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Le secteur privé défend l?économie mixte
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Le secteur privé défend l?économie mixte
A la mi-juillet 1980, Maurice Paturau, coordonnateur du Joint Economic Committee, convoque la presse et les membres de cet organisme, pour leur présenter le document ?Réflexions sur l?économie mixte?. Il profite de l?occasion pour réitérer le plaidoyer du secteur privé en faveur de l?économie mixte et de la libre entreprise. Il soutient que les problèmes économiques de l?époque peuvent être solutionnés pour peu qu?on veuille chercher une solution globale et non pas essayer de les résoudre un par un. Il rappelle la nécessité d?une politique d?austérité et de son respect. Il faut aussi créer 10 000 nouveaux emplois par an, grâce à une croissance annuelle supérieure à 5 %. Le secteur privé ne s?oppose pas au principe de nationalisation mais tient à rappeler certains conseils de prudence à cet égard. Le message à faire passer est le suivant : les solutions à la situation difficile prévalant sont à notre portée mais les difficultés sont réelles et l?austérité est nécessaire.
Le document du JEC se veut non polémique. Il est rédigé dans un style simple pour être accessible au plus grand nombre. Le public ciblé est le jeune cadre, le fonctionnaire, l?étudiant universitaire ou des classes terminales. Les différents chapitres concernent la situation économique internationale et son influence sur l?économie mauricienne, l?objectif à viser, les structures à mettre en place, la nécessité d?augmenter le PIB par habitant, la création de nouveaux emplois productifs. Le JEC commente aussi les manifestes électoraux des partis, ce qui permet de situer le niveau supérieur du débat politique de l?époque et l?interactivité classe politique secteur privé par rapport au manque de réflexion et de dialogue qui prévaut aujourd?hui.
Le JEC étudie aussi les différentes formules d?économie mixte sur le plan mondial afin d?améliorer le système en vigueur à Maurice. Il veut combattre la perception erronée que le secteur privé est là simplement pour gagner le plus d?argent possible. Si le P.I.B. per capita n?augmente pas d?au moins 5 % par an, si on ne crée pas 10 000 nouveaux emplois par an, dont 7 000 dans la zone franche, si les exportations n?augmentent pas par au moins Rs 150 millions par an, il ne sera pas possible d?assurer le développement nécessaire à la paix sociale.
Le secteur privé ne veut pas d?une politique systématique de nationalisation. Il ne veut pas de la nationalisation pour la nationalisation. Il ne dit pas non à une prise de contrôle de l?État d?un secteur ou d?une entreprise quand cela se révèle nécessaire et judicieux. Le secteur privé se réjouit de l?existence à Maurice de la liberté d?expression qui lui permet de faire connaître son point de vue, bien qu?il ne prétende pas détenir la solution à tous les problèmes de l?heure. La vie est un perpétuel changement et il faut sans cesse revoir ses options.
Le secteur privé se défend vouloir se calfeutrer dans sa tour d?ivoire. Il privilégie les rencontres et le dialogue. Il veut adopter une attitude constructive et non pas une position de repli défensif. Il rappelle les pronostics sombres et pessimistes du FMI concernant Maurice ainsi que les autres pays en développement n?exportant pas des produits pétroliers. Il y aurait danger à ne pas en tenir compte. Chaque Mauricien doit être conscient de la gravité de la crise économique. Il faudra au moins trois ans d?austérité rigoureuse pour renverser la vapeur.
Le plus important, aux yeux du JEC, est de relancer la zone franche manufacturière. Il salue à ce titre les mesures prises par le gouvernement pour offrir de nouvelles incitations aux investisseurs potentiels. Il faut cependant renforcer la promotion industrielle à l?étranger en l?étayant de dépliants promotionnels attrayants et professionnels. Les concurrents ne manquent pas sur le marché mondial et ils ne restent pas les bras croisés.
Le JEC termine en insistant sur la nécessité de mettre en place de nouvelles normes de comptabilité plus conformes à celles en vigueur à l?étranger. Il ne minimise pas la gravité de la crise énergétique et s?intéresse aux études et recherches entreprises par l?industrie sucrière pour développer son potentiel énergétique. Les usines sucrières peuvent produire près de 300 m de kW par an alors que le CEB en produit 350 m. Cela suppose de très gros investissements. Hawaï et la Réunion s?organisent dans cette voie. Maurice a intérêt à suivre leur exemple.
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