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Les femmes peinent à créer leurs entreprises

14 juillet 2005, 00:00

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A La Réunion, peu de femmes sont créatrices d’entreprises. En 1998, l’île comptait 26,4 % de femmes et 60 % d’hommes créateurs d’entreprises. En 2002, ce pourcentage pour les femmes est passé à 25,50 % et celui des hommes à 74, 5 %. Le nombre de création d’entreprises en 2003 s’élevait à 4 915, (1 229 créées par les femmes et 3 686 par des hommes). Or, souligne Frédérique Lebon, présidente de la délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité “les femmes constituent un véritable vivier pour le développement économique”. Elles sont par ailleurs plus diplômées. Elles sont 29 % à détenir un diplôme supérieur au bac, contre 22 % d’hommes.

Suite à une enquête constituée d’interviews de femmes entrepreneurs et de statistiques, la délégation régionale des droits de la femme constate que les créations d’entreprises par les femmes se répartissent comme suit : éducation, santé et action sociale : 38, 9 % ; commerce et réparation : 33,6 % ; services aux particuliers : 28, 8 % ; industrie : 25, 5 % ; services aux entreprises : 24, 2 % ; activités immobilières : 23, 1 % ; industrie agroalimentaire : 15, 4 % ; transport : 9,1 % ; et construction : 8,4 %.

Frédérique Lebon ajoute : “l’on constate une faible diversité au niveau des projets”. Ces derniers ont surtout trait aux commerces de proximité, aux services aux personnes et aux activités artisanales et culturelles. “Au niveau du modèle de management, ajoute-t-elle, on remarque que celui-ci s’opère selon un mode plus coopératif que compétitif”.

L’entreprenariat féminin évolue peu, sans doute en raison des obstacles rencontrés à deux niveaux. Les premiers obstacles sont les mêmes que ceux rencontrés par tout entrepreneur : la difficile mobilisation de moyens financiers ; la diversité des aides et des acteurs ; les lourdeurs administratives ; et les besoins en suivi post-création.

Les autres obstacles plus spécifiquement rencontrés par les femmes sont : les responsabilités familiales et domestiques non ou peu partagées ; le manque de structures pour garder les enfants ; une culture d’entreprise moins forte due à une expérience moindre du monde du travail ; un taux de chômage et un taux d’inactivité plus élevés ; un accès limité aux réseaux et aux sphères de décision. A ces facteurs se rajoutent des stéréotypes à la fois masculins et féminins et une perception dépassée du travail des femmes, limitant leur accès à certains métiers. Les femmes sont aussi peu sûres d’elles et ont l’impression de manquer de crédibilité et d’assurance face à un professionnel.

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