Publicité

Un package de mesures d?ici la fin du mois

16 juillet 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Nouveau budget ou train de mesures pour relancer l?économie ? Le pays saura ce que mijote Rama Sithanen, le ministre des Finances et de l?Économie, après le discours programme prévu le 29 juillet. En attendant, il devra prendre son mal en patience. Les premiers résultats ne seront pas visibles avant l?année prochaine.

L?incontournable audit de l?économie à chaque fois que le gouvernement change de mains est en général transformé en règlement de compte politique. Cette fois, Rama Sithanen veut nous épargner un débat « stérile » sur ce qui a été et se tourne vers l?avenir.

« La situation est connue. Nous n?allons pas perdre du temps à faire des études ou à conjurer des scénarios. Nous allons prendre des décisions, aussi pénibles soient-elles. Je me suis mis au travail depuis bien avant les élections. J?avais l?avantage de savoir à quel ministère j?étais destiné. Depuis l?annonce des résultats, je suis pratiquement en consultation prébudgétaire ! »

<B>« En état d?urgence économique »

Un nouveau budget risque de coûter en termes de temps. Or, comme Sithanen n?a cessé de le relever, Maurice ne dispose pas de temps. Sa priorité est de booster la croissance au-delà de la barre des 5 %. L?option la plus rapide serait de proposer des mesures applicables rapidement. La question qui se posera alors, c?est comment financer ce package. « Il y a des fonds cachés qu?on peut exploiter. Il y a des trade-off à faire. Nous évaluons nos options », indique le ministre.

À quoi s?attendre ? « La stratégie consistera à freiner la contraction des secteurs traditionnels, instaurer un climat de confiance dans la communauté d?affaires, relancer l?investissement et la consommation. »

On connaît les revendications des hommes d?affaires. Le textile souhaite un abaissement du fret et du coût des services publics. Le tourisme réclame plus de visibilité pour la destination. Le sucre demande une réforme pour réduire les coûts et les services financiers, un repositionnement. Le consommateur, lui, est en quête d?une amélioration de son pouvoir d?achat grâce à une monnaie stable.

Quel est l?échéancier ? « Il faut oublier ce qui reste de cette année. Elle est déjà perdue. Les premiers résultats devraient être visibles l?an prochain. Une accélération de la croissance entraînera automatiquement une amélioration générale », estime Sithanen.

Afin de faire comprendre pourquoi l?attente risque d?être longue et le changement pénible, il a évoqué l?héritage à partir duquel il doit travailler. Pour ce faire, il emprunte des mots à Paul Bérenger. « Nous sommes en état d?urgence économique. L?économie connaît une crise sans précédent. La situation est dramatique. »

<B>Une politique de terre brûlée</B>

La situation, dit-il, est bien plus dramatique que ne l?entendait Bérenger. Le gouvernement sortant aurait manipulé les chiffres afin de donner l?impression d?une prospérité relative. Il aurait aussi piégé son successeur en pratiquant une politique de terre brûlée. Par exemple, il a eu recours à des financements hors budgets. « Tous les gouvernements y ont recours. Ce que je reproche au régime MMM-MSM, c?est de l?avoir fait à travers un organisme qui ne génère pas de revenus et qui ne pourra pas amortir les dettes, soit la Road Development Authority. »

Sithanen s?en tient à quelques indicateurs clés. L?investissement, en particulier la part attribuée au secteur privé, est en chute libre. L?épargne aussi. En revanche, l?inflation et le chômage sont en hausse. Le déficit de la balance commerciale a presque triplé en cinq ans et celui de la balance des paiements ne fait qu?augmenter. Par contre, les réserves nationales continuent de décroître.

La croissance a été basse ces dernières années. « Honnêtement, je n?ai aucune idée de ce que cela va être cette année. Mais tout indique que les 5,1 % prévus ne seront pas atteints. À mon sens, nous allons clore l?année avec moins de 4 % », avance Sithanen. Il rejoint ainsi l?analyse faite par la Mauritius Commercial Bank qui prédit un taux de 3,8 %.

« Je dis la vérité sur les chiffres. La campagne électorale est derrière nous et la situation ne se prête pas à la démagogie. Ma porte est ouverte à quiconque veut vérifier le bien fondé de mon diagnostic. » Invitation lancée en particulier à Paul Bérenger.

Publicité