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Quand les collégiennes du QEC font du bénévolat

3 juillet 2005, 00:00

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L’école, ce n’est pas seulement des bonnes notes. C’est aussi se développer sur le plan personnel grâce aux activités extra-scolaires. Les élèves du collège Queen Eliza-beth l’ont compris. Avec le concours de l’administration du collège, elles ont créé une Benevolent Society, qui compte 80 membres et un comité exécutif. Leur objectif est de s’occuper des enfants et des adolescents dans des foyers, de leur apporter un soutien scolaire, et surtout de mettre des couleurs dans leur vie. Par cette action, le club veut sensibiliser les élèves à cette autre réalité de la vie : celle de ces enfants qui n’ont pas eu les mêmes chances qu’elles.

<B>Qu’est-ce qui a contribué à la popularité de la « Benevolent Society » ?</B>

■ Veenela : Grâce au club, nous voulons aider ces enfants qui vivent en marge de la société et qui sont démunis. C’est une façon pour les élèves du QEC de pénétrer dans ce monde inconnu et de s’intéresser aux misères des autres.

■ Tazmeen : Le club est bien structuré, avec des réunions régulières présidées par Mme Duval. Il a été créé pour sensibiliser les élèves du collège aux réalités de la vie.

■ Hansha : J’ai été emballée par l’idée d’apporter mon soutien à ceux qui n’ont pas eu la même chance que moi. Et je dois dire que Mme Duval, le chef de département de Computer Studies, nous motive énormément.

<B>Quels sont les foyers que vous avez visités et quelles sont les activités que vous organisez ?</B>

■ Tazmeen : Jusqu’ici nous avons visité le SOS Village de Beau-Bassin, le foyer Mgr Leen, le Cedem et le Probation Home de Curepipe. Nous aidons les enfants sur le plan scolaire, mais nous organisons également des jeux, des activités physiques et des sorties. Il y a aussi des séminaires résidentiels qui sont organisés pour les membres du club durant lesquels nous réfléchissons aux problèmes sociaux et aux solutions pour y remédier. Nous apprenons comment mieux aider les enfants des foyers.

■ Hansha : Je me rends à SOS Village au moins une fois par semaine où j’aide les élèves qui ont des difficultés scolaires. Il m’arrive aussi de jouer avec les plus petits.

<B>Comment le bénévolat vous aide-t-il en tant que jeune citoyenne ?</B>

■ Hansha : C’est un partage magnifique. C’est avec un réel plaisir que je joue avec eux et que j’apprends à les connaître. Cela me fait réaliser aussi la chance

que j’ai d’avoir une famille. Et je me dis que je ne vais plus jamais me mettre en colère contre mes parents (rires)! En tant que jeune citoyenne, je suis devenue plus tolérante envers les autres, et davantage patiente et responsable.

■ Veenela : Nous leur apportons des connaissances, mais aussi notre présence et notre attention. Nous essayons de rendre leur vie plus joyeuse, plus belle. Le fait de les côtoyer nous fait prendre conscience de leurs souffrances et des difficultés auxquelles ils font face. En donnant de notre temps aux autres, nous apprenons à devenir plus responsables et plus tolérants.

■ Tazmeen : Nous voulons mettre des couleurs dans leur vie et nous les encourageons à s’ouvrir à nous. Je m’estime vraiment chanceuse de pouvoir venir en aide à ces enfants car j’apprends énormément d’eux. Grâce au bénévolat, nous apprenons à aimer et à aider les autres sans aucune distinction de race, de couleur ou de religion. Le plus important, c’est qu’on apprend à être tolérant.

<B>Est-ce difficile de concilier les études et les activités extra-scolaires ?</B>

■ Veenela : On trouve toujours du temps si on veut faire quelque chose de bien. Pour certains, les études sont une excuse pour ne pas participer aux activités extra-scolaires.

■ Hansha : Certes cela peut paraître difficile de concilier les deux, mais il faut savoir gérer son temps. Le bénévolat me plaît beaucoup, et je m’efforce de trouver du temps. Il s’agit d’aimer ce qu’on fait et j’aime être en contact avec les enfants car ils m’apportent du bonheur. Je mets là en pratique une des valeurs inculquées mes parents : toujours aider son prochain.

■ Tazmeen : Une fois qu’on accepte de faire quelque chose avec le cœur, on trouve tou-jours le moyen pour être dans le juste milieu.

<B>Rencontrez-vous parfois des difficultés avec les enfants ?</B>

■ Hansha : Au début, certains étaient méfiants, d’autres pas très réceptifs. Mais après deux ou trois visites, la situation est devenue moins tendue et plus décontractée. Aujourd’hui, je me sens plus proche d’eux et je m’efforce d’aller à leur rythme.

■ Tazmeen : En général, ça se passe bien, vu que je travaillais déjà avec des jeunes d’autres foyers. Mais parfois, il est difficile de contrôler certains enfants hyperactifs. Donc, il me faut vraiment faire preuve de patience. Mais une fois qu’on a reconnu leur valeur et qu’on a appris à les respecter, ils vous acceptent et c’est alors magnifique.

■ Veenela : Je n’ai pas vraiment rencontré de difficultés, mais il n’est pas toujours facile de les comprendre, car ils ont une vie différente de la nôtre. Dans l’ensemble, ça se passe bien.

<B>Aviez-vous des appréhensions avant de vous rendre dans un foyer pour la première fois ? Quelles sont vos meilleures expériences ?</B>

■ Hansha : Chaque moment passé avec un enfant est une expérience formidable. Ils sont si affectueux qu’on ne peut pas s’empêcher de s’attacher à eux. J’avais un trac fou en me rendant pour la première fois dans un foyer. Des questions me hantaient : allais-je être à la hauteur ? Les enfants allaient-ils m’apprécier ?

À part les hésitations du début, tout s’est mis en place. Grâce à eux, j’ai grandi, mûri et pour cela, je les remercie énormément.

■ Veenela : Je vis des moments formidables avec les enfants. Chaque jour est une expérience mémorable. J’avais peur au début, tout comme Hansha, mais j’ai été accueilli chaleureusement toutes mes appréhensions se sont envolées. Ces enfants tiennent une place importante dans mon cœur.

■ Tazmeen : Comme je tenais tellement à faire du bénévolat, j’ai surmonté sans difficulté mes appréhensions ; ma décision était prise et j’étais super motivée. Ces enfants et ados comptent beaucoup pour moi. Je ne peux m’empêcher de penser à eux si j’ai manqué une visite, car ils attendent impatiemment que nous venions les voir.

<B>Quelles sont vos ambitions pour le club ? Quelles étaient tout d’abord vos motivations pour y entrer ?</B>

■ Hansha : Je souhaite qu’il y ait une participation plus active des membres, et que d’autres filles y adhè-rent. Je n’étais pas vraiment emballée au début : je n’étais motivée que par des points en plus pour mon certificat de moralité à la fin du cycle scolaire, mais une fois entrée au club, tout a changé.

Ma perception des choses n’est plus la même. J’ai reçu énormément de ces enfants. It is in giving that we receive.

■ Tazmeen : J’aime beaucoup aider les autres et je fais du bénévolat depuis quelques années déjà. C’est la raison qui m’a poussée à devenir membre du club. Nous avons déjà une base de données informatiques et je pense que la prochaine étape sera d’avoir notre site Web. Nous pourrions également organiser des activités en collaboration avec d’autres ONG et recueillir des fonds au niveau national pour pouvoir venir en aide aux enfants en difficulté scolaire.

<B> Propos recueillis par Arielle, 16 ans, responsable du Shelter Shalom, Albion, dans la Benevolent Society.</B>

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