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L?Icac fait son entrée dans l?affaire des HCA

19 juillet 2005, 20:00

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Comme promis, les health care assistants (HCA) ont porté l?affaire de leur révocation devant l?Independent commission against corruption (Icac) hier. Accompagnée de Mes Samad Goolamaully et Ashley Hurhangee, la jeune Reena Dwarka a fait une déposition dans laquelle elle retrace les circonstances de son recrutement et de son renvoi. Les enquêteurs de l?Icac doivent maintenant rencontrer le ministre de la Santé, Satish Faugoo. Cela, afin de l?interroger sur ses allégations de pot-de-vin électoral dans l?embauche des 388 HCA.

C?est à la suite d?une annonce parue dans un journal que Reena Dwarka soumet, en septembre 2004, une application pour le poste de HCA. Elle se présente ensuite devant un panel de trois personnes pour une interview en février 2005. Et reçoit une lettre de nomination le mardi 5 juillet. Elle y est priée de prendre son service trois jours plus tard, soit le 8 juillet.

Entre-temps, le jeudi 7 au soir, elle reçoit une autre correspondance lui disant, cette fois, que l?offre a été révoquée. Elle se rend tout de même à l?hôpital Jeetoo vendredi matin, comme initialement prévu. Là, une personne se présentant comme le regional health director lui annonce qu?il n?y a pas de travail disponible.

Dépitée, elle se présente au ministère de la Santé, accompagnée de quelques autres HCA déçus. C?est alors que Satish Faugoo leur apprend qu?il y aurait eu bribe électoral et qu?ils ne seraient donc pas embauchés. Les HCA auraient insisté que cela n?était pas le cas mais le ministre n?aurait rien voulu entendre.

?Le devoir de dénoncer?

Dans sa déclaration, Reena précise que sa famille et elle-même ne connaissent ni le ministre de la Santé d?alors, Ashock Jugnauth, ni aucun des membres du panel d?interview.

?De par ces propos, Satish Faugoo jette une imputation sérieuse sur l?intégrité des officiers de la Public service commission (PSC). C?est comme s?il disait que la PSC a conspiré avec Ashock Jugnauth afin d?assurer la réélection de ce dernier. Cela peut être considéré comme une gratification sous l?Icac Act?, souligne Me Ashley Hurhangee.

Mention est également faite de la gratification dans le Prevention of Corruption Act (PoCA) 2002. ?N?importe quel fonctionnaire qui sollicite, accepte ou obtient d?une autre personne, pour lui-même ou n?importe quelle autre personne, une gratification pour faire?ou avoir fait?un acte dans l?exécution de ses fonctions ou devoirs?commettra une offense et sera, sur conviction, passible de servitude pénale pour une période n?excédant pas dix ans.? Et le PoCA décrit la gratification comme suit : ?l?offre d?une fonction, d?un emploi ou de tout autre contrat?, ainsi qu??un cadeau, une récompense, un rabais, une prime ou un avantage autre que la rémunération licite?.

Le porte-parole des HCA, Ravin Kalachand, est d?avis que le ministre de la Santé aurait dû rapporter l?affaire. ?Si une personne insiste qu?il y a eu un acte de corruption, c?est son devoir de le dénoncer?, dit-il avec sa pugnacité habituelle.

Si le dernier volet de cette affaire a vu l?entrée de l?Icac dans la partie, les HCA ne comptent pas s?arrêter en si bon chemin. Ils espèrent rencontrer un représentant de la SADC la semaine prochaine, ainsi que ceux des autres organisations qui ont observé les élections du 3 juillet, pour leur faire part de leurs doléances. Ils rendront également une visite à l?Electoral Supervisory Commission.

En attendant, les préparations en vue des meetings de protestation qui seront organisés à travers le pays vont bon train. Le premier meeting aura lieu au jardin de la Compagnie le dimanche 31 juillet, confie Ravin Kalachand.

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