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Coincé en attendant les assises

29 mai 2005, 00:00

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Le moins que l?on puisse dire, c?est que Dev Hurnam n?a pas bonne mine. Il est plus de midi jeudi et il entre en trombe dans son bureau à la rue La Poudrière. Il revient d?une rencontre avec le leader du MMM au bâtiment du Trésor, à la suite de la décision du magistrat Anil Kumar Ujoodha de le déférer aux assises pour avoir ordonné à Antoine Chetty de liquider l?inspecteur de police Pravin Ghoora et de couper la main au no. 2 de la Cour suprême, Bernard Sik Yuen, en mars 2001.

Et Dev Hurnam ne sera pas dans la course électorale. Son leader lui avait pourtant réservé une place sous la bannière mauve dans la circonscription no. 5, Pamplemousses-Triolet. Mais tout tombe à l?eau avec l?énoncé de ce verdict.

Peu après, des agents et des porches sont venus soutenir Dev Hurnam. Certains font grise mine, alors que d?autres ont même les larmes aux yeux. C?est un peu comme si ils venaient rendre un dernier hommage à un mort.

En liberté conditionnelle

« Mo desi ruling magistrat », tonne le bouillant avocat à la presse quelques minutes après s?être entretenu avec ses sympathisants et ses hommes de loi. Mais il ne compte pas rester les bras croisés face au verdict de la cour de Port-Louis. Demain, il conviera de nouveau les journalistes pour leur faire part de sa stratégie à venir. Après consultation avec ses hommes de loi, il se tournera vers la cour suprême, pour tenter de rendre caducs les conclusions de l?enquête préliminaire basée sur les révélations de l?ancien bras droit du notaire Vinay Deelchand.

« Ene dimounn koz komplott pou troi zafer. Lakour dir pena evidans pu enn. Kouma kapav ena pou lot. Dokiman monn soumet prouve ki mo pa ti dan pei », déclare Dev Hurnam.

« Mo mett au defi pena okenn jury au monde pu mett sarz kont moi. Se enn kou monte. Mo sagrin mo pa kapav pran par dan enn eleksion dan enn lalians gouvernmental. »

Il condamne également sans réserves Navin Ramgoolam d?avoir insinué que le gouvernement faisait pression sur le judiciaire pour le blanchir. « Il faut une enquête car c?est un contempt of court. »

En attendant de comparaître devant les pairs de Bernard Sik Yuen en cour suprême, Dev Hurnam reste en liberté conditionnelle. Le magistrat s?appuie sur le jugement du Conseil privé quant à sa mise en liberté pour l?accusation actuelle, mais note que faute de ponctuation, il le laisse en liberté. «? Pending the hearing of the said Appeal the Petitioner?s trial in Mauritius any earlier determination of the criminal charges against him or further order of their Lord-ships? order that the Petitioner be admitted to bail? », avaient écrit les Lords. Ce sera au Directeur des poursuites publiques de déterminer si un accusé qui doit être traduit aux assises peut être libre de ses mouvements. La croisade de Dev Hurnam contre le judiciaire ne sera pas enterrée de sitôt.

Arrêté pour avoir fabriqué une fausse déposition dans l?affaire du hold-up de Grand-Bois ? sur lequel enquêtait l?inspecteur Ghoora ? libéré et interpellé en avril 2004, les malheurs de Dev Hurnam ne sont pas près d?être terminés.

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