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Voir la paille dans l’oeil du voisin…

30 mai 2005, 00:00

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Alors que l’athlétisme des jeunes à Maurice s’essouffle, Khemraj Naiko, le directeur technique du Centre national de formation en athlétisme (CNFA), se permet de faire la leçon à nos voisins réunionnais dans la presse… Allant jusqu’à utiliser le terme “manque de professionnalisme” pour parler de la structure de l’athlétisme réunionnais !

Au lieu d’apporter des solutions aux problèmes qui rongent l’athlétisme mauricien, Khemraj Naiko s’est mué en donneur de leçon à la Réunion, prenant pour exemple le CNFA, une structure fantôme.

En effet, 2005 est une année flagrante de l’échec du CNFA ! Dans la famille de l’athlétisme mauricien, on montre du doigt en permanence cette pseudo structure. Les athlètes qui l’intègrent disparaissent ou régressent. Les statistiques parlent d’elles-mêmes.

Le directeur technique oublie-t-il que le CNFA passe par une crise et qu’il est urgent de revoir cette structure qui s’éloigne de sa philosophie ? Oublie-t-il que les athlètes formés au CNFA et membres de la sélection nationale minimes ne dépassent pas la moitié de l’effectif ?

L’heure n’est pas à la polémique, mais à la sensibilisation. Au lieu de se vanter d’une médiocre victoire face aux Réunionnais par six petits points (NdlR : Maurice auparavant remportait ce match interîles avec une avance qui frôlait les 100 points), des qualités de la politique de formation mauricienne, le moment devrait être à la réflexion pour la construction de l’avenir de l’athlétisme mauricien.

“Notre athlétisme est bien structuré. Nous avons en gros trois niveaux de recrutement (…)”, lâche Khemraj Naiko dans les colonnes du Quotidien de la Réunion. Mais de quel recrutement parle-t-il ? Des championnats nationaux où l’on repère les athlètes et on les intègre au CNFA. Il n’y a pas de politique de recrutement ni de travail de terrain.

L’athlétisme mauricien patauge et le directeur technique du CNFA attend que les athlètes viennent à lui, et la formation dans tout ça ? Qui forme ces athlètes ? Ce sont ces bénévoles qui oeuvrent dans l’anonymat sur le terrain pendant que d’autres récoltent les lauriers. Sinon, pourquoi le président de l’Association mauricienne d’athlétisme amateur (AMAA) estime que la structure du CNFA doit être améliorée ?

Khemraj Naiko pousse le bouchon très loin en déclarant dans le Quotidien de la Réunion : “(…) Nous réfléchissons d’ailleurs à la mise en place d’une nouvelle structure qui s’occupera également d’insertion professionnelle pour ces sportifs (…) Le passage cadet-junior, c’est le moment où nos athlètes passent en général le bac et entrent à l’université.” Est-ce vraiment une réalité mauricienne ?

Stupeur au sein de l’état-major de l’athlétisme mauricien. Il n’a jamais été question de projet au sein de l’athlétisme, faute de fonds. En effet, c’est sous l’impulsion de Michael Glover que le Trust Fund For Excellency in Sports oeuvre pour mettre sur pied un projet aussi ambitieux, très sereinement et modestement surtout.

L’athlétisme des jeunes passe par une crise… Tirer la sonnette d’alarme ne semble point ébranler le directeur technique du CNFA. Alors qu’il s’enferme dans un mutisme total à Maurice, il se permet de fanfaronner à la Réunion parlant du CNFA comme d’une structure exceptionnelle.

Il ne faut pas oublier qu’avant les Buckland Milazar, Casquette et autres Chimier, il y avait les Boda, Lefou, Meyepa, Govinden, Hashan et autres. Mais, se soucie-t-on de savoir ce qu’il y aura après Buckland, Milazar et Chimier ? Dans quelques années, nos locomotives prendront leur retraite sportive, et qu’adviendra-t-il de l’athlétisme mauricien ?

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