Publicité

Comme un malaise...

16 juillet 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Alors que les observateurs se désolent des difficultés éprouvées par les coureurs français pour se distinguer sur ce Tour de France et que l?on constate parallèlement les moyennes extraordinaires du peloton au cours de la première semaine de course, voilà que la Grande Boucle se retrouve confrontée à une affaire de dopage. Au lendemain de la mise hors-course d?Evgueni Petrov (Lampre) en raison de paramètres sanguins suspects décelés lors d?un contrôle inopiné, Dario Frigo, son collègue de la Fassa Bortolo, a été placé mercredi matin en garde à vue.

L?Italien a été interpellé au petit matin suite à l?arrestation, la veille, de Susanna, son épouse, dont le véhicule, contrôlé par la douane, contenait une dizaine de doses d?EPO. Trois ans après l?affaire Rumsas, encore un coureur trahi par l?inconséquence de sa femme ! Frigo n?est pas un inconnu.

En 2001, alors qu?il portait le maillot rose, il était exclu du Giro pour possession de substances interdites. Suspendu six mois, il allait vite retrouver son équipe, la Fassa, et gagner à nouveau des courses dont une étape du Tour, à Cluses, en 2002?

Son arrestation jette évidemment un froid sur le Tour et Jean-Marie Leblanc, qui s?apprête à passer le relais à Christian Prudhomme, et qui avait fait part d?une certaine inquiétude avant le Tour, s?étonnant du peu de contrôles inopinés réalisés, exprime sa colère : « Nous sommes atterrés d?être en présence d?un coureur cycliste qui en l?occurence serait un récidiviste, puisqu?il a déjà eu maille à partir et avec la police et avec le règlement antidopage. Si les accusations sont confirmées, M. Frigo démontrerait qu?il fait partie de cette génération de coureurs qui n?a rien compris, qui n?a rien voulu entendre. Dorénavant, on ne fonctionne plus aujourd?hui dans le sport et en particulier dans le sport cycliste comme avant, et cette génération de coureurs doit s?éclipser au plus vite. »

<B>Pineau: « On ne peut pas lutter »</B>

Beaucoup de coureurs n?avaient pas attendu ce fait divers pour se poser des questions sur les performances inquiétantes de ce peloton incroyablement rapide. Les optimistes évoquent le vent favorable, d?autres pensent à la qualité du revêtement sur les chaussées et louent le travail de la DDE? Quelle farce !

Porteur du maillot jaune l?an passé, Thomas Voeckler ne peut aujourd?hui que regarder la course, en spectateur. 125e à plus d?une heure du maillot jaune, l?ex-champion de France se sent impuissant : « Je me sens bien, en pleine forme, mais ça va trop vite pour moi. Je n?ai pas les jambes pour suivre le rythme. Je ne peux pas peser sur la course. »

Même son de cloche pour son coéquipier Jérôme Pineau (49e à 18?14) qui se félicitait mardi dernier de voir Jens Voigt coincer dans la montée de Courchevel, un signe, de son point de vue, « rassurant pour le vélo ». Mais le coureur de Bouygues Telecom ne cache pas son malaise : « Je suis sûr que je marche mieux que l?an dernier, je grimpe mieux, et à l?arrivée, je suis à douze minutes? Il n?y a rien à faire, on ne peut pas lutter? »

Des propos à peine voilés que Jean-René Bernaudeau, le manager de l?équipe vendéenne, interrogé sur la faillite des coureurs français, confirme à sa manière : « En France, nous faisons tous bien notre travail mais on s?aperçoit que c?est à l?étranger que les champions éclosent. Je n?ai pas d?explication à notre faillite. Chez nous, les structures sont très professionnelles, les coureurs sont en forme. Je n?accepte pas d?entendre que les coureurs français sont moins forts que les autres et, puisque je ne trouve pas une solution, je pense que je vais aller demander des conseils à Bjarne Riis pour qu?il m?explique, moi qui suis là depuis 20 ans, comment il faut faire. Ou bien je vais envoyer des espions pour comprendre? »

Publicité