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Cet homme est trop fort !
Encore une fois, avec les mêmes recettes, s?appuyant sur une équipe parfaitement cohérente dans laquelle il fait ce qu?il a à faire, et en profitant d?un même état d?esprit bien léthargique de ses principaux supposés rivaux, Lance Armstrong va obtenir le même résultat : être sacré en jaune dimanche prochain sur les Champs-Élysées.
La bataille était annoncée dans les Alpes. Puis dans les Pyrénées. Chaque fois les supposés grimpeurs ont fait mine d?attaquer, mais si timidement qu?en deux coups de pédale le maillot jaune était déjà revenu dans leur roue. Aucun n?a vraiment porté une attaque décisive, les équipes n?ont pas été capables de mettre en place une stratégie pour contrer Lance Armstrong.
Ivan Basso a plus tendance à collaborer avec l?Américain qu?à vouloir le déposséder de son maillot jaune. Le coureur de la CSC s?est enfin hissé à la deuxième place qu?il convoitait. Il va s?en contenter et tout faire pour la garder. Y compris se liguer avec Armstrong, comme il l?a fait dimanche dans la montée du Plat-d?Adet, pour distancer ceux qui pourraient lui ravir cette deuxième place.
À commencer par Jan Ullrich, autre rival annoncé d?Armstrong. Chaque année l?Allemand est donné comme un favori potentiel, et chaque année il déçoit. Sans doute sa cote est-elle surévaluée alors qu?il n?a rien prouvé depuis sa victoire dans le Tour 1997, période de transition sans véritable leader entre l?ère Indurain et l?ère Armstrong. Beaucoup reprochent d?ailleurs à Ullrich sa position économique suffisamment confortable qui ne l?encourage pas à se dépasser.
Vinokourov, le seul véritable attaquant
Ce qui est d?autant plus dommage, dans cette équipe T-Mobile, c?est qu?Alexandre Vinokourov se soit plusieurs fois sacrifié pour rien. À plusieurs reprises, roulant pour Ullrich, il est allé provoqué l?attaque sur Armstrong, mais en se mettant dans le rouge, alors que derrière, son leader ne portait pas l?estocade. Résultat : Ullrich est encore à la peine, et Vinokourov a hypothéqué ses chances de podium, tout en occupant malgré tout, et dans son rôle d?équipier, la 8e place du classement général.
Le Kazakh, qui a sans doute davantage faim de reconnaissance que son leader, a été le seul véritable attaquant de ce Tour de France en montagne.
Que dire du Danois Rasmussen, 3e du général, et porteur du maillot à pois du classement de la montagne. Si ce n?est que cette distinction ne reflète pas tout à fait son comportement. Certes, la spécificité de ce classement fait que celui qui veut décrocher le maillot va chercher les points quand il le faut, et que dans ce calcul, Rasmussen a bien joué. Mais dans l?absolu, et dans l?éthique même de la récompense, il est quand même surprenant de constater que le coureur censé être le plus performant en montagne cale dans la plupart des cols des Pyrénées et ne fait pas la course en tête.
À 30 ans passés, Rasmussen émerge de l?anonymat. Son maillot à pois étant a priori acquis, il va maintentant gérer pour conserver sa troisième place sur le podium.
Les autres outsiders sont nombreux qui espèrent, comme Basso peut-être, ou Vinokourov sûrement, jouer un rôle dans le prochain Tour de France, lorsque Lance Armstrong aura raccroché son vélo.
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