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Maya Balgobin n?est plus
Début 70... les lettres françaises, les littératures et humanités passionnaient encore beaucoup de collégiens. Les grands classiques ? Racine, Balzac, Gide ? pour ne citer qu?eux, suscitaient des débats infinis d?autant plus que le spoonfeeding actuel n?était pas une méthode d?enseignement. Je compte moi-même parmi ces élèves qui ont marché dans le sillage de ces ?profs? dynamiques, pleines de vivacité qui méritent d?être rappelées ici : Mme Charoux, Mme Honoré, Mme Soobia et Maya Balgobin. Les unes et les autres savaient créer le climat vivifiant dont les filles du Queen Elizabeth College (QEC) avaient besoin pour s?épanouir.
J?étais en HSC quand Maya Balgobin est venue annoncer qu?elle nous enseignerait La symphonie pastorale d?André Gide. Jeune, plutôt bavarde, sans développer une intimité excessive avec les élèves, elle a su éveiller en nous les premières interrogations sur la moralité, l?éthique et le mensonge. Elle est restée cette enseignante modeste qui ne se prévalait pas de ses grandes idées. En 1977, elle est devenue la headmistress et m?a confié lors d?une interview que le QEC n?avait rien à envier aux écoles qui ont une longue tradition lauréate. En peu de temps, elle était devenue ?the QEC mum?. Sous une dureté de façade elle prenait à c?ur les mille problèmes des filles. Ma collègue Danielle Tranquille, élève du QEC, affirme que sa carrière a pris cette orientation grâce à Balgobin qui avait exigé des profs une re-correction de sa copie de littérature.
Nombreuses sont les professionnelles qui disent d?elle une excellente administratrice mais aussi un brave c?ur. Dans son rôle de headmistress au QEC et au collège Maurice Curé, elle se rattachait à un système de convictions intellectuelles et aussi à un humanitarisme nouveau. Les aspirations de toute élève devaient, pour Maya Balgobin, jouer pleinement leur rôle dans la vision du monde éducatif. Comme ses fonctions la mettaient en rapport direct avec les étudiantes, elles l?avaient surnommée ?Maya l?abeille?. C?est douze ans de sa vie qu?elle a consacrés au QEC et qui s?assimile à un véritable acte de foi religieux.
Rooma Bhima, sa s?ur m?a encore plus touchée en disant que les économies de Maya Balgobin sont destinées aux needy students de nos institutions tertiaires. Elle avait sans cesse nourri comme projet une ?uvre de caractère philanthropique. Le ?trust? de Maya Balgobin, bel exemple d?humanisme ! Avec Bossuet acceptons cette étape de la vie par ces mots : ?Ainsi, comme nous en voyons passer d?autres devant nous, d?autres nous verront passer...?
Shakuntala BOOLELL
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