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Amer
Même si les leaders politiques ont entrepris un marathon effréné à travers le pays, 42 % des électeurs ne sont pas encore arrivés à faire un choix définitif, selon le sondage synthèses-?l?express?. Ce taux élevé d?indécision procède, sans doute, d?une lassitude des citoyens. La rhétorique des politiciens n?enthousiasme pas la population. Or, pour aider l?électeur à se déterminer, il faut recentrer les débats sur des thèmes où les différences sont plus marquées entre les camps. Il y a un sujet au moins, celui de l?avenir du sucre, qui aurait pu atteindre cet objectif. Le gouvernement a son plan de réforme et l?opposition a certainement des propositions à faire.
Le sucre occupe une place importante dans notre économie. La Chambre d?Agriculture estime qu?environ 60 000 familles dépendent directement ou indirectement de l?industrie sucrière. Or, ce secteur est sous la menace d?un cataclysme ? le mot n?est pas trop fort. Cela aurait dû amener les politiciens à en faire un des enjeux de la campagne électorale. Ce n?est pas le cas.
Pourtant, le danger est bien à nos portes. Le 22 juin prochain, un texte législatif sur la réforme sera soumis au Conseil des ministres et au Parlement européens. Ces instances doivent parvenir à une décision finale vers novembre. Le nouveau régime sucrier pourra alors entrer en vigueur dès juillet 2006, a prévenu Jean-Noël Humbert, secrétaire général de la Chambre d?Agriculture. Si cela s?avère, il y a des dizaines de milliers de familles mauriciennes qui seront considérablement appauvries à partir de cette date. N?est-il pas temps que le sucre fasse la substance du débat national ?
Evidemment, les exigences du marketing politique préoccupent beaucoup nos politiciens en cette période. Ils se sentent obligés de déchaîner les passions par des propos véhéments, d?attirer à tout prix des foules pour créer l?illusion d?une grande popularité et de séduire plutôt que de convaincre. Du coup, ils sont incapables de prendre une perspective plus élevée et d?aborder les questions d?avenir.
Les idées de l?alliance MSM-MMM sur la question sont connues. Dans son deuxième plan de réforme pour préparer l?industrie sucrière à absorber le choc, le gouvernement préconise la mise en oeuvre de très grands moyens. En conséquence, un large débat national est requis. La campagne électorale offre une occasion aux deux blocs de démontrer la qualité de leurs équipes respectives à travers leurs propositions. Si le PTr veut se donner l?image d?un parti d?alternance crédible, il devrait aussi indiquer son plan de sauvetage de l?industrie sucrière. Dans un premier temps, l?Etat avait approuvé un plan de retraite volontaire concernant 8 000 employés. Cela a permis à l?industrie d?alléger ses charges et de souffler un peu. Il y a deux semaines, le gouvernement a approuvé un audacieux plan de ?réforme accélérée? visant notamment à développer les sous-produits à valeur ajoutée de la canne et à réduire les coûts de production. Un des points forts de ce plan : le développement d?une industrie de production d?éthanol et la création d?un port dédié aux produits énergétiques dans le Sud.
L?éthanol produit devrait être utilisé comme une composante du carburant pour les véhicules. Dans dix ans, le mélange devrait comprendre 25 % d?éthanol. Avec les biocarburants, et une volonté politique, une nouvelle ère pourrait s?ouvrir pour l?industrie sucrière.
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