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IBM embaucherait 14 000 personnes en Inde

29 juin 2005, 00:00

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Il y a à peine deux mois, IBM annonçait son intention de supprimer entre 10 000 et 13 000 emplois sur un total de près de 319 000 salariés dans 170 pays, soit de 3 % à 4 % des effectifs mondiaux. Principales activités visées : les services informatiques aux états-Unis et en Europe, dont les performances sont jugées médiocres. économies espérées : de 300 millions à 500 millions de dollars pour ?Big Blue? (le surnom d?IBM), qui réalise plus de 1 milliard de dollars de bénéfices par trimestre.

Selon un document interne publié sur le site du syndicat américain Wash Tech, c?est à peu près le même nombre de personnes que le numéro un mondial de l?informatique envisagerait d?embaucher en 2005 en Inde. Le syndicat, affilié à l?AFL-CIO et établi à Seattle pour défendre les salariés de la haute technologie américaine, révèle le chiffre de 14 000 embauches. Le document interne qu?il s?est procuré montre une rapide augmentation des effectifs d?IBM en Inde : 6 070 salariés en 2002, 24 150 en 2004, et jusqu?à 38 196 en 2005.

Toujours selon ce document, l?Inde représenterait ?un moteur de croissance? pour IBM. Il évoque à ce titre l?acquisition de la société indienne DaksheServices, spécialiste de l?infogérance rachetée par IBM en 2004 pour 170 millions de dollars.

La direction d?IBM aux états-Unis n?a pas confirmé l?existence de ce document. Interrogé par l?Agence France Presse (AFP), un porte-parole américain a cependant mis en avant le fait que l?Inde, comme la Chine et le Brésil, étaient des marchés de forte croissance pour IBM et que le géant de l?informatique y embauchait ?afin de soutenir notre croissance locale sur ces marchés?. Il a ajouté qu?en Inde, IBM enregistrait ?une croissance à deux chiffres depuis cinq ans? , et, qu?en 2004, le chiffre d?affaires y avait bondi de 45 %. ? Nous avons 16 sites d?activité en Inde, et nous venons d?ouvrir un nouveau site à Hyderabad?, une des principales plates-formes de l?infogérance en Inde, précisait le porte-parole.

<B>Une politique de délocalisations d?emplois</B>

La direction d?IBM France, basée à La Défense, ne réagissait pas non plus officiellement. La France est pourtant particulièrement touchée par les suppressions d?emplois annoncées en mai : 769 postes vont y être supprimés (sur 12 000), principalement dans les activités de services. IBM France risque en outre de perdre son rôle de tête de pont d?IBM en Europe.

De fait, le siège social d?IBM Europe va être réorganisé, avec deux ?centres de décision opérationnels? , l?un à Madrid, en Espagne, et l?autre à Zurich, en Suisse, ?de façon à être plus proches de nos clients?, précise un porte-parole français d?IBM, qui ajoute : ?La structure européenne sera beaucoup plus légère.?

Pour les syndicats, c?est moins pour développer son chiffre d?affaires que pour baisser ses coûts salariaux qu?IBM pourrait se renforcer en Inde. Alain Gentils, secrétaire du comité central d?entreprise (CCE) et représentant CFE-CGC, semble à peine surpris par les révélations du syndicat Wash Tech. ?Ce n?est hélas que l?aboutissement d?une politique de délocalisations d?emplois qu?IBM a mis en place il y a déjà quelques années, dit-il. On a connu l?Irlande, il y a quatre ans, puis Madrid, et maintenant, c?est l?Inde. Il faudra quand même que l?entreprise reconnaisse un jour les limites de cette politique de recherche de la main-d??uvre, le meilleur marché possible, notamment pour ses clients.?

Pour IBM, dont la moitié du chiffre d?affaires provient aujourd?hui de la vente de services, le coût de revient d?un ingénieur devient en effet une variable essentielle. Un ingénieur américain coûterait 75 000 dollars par an, contre 15 000 pour un indien...

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