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Questions?
<B>Par Nazim ESOOF</B>
Questions pour électeurs avisés. Quelles sont les raisons pour lesquelles on n?a pas eu droit pour les présentes élections aux simulacres de défis que les leaders se lancent d?habitude pour un face-à-face télévisé ? C?est un rituel dont nous avons été dispensés. Certes, il est plus sain d?éviter ces fanfaronnades.
Mais, en même temps, on ne peut s?empêcher d?y voir un accord tacite auquel les dirigeants des partis pourraient être arrivé. Singulièrement. Ni Bérenger, ni Ramgoolam, ni Jugnauth ne se sont risqués à des bravades sur la question. Quelque part, on a raté un épisode. En fin de compte, ce n?est pas si grave d?autant plus qu?il y a désormais de plus en plus de questions qui n?obtiennent pas de réponses. Comme la prochaine.
Connaissez-vous une démocratie au monde où, à la veille d?élections législatives, des leaders politiques refusent d?accorder des interviews à la presse ? La réponse étant évidente, il est plus utile d?analyser ce comportement enfantin. Une interview est une occasion pour un interlocuteur de livrer sa parole et ses idées à travers un jeu contradictoire de questions-réponses.
C?est différent d?une conférence de presse où la parole de l?intervenant est prédéterminée. Où l?exercice de questions est aussi réduit à son expression la plus simple. Généralement à une conférence de presse, les journalistes sont invités à interroger l?intervenant sur les thèmes évoqués lors de son allocution. Par contre, une interview est plus dynamique et l?interviewé accepte de se soumettre au regard critique du journaliste.
En fait, en refusant d?accorder des interviews, c?est vis-à-vis des lecteurs de ces titres de presse que les politiques manifestent leur dédain. Mais chacun a sa conception de la démocratie. Celle des politiques n?est pas la nôtre de toute évidence.
Savez-vous pourquoi la surenchère verbale des politiques peut être dangereuse ? Une réponse, une seule : Pynee Ramasamy. Lorsque les politiques confondent arguments électoraux et propos incitant à la confrontation, ils révèlent une incapacité congénitale à mûrir. Le pouvoir peut aveugler certains. Au point d?encourager les gens à des actions de révolte rien que pour récolter quelques votes.
Savez-vous pourquoi ils ne changent pas, nos politiques ? Simplement parce qu?ils sont incapables d?autocritique. Ils n?ont jamais pu admettre qu?ils peuvent commettre des erreurs. Ils font des promesses. Ils proposent des miracles. Mais, une fois au pouvoir, leur action politique n?a de sens que dans les privilèges qu?ils bénéficient. Ils se battent pour un symbole, le pouvoir.
D?ailleurs, le caractère dynastique de nos partis illustre le mal-être de la politique mauricienne. Un mal-être vraiment profond qui fait que les politiques craignent d?évoquer les grands enjeux de peur que les électeurs ne les comprennent pas !
Savez-vous pourquoi nos politiques sont si accessibles en temps de campagne et si princiers dans leur attitude lorsqu?ils se retrouvent au pouvoir ? C?est parce que des électeurs se montrent excessivement révérencieux à leur égard. Ce sont des héros-stars d?une société en manque de modèles et de repères. C?est ce qui permet à certains d?entre eux de perdurer, malgré les échecs et les rejets, d?éviter le champ fossilisé des dinosaures politiques.
Savez-vous enfin pourquoi les deux principaux blocs n?ont publié leurs manifestes qu?à neuf jours du scrutin ? Ils pensent que les électeurs ne se fondent pas sur ces manifestes électoraux pour faire leur choix. Auraient-ils tort ?
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