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Trouver la mesure

9 juillet 2005, 00:00

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Un camp nage dans l?euphorie. L?autre se dandine entre l?amertume et la colère. C?est le moment de prendre son temps. Pour retrouver la sérénité du pouvoir d?un nouveau gouvernement. Pour prendre ses marques dans l?opposition parlementaire et extra-parlementaire du côté des vaincus. Mais la question centrale est de savoir si l?Ile Maurice est véritablement sortie grandie de cette épreuve électorale et post-électorale. Chacun apportera la réponse qui lui convient. Quand les faits sont relatifs et peuvent être interprétés selon l?angle d?où on les analyse, c?est qu?on est encore dans l?émotion, dans l?irrationnel. Pourtant, il faudra la mettre de côté rapidement parce que le temps des audits également a sonné.

Pour chaque nouveau gouvernement, c?est un exercice empirique incontournable : faire un état des lieux des finances. L?Alliance sociale prendra le temps qu?elle juge nécessaire pour le réaliser. Par contre, du côté de l?opposition, tout en n?étant pas soumise à des échéances et des attentes contraignantes, elle devra faire la preuve d?une nouvelle maturité. Il ne servira à rien de se livrer à des culbutes rhétoriques dans le seul but d?atténuer l?ampleur de la défaite. L?incapacité d?une autocritique durant la campagne, qui aurait immanquablement conduit à une redéfinition de sa stratégie électorale, n?autorise plus aujourd?hui l?alliance MSM-MMM à une complaisance dans l?analyse des causes de sa défaite.

Dans ce jeu politique qui se met en place, c?est aussi le temps de la réconciliation pour l?ensemble des électeurs, pour toute une nation. Un choix a été fait dans le respect des pratiques démocratiques et c?est à la population entière de l?assumer. Au-delà des attentes des uns et de la frustration des autres, le temps est à nouveau au travail, à la discipline, à la rigueur et au sacrifice. C?est le cas après chaque élection. C?est le cas à tous les moments de la vie d?une nation qui a de grandes ambitions. D?ailleurs le vote du3 juillet traduit aussi cette urgence d?un dessein national auquel aspirent les électeurs.

Restent les hommes qui revendiquent un destin national. De Navin Ramgoolam à Paul Bérenger en passant par Pravind Jugnauth, l?histoire a l??il rivé sur eux. C?est le temps d?éviter les excès, la griserie du pouvoir qui entraîne automatiquement de l?arrogance ou le désenchantement d?être au sein de l?opposition qui peut provoquer du ressentiment. La recherche du consensus est toujours le meilleur moyen de passer cette étape de transition qu?est un transfert de pouvoir. A chacun donc d?envoyer les signaux qui conviennent à la population, au monde des affaires et aux regards critiques étrangers. C?est la meilleure façon de démontrer sa maturité. Le cycle d?alternance dans lequel nous nous trouvons est d?ailleurs un argument suffisamment fort pour que les uns et les autres évitent le piège de la suffisance. Parce qu?il faut respecter la dignité de l?homme, surtout s?il est dans le camp des vaincus.

Dans ce camp des vaincus se trouve un homme qui mérite, quelles que soient les circonstances, le respect de ceux engagés dans la contingence de la vie politique. Cet homme a déjà su se montrer digne dans la défaite. L?humilier ne donne aujourd?hui du plaisir qu?à ceux qui sont primairement partisans, encouragés en cela par des dirigeants qui ont des vues à court terme. Le long terme est un objectif plus approprié pour des hommes ambitieux.

Il faudrait vite se reprendre avant de risquer de se méprendre totalement d?objectifs.

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