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Woods, le maître du temple
Rien n?a changé. Le mythique Old Course a beau avoir pris quelque 150 mètres et quelques bunkers depuis 2000, année de la promenade de santé de l?Américain (victoire à -19 avec huit coups d?avance sur Björn et Els), Tiger Woods reste le maître de Saint Andrews.
À 29 ans, le numéro 1 mondial est revenu, cinq ans après son premier sacre dans la levée britannique, sur le théâtre de son exploit passé, doublant la mise sur le parcours écossais et mettant la main pour la deuxième fois de sa carrière sur la Claret Jug.
Une victoire, pour ne pas dire une démonstration ? l?Américain ayant pointé en tête du leaderboard du premier au dernier jour ? comme une confirmation des bienfaits du travail passé. Une revanche sur ses détracteurs?
?Toutes ces heures de travail passées avec Hank (NdlR : Hank, son coach), c?est la raison de mon succès, soufflait le numéro 1 mondial à la sortie du green. Beaucoup nous ont critiqués, Hank et moi, ainsi que notre travail, mais c?est ce qui m?a permis de revenir ici pour gagner cet Open.?
Un Woods revanchard qui ne pouvait réprimer son émotion au moment de saluer, comme à Augusta au mois d?avril dernier, son père souffrant et resté aux États-Unis. Une phrase pour son paternel et une autre pour Jack Nicklaus, le monument de la petite balle blanche qui a quitté les siens vendredi au terme d?un dernier parcours en 72.
Un hommage à celui qui reste la référence, l?Ours doré aux 18 titres du Grand Chelem, soit huit de plus que le nombre de Majeurs inscrits à son palmarès. La voie du retour est dégagée pour le Tigre?
Virage au 12
Une réalité qui en cache une autre plus cruelle. Celle qui fait de Colin Montgomerie, pourtant auteur de sa meilleure performance dans un British Open, l?un des meilleurs joueurs du monde à ne pas avoir remporté de levée du Grand Chelem.
L?appui du public, une nation entière dévolue à son champion, et pour une fois plus nombreuse à suivre l?avant-dernière partie avec Retief Goosen que la dernière paire où figurait Tiger Woods, n?a pas su offrir à Colin Montgomerie ce supplément d?âme pour renverser la montagne.
Une montagne d?ébène du nom de Woods qui, pour la dixième fois de sa carrière en Grand Chelem, a décroché la lune alors qu?il se présentait en tête à l?entame du dernier round.
Et pourtant, la manche aller avait laissé présager un emballage final d?une autre grandeur que celui auquel les Écossais ont assisté. Pour avoir concédé par excès d?orgueil un bogey au trou numéro 10, son premier de la journée, Tiger Woods se retrouvait en effet à portée de l?Écossais mais aussi de l?Espagnol José Maria Olazabal, le taureau au toucher de velours.
Un espoir, celui de voir le protégé de tout un peuple ou au moins un Européen, succéder à Paul Lawrie, dernier enfant du Vieux Continent à avoir inscrit son nom au palmarès de la levée britannique (en 1999 à Carnoustie). Las, cette éventualité s?étouffait en l?espace de dix minutes comme les balles au fond des cratères de Saint Andrews?
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