne pas déroger à la tradition, car c’en est une, le monde de la petite reine connaît actuellement des remous. La cause de ce remue-ménage, la constitution de deux sélections en vue du Tour de Maurice.
Comme si c’était inévitable voire une fatalité, à l’approche de chaque Tour de Maurice, l’événement phare du calendrier local, les dirigeants de clubs se tirent dans les pattes. Une façon d’exprimer leur mécontentement face aux sélections proposées.
La pomme de discorde, semble-t-il, est la présence de Mike Chong Chin comme coureur réserve dans l’équipe Maurice/MJS, considérée comme l’équipe A, de Stéphane Chelin (VCP) dans l’équipe Maurice/MCB et de Roy Moutou (VCP) dans l’équipe qui devrait participer au Tour des Seychelles.
Ces listes de coureurs contestées, qui demandent encore à être avalisées par le comité directeur de l’Association mauricienne de cyclisme (AMC), lundi prochain, ont même provoqué la démission d’un président de club. Frédéric Curé a, mardi, soumis sa démission du poste de président de la HSBC-CCT.
“Il y a divergence sur la question entre mon club et moi. Par respect pour la commission technique de l’AMC dont je suis membre, j’ai démissionné de la tête du club”, déclare Frédéric Curé. Et d’ajouter : “Étant membre de la HSBC-CCT, je reste solidaire de mon club. Je respecte la décision de mon équipe.”
Ça ne s’arrête pas là. Après les coureurs, la question qui dérange, c’est de savoir qui sera à la tête des sélections. Mathieu Calypso, président de la commission technique, a vite fait comprendre qu’il n’est pas en lice.
<B>Qu’en est-il des sponsors ?</B>
S’étant retiré de la mêlée, il laisse en compétition José Achille, ancien entraîneur national et futur responsable du centre de formation, et Jean-François Raboude, directeur sportif du Vélo Club des Jeunes de Curepipe. Le choix du comité directeur de l’AMC ne sera guère facile car les deux techniciens ne font pas l’unanimité chez les coureurs ou chez les dirigeants. On ne peut pas plaire à tout le monde non plus.
Roland Nicolin, président de l’AMC, ne veut pas précipiter les choses. “Il faut attendre lundi prochain où le comité se penchera sur la question. Pour l’instant, tout ce qui se passe vient du fait qu’on a une équipe forte sur le circuit. On préfère courir pour le club que pour la sélection. Ce que je propose c’est de voir au-delà du Tour 2005. Afin d’éviter ce genre de problème, il nous faudra étudier cela bien avant et non pas attendre un mois avant le Tour de Maurice. Cette année on s’y est pris trop tard”, explique-t-il.
Et qu’en est-il des sponsors s’il n’y avait pas de sélection ? Roland Nicolin estime qu’il rencontrera le ministère de la Jeunesse et des Sports bientôt afin d’en discuter. “Qu’on évite des sanctions. Les sanctions on les prend en cas de faute vraiment grave. On ne peut priver un jeune de bourse pour un refus de rouler en sélection. Ce serait vraiment dommage d’en arriver là”, lâche le président de l’AMC.
De sa fenêtre de coureur, Thomas Desvaux respecte la décision de son club. “Si la HSBC me dit de rouler en sélection, j’y vais. C’est la décision de l’équipe, je la respecte. Et s’il faut courir pour le club, je le ferai également. Moi je respecte le voeu de mon club”, laisse-t-il entendre.
En fait, toute cette pagaille, annuelle rappelons-le, pourrait prendre fin seulement si on réglait une bonne fois pour toutes la question d’une équipe nationale sur le Tour de Maurice. En même temps, le cyclisme mauricien qui panse encore ses blessures de 2003 pourrait en faire l’économie.
Le Tour de France est couru sans équipe nationale, le Giro, la Vuelta, le Tour de la Réunion à côté de nous. À ce propos, l’île soeur a également connu des moments difficiles pour les mêmes raisons que nous. Le couperet est tombé. Désormais, chacun défend les couleurs de son club et les choses sont mieux ainsi. La réflexion qui devrait occuper nos dirigeants avant un nouveau Tour infernal 2006, c’est de maintenir ou pas une sélection.
Mais attention, il se peut que les autorités et les sponsors ferment le robinet. Les parrains ne courent pas les rues à Maurice. Ce sera peut-être le prix à payer.
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