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Les Chagos appartiennent aux Anglais, dit le PTr

29 juin 2005, 00:00

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A la fin de juin 1980, les Mauriciens apprennent avec stupéfaction que des dirigeants travaillistes, aussi influents que Sir Seewoosagur Ramgoolam et Sir Harold Walter, déclarent que les Chagos, y compris la base nucléaire de Diego Garcia, appartiennent, non pas à la population mauricienne, mais bel et bien au Royaume-Uni de sa Glorieuse Majesté britannique, la reine Elizabeth II. Elle a déjà été profondément choquée en prenant connaissance d?un projet d?amendement constitutionnel visant à ajouter seulement Tromelin dans la liste des îles lointaines faisant partie du territoire mauricien. Elle a été encore plus sidérée en apprenant qu?un amendement, proposé par le chef de l?opposition, Anerood Jugnauth du MMM, a été déclaré irrecevable par le speaker adjoint, Robert Rey. Cet amendement à la motion d?amendement constitutionnel du ministre PMSD de la Justice, Paul Cheong Long, vise à ajouter les Chagos, Diego Garcia compris, à Tromelin dans la liste des îles faisant partie du territoire mauricien. Cette décision de la présidence de l?Assemblée législative provoque le ?walk-out? du MMM.

Avant de prendre l?avion pour Londres, SSR essaye timidement de retrouver un semblant d?agressivité en déclarant : ?Les Chagos appartiennent aux Anglais mais je les revendique.? Don Quichotte devant un moulin à vent n?aurait pas été plus grand-guignolesque.

La presse prête l?intention au MMM de réclamer au gouvernement travailliste de déposer sur la table de l?Assemblée législative les documents relatifs à l?excision colonialiste des Chagos du territoire mauricien pour former le ?British Indian Ocean Territory? (BIOT), avec quelques îles, rendues depuis à la population seychelloise. Il compte aussi soumettre ce dossier plutôt épineux aux instances internationales appropriées.

La presse fait ressortir que c?est une des toutes premières fois que des parlementaires, de bords politiques opposés, se rassemblent pourtant pour former un front commun afin de réclamer la rétrocession des Chagos à la population mauricienne. Des ministres osent signer une pétition pour demander au Premier ministre de tenter quelque chose auprès des autorités britanniques afin que cette rétrocession puisse se faire au plus vite et de la façon la plus harmonieuse.

Le tollé, soulevé par l?attitude pro-colonialiste de plusieurs Senior Ministers travaillistes, indique bien combien la question chagossienne est devenue un des points les plus importants du débat politique à Maurice. A cette question, s?ajoute une autre, tombée depuis en désuétude. Il s?agit de la démilitarisation, sinon de la dénucléarisation, de l?océan Indien. Au MMM se joignent, bien sûr, le PSM d?Harish Boodhoo et l?aile Jagatsingh-James Burty David du Parti travailliste à laquelle se rallient les ministres Peeroo, Ramchurn, R. Ghurburrun, Saccaram et Seetaram.

Ce nouveau chapitre, en date de juin 1980, dans l?histoire de la revendication de l?archipel chagossien volé aux Mauriciens par les colonialistes anglais, s?ouvre avec l?annonce par le ministre de l?Information, M. Suresh Moorba, que le gouvernement compte inclure Tromelin dans la liste des îles lointaines faisant partie du territoire mauricien. Pour ce faire les ?Interpretation and General Clauses Ordinances? de 1974 doivent être amendées. Le ministre de la Justice présente subséquemment un projet de loi à cet effet. La procédure est relativement simple. Il s?agit d?enlever un point après la mention de l?archipel Cargados Carajos (Saint-Brandon) dans la loi de 1974 et d?y ajouter celle de Tromelin. Le MMM et le PSM font savoir qu?ils sont favorables à cet amendement constitutionnel. Tout a l?air de marcher comme sur des roulettes. A l?heure du débat parlementaire, le MMM prend le gouvernement PTr-PMSD à contre-pied en présentant un contre-amendement pour que la mention des Chagos accompagne celle de Tromelin dans l?amendement constitutionnel prévu. Devant l?étonnement de l?état-major gouvernemental, Paul Bérenger fait appel au patriotisme du Parti travailliste et souligne le caractère non partisan de la démarche militante.

James Burty David vient à la rescousse du secrétaire général du MMM, en faisant circuler une pétition parmi les députés de la majorité gouvernementale, invitant Seewoosagur Ramgoolam à souscrire à la démarche du MMM. Quinze signatures sont ainsi recueillies dont celles de sept ministres.

SSR s?inquiète de la tournure des choses. Il réunit ses parlementaires à son bureau. On lui reproche son laxisme pro-britannique à ce sujet. Walter vole à son secours et souligne la parfaite légalité du ?Order in Council? décrétant l?excision des Chagos. SSR parle du consentement mauricien donné à cette époque. Devant l?intransigeance de ses troupes, il promet de reprendre la question avec ? l?intransigeante Margaret Thatcher, la Dame de Fer faisant alors office de Premier ministre du Royaume-Uni. Il insiste sur la solidarité collective de son gouvernement et de sa majorité parlementaire. C?est alors que l?adjoint au speaker, Robert Rey, vole à son secours en décrétant illégal le contre-amendement du MMM en faveur de la rétrocession des Chagos à la population mauricienne.

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