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Les squatters ont une semaine pour vider les lieux

13 juillet 2005, 20:00

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Les squatters des maisons de la National Housing Development Company (NHDC) ont jusqu?au mercredi 20 juillet pour évacuer les lieux. Le ministre du logement et des Terres, Asraf Dullul, a pris cette décision à l?issue d?une rencontre avec les représentants des groupes de squatters. Le ministère fait cependant ressortir dans un communiqué que, passé cette date, ?la loi sera appliquée dans toute sa rigueur? .

Dans la soirée du 26 juin dernier, des familles entières, munies de matelas et de bougies, ont forcé les portes et fenêtres de 148 maisons de la NHDC à Camp-Levieux encore dépourvues d?électricité et d?eau. Cette occupation illégale donne lieu, dans les jours suivants, à des mouvements similaires à Terre-Rouge, Cité-la-Cure, Chebel et Pointe-aux-Sables.

Ces familles expliquent qu?elles n?ont pas les moyens de payer le dépôt nécessaire à l?acquisition d?une de ces maisons destinées justement aux familles à faibles revenus. Par ailleurs, des familles, qui devaient recevoir les clés de leur nouvelle maison, ont eu la mauvaise surprise de constater que celle-ci était déjà occupée. Les choses sont rentrées dans l?ordre après que des officiers de la NHDC soient intervenus.

Les squatters, souligne le ministère, reconnaissent avoir occupé illégalement les appartements de la NHDC et ont accepté d?évacuer les lieux sans réserve et de remplir des formalités d?enregistrement. Devant ?l?amélioration? de la situation, la NHDC mettra à la disposition des squatters, des facilités dans les différentes régions pour qu?ils puissent se faire inscrire.

L?éventualité de devoir quitter les maisons de la NHDC ne fait toutefois pas l?unanimité. ?Mo na pa pou kit sa lakaz la tan ki gouvernman na pas donn moi enn lendroi kot mo pou kapav reste?, lance Marilyne, d?une voix grave.

Mariée et mère de quatre enfants, cette habitante de Karo Kalyptis, âgée de 29 ans, a élu domicile à Camp La Boue, Terre-Rouge. ?Nu bien kone ki se ki nou finn fer na pa bien, me nou pa ti ena soi?, ajoute Antoine, un maçon.

La situation à Cité-la-Cure est similaire. Si la majorité des occupants illégaux veut coopérer avec les autorités, quelques irréductibles affirment qu?ils ne partiront pas.

Cette attitude, précisent-ils, n?est pas un défi lancé aux autorités mais le signe d?une détresse réelle. ?Avan nou vinn ici, nou tou ti pe viv kot enn fami. Li bien difisil aster la pou nou real kot li?, explique Marie, divorcée et mère de cinq enfants.

Eviter à tout prix une confrontation

Les représentants des squatters dans les diverses régions disposent de quelques jours encore pour tenter de raisonner les leurs afin d?éviter toute confrontation inutile avec les autorités et les forces de l?ordre.

Dans ce contexte, l?évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, a lancé, hier, un appel aux autorités et aux Mauriciens en général. Dans une lettre, il souligne que ?l?occupation illégale des maisons de la NHDC par des squatters crée un climat social tendu qui peut dégénérer?.

Mgr Piat estime néanmoins qu?il est ?urgent de faire un tri? (?) entre les ?profiteurs? et ?les personnes qui vivent une détresse réelle.? Il dit ?comprendre que le gouvernement veuille faire preuve de fermeté dans sa responsabilité de faire respecter la loi.?

Cependant, ajoute-t-il, ?on reconnaît la vraie fermeté non pas à la pression exercée par un comportement musclé, voire brutal, mais aux moyens qu?on prend pour faire le tri entre les pauvres et les manipulateurs des pauvres, ainsi qu?à la ferme volonté de comprendre la détresse qui se cache derrière certaines occupations illégales?.

L?évêque de Port-Louis conclut en exprimant son assurance que?cette ferme volonté de comprendre débouchera sur des solutions appropriées qui, tout en respectant la loi, soulagent la détresse?.

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