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Le Galibier, mythe des géants
Le Tour de France cycliste franchit aujourd?hui le Galibier, point culminant de la course à 2.645 mètres. Col mythique de la Grande Boucle, il fut escaladé pour la première fois en 1911, par une route différente de l?actuel tracé, et le Français Emile Georget fut le premier à basculer dans la descente.
Les plus grands coureurs de ces dernières décennies ont contribué à écrire sa légende. Souvenirs:
■ <B> Cyrille Guimard, 1972 </B>
?Cette année là, j?avais franchi le sommet avec un groupe où se trouvait notamment Eddy Merckx. J?espérais pouvoir remporter l?étape à Valloire, mais j?ai crevé dans la descente. J?ai fait une descente vertigineuse et j?ai réussi à revenir dans le groupe. Mais quand je suis rentré, Merckx et Zoetemelk avaient pris une centaine de mètres d?avance. Merckx a gagné l?étape. Je regrette de n?avoir pas pu disputer le final, parce que le lendemain et le surlendemain, j?ai gagné deux étapes de suite à Aix-les-Bains et Mont Revard.?
■ <B> Raymond Poulidor, 1974</B>
?J?ai perdu le Tour 74 dans ce col. J?avais pourtant lâché Merckx l?avant-veille, et nous avions eu une journée de repos la veille. Et je ne sais pas pourquoi, j?ai eu une terrible défaillance dans le Galibier, je les ai vu partir et je n?ai pas pu suivre. Lopez-Carril a gagné l?étape à Serre-Chevalier, et j?ai perdu 7 minutes ce jour-là. J?ai finalement terminé deuxième du Tour?.
■ <B> Bernard Hinault, 1986</B>
?Le Galibier, pour moi, c?est l?étape fameuse que nous avons gagné ensemble avec Greg Lemond, et cette arrivée main dans la main à l?Alpe d?Huez. C?est dans la descente du Galibier que nous avons commencé à construire la victoire. Nous étions passés au sommet avec Bauer, Ruiz Cabestany et surtout Zimmermann, qui était notre principal adversaire. C?est dans la descente que nous l?avons lâché avec Greg. Ensuite, dans la vallée, Greg voulait qu?on roule à fond pour le distancer. J?ai dit ?attend, laisse le revenir à 30 secondes, se fatiguer, et après on y va?. C?est ce que nous avons fait, et le soir il était à 5 min 15 sec de nous à l?Alpe d?Huez. Ca prouve que la différence peut se faire partout, même en descente, c?est ça la magie de la course.?
■ <B> Richard Virenque, 1999</B>
?C?était le 13 juillet, dans des conditions climatiques difficiles. Dans la montée du Galibier, j?ai attaqué Armstrong. Arrieta était déjà loin devant, mais je suis parti à sa poursuite avec Escartin. On a basculé au sommet dans la pluie et le froid, j?avais oublié mon coupe-vent et je suis arrivé en bas mort de froid et de fringale. D?ailleurs Armstrong nous a repris et ensuite il a gagné l?étape, à Sestrière. J?avais fini cinquième. Cela dit, l?étape du Galibier ne fera peut-être pas de gros écarts à l?arrivée cette année, parce qu?après le sommet, il y a quasiment 40 km de descente jusqu?à Briançon, ce qui permet aux coureurs lâchés dans l?ascension de revenir sur l?avant?.
■ <B> Laurent Jalabert, 2002</B>
?Dans le sens que le Tour emprunte cette année, le Galibier est un col terrible. Je n?ai que le souvenir d?une souffrance interminable, d?un col trop long et trop haut pour moi. Dans l?autre sens, en revanche, j?ai un bon souvenir : c?était en 2002, j?étais encore à la lutte avec Richard Virenque pour le classement du meilleur grimpeur, et j?ai réussi à passer au sommet du Galibier en deuxième position derrière Botero. C?est à partir de là que Richard a un peu rendu les armes.?
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