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Guerre des nerfs entre Ramgoolam et SAJ
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Guerre des nerfs entre Ramgoolam et SAJ
Ils se téléphonent régulièrement. Il semblerait même qu?ils se tutoient. Mais sir Anerood Jugnauth, président de la République et Navin Ramgoolam, Premier ministre, semblent engagés dans une sorte de partie d?échecs. Le président n?aurait pas l?intention de quitter ses fonctions avant la fin de son mandat, en septembre 2008. Le Premier ministre souhaiterait qu?il parte.
La cérémonie de prestation de serment de jeudi, en public, a démontré la controverse. Le président s?est fait copieusement insulté par des partisans travaillistes peu respectueux. «Le coup était bien préparé. En faisant venir sir Anerood Jugnauth à la place d?Armes pour l?investiture, Navin Ramgoolam savait pertinemment bien comment ses partisans allaient réagir», s?insurge un responsable du Mouvement socialiste militant (MSM).
Certains éléments du différend sont moins connus. Navin Ramgoolam aurait d?abord eu l?intention d?organiser la cérémonie à Clarisse House, résidence officielle du Premier ministre. Sir Anerood Jugnauth aurait refusé. Il aurait préféré Le Réduit, perspective rejetée par Navin Ramgoolam qui opte pour une cérémonie en public.
Sir Anerood Jugnauth aurait accepté d?aller à la place d?Armes parce qu?«il respecte les institutions et n?a pas voulu s?engager dans une polémique», confie un proche. On aurait pourtant tenté de le dissuader. L?hostilité des partisans de l?Alliance sociale a soulevé l?indignation de la nation, y compris celle de certains sur les bancs de la majorité. «J?ai été déçu du comportement de certains de nos agents. Ce n?est pas digne», s?insurge un ministre fraîchement élu.
Le premier signe d?un différend entre les deux hommes remonte au lendemain de la proclamation des résultats des élections générales. Navin Ramgoolam aurait invoqué sa présence à un pooja (prière) pour expliquer qu?il ne pouvait prendre livraison de sa lettre de nomination, malgré une confirmation téléphonique préalable avec la Présidence. Le Réduit n?a eu d?autre alternative que d?envoyer un émissaire livrer le document.
Cependant, malgré ces «incidents», la Présidence insiste que les deux hommes entretiennent des «relations civilisées et cordiales». Reste à savoir jusqu?où ils iront. Certains soutiennent que « ce n?est pas dans l?esprit du président de démissionner». Un homme influent du MSM affirme lui : «Si j?étais à sa place, c?est sûr que je resterai». C?est d?ailleurs ce qui a été conseillé à sir Anerood Jugnauth.
La révocation du président est-elle possible ? La Constitution la prévoit si celui-ci a «violé la Constitution ou a causé un autre acte d?inconduite grave». Ou encore s?il souffre d?incapacité mentale ou physique, l?empêchant d?exercer ses fonctions. Autre option : une motion présentée par le Premier ministre à l?Assemblée nationale, et soutenue soit par la majorité des députés dans certains cas, soit par deux tiers de la Chambre dans d?autres.
La marge de manoeuvre est limitée. Navin Ramgoolam aura-t-il recours à l?arsenal procédural ? Qu?en pensera alors l?opinion publique ?
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