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Maherchand en prend à perpétuité

29 mai 2005, 00:00

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C?est le récit d?un destin brisé. Etudiant en génie civil à Montré-al, au Canada, le Quatrebornais Yagnish Maherchand, 26 ans, ne reviendra pas en tant qu?ingénieur. L?ancien élève du collège Royal de Curepipe a été condamné mardi à la réclusion à perpétuité par la cour du Québec. En effet, à l?unanimité, le jury l?a reconnu coupable du meurtre au deuxième degré de son ancienne petite amie, Mah Traoré, 23 ans, le 23 octobre 2003.

Étudiante en génie civil comme lui, la Malienne a été découverte morte quatre jours plus tard par son petit ami, dans son appartement situé dans la ville de Sainte-Foy. Elle avait été étranglée.

L?enquête policière s?est aussitôt dirigée vers le Mauricien. Il a été confondu sur les images de surveillance du vidéoclub où la victime avait loué une cassette la veille de sa mort.

Une relation vouée à l?échec

Pour les limiers québécois, il avait tout du suspect idéal. Il avait laissé plein de traces dans l?appartement : sur une canette de bière, sur un mouchoir en papier. Il avait même eu des relations sexuelles avec la victime.

Pourtant, tout avait bien commencé entre eux. Ils s?étaient rencontrés en 1998 à Ottawa alors qu?ils étudiaient tous deux à l?université de Moncton, en Gaspésie, au nord du Québec.

Le couple a vécu dix mois ensemble mais avaient des différends selon des amis. Elle était de foi musulmane et lui hindoue. Cette relation basée sur cette dissemblance était vouée à l?échec pour la Malienne. Maherchand, lui, ne pouvait supporter l?idée d?être abandonné pour si peu. C?était plus qu?il ne pouvait supporter et il a même tenté de mettre fin à ses jours, relate la presse canadienne.

Toutefois, quelques mois plus tard, ils se revoyaient en cachette car la jeune femme s?était trouvée un nouveau petit ami. Maherchand quittait alors Montréal pour venir la rencontrer.

La nuit précédant son crime, Mah Traoré lui aurait signifié son intention de mettre un terme à cette liaison. C?en était trop pour le jeune homme. Le ciel lui tombait sur la tête : sa bourse venait de lui être refusée, de même que sa demande de naturalisation. Pour corser le tout, les médecins venaient de lui diagnostiquer un diabète.

Et il pensait voir plus clair : cette relation à la sauvette devait sans doute reposer sur le fait qu?il l?aidait financièrement. Dans ses déclarations à la cour, il parle de son impression d?avoir été manipulé. Elle lui demandait souvent de l?argent.

Un ami a confirmé à la cour que la victime avait emprunté 10 000 dollars ? environ Rs 200 000 ? à Maherchand en plusieurs occasions, bien que lui-même ne roulait pas sur l?or. Il n?avait que sa bourse pour vivre.

Maherchand se souvient de la soirée précédant le drame. Il a bu deux bières et une demi-bouteille de vin. Mais il supporte mal l?alcool et avait pris, en plus, des médicaments pour son diabète. Le lendemain, il s?est réveillé avec un cadavre à ses côtés. Mah ne respirait plus. Il s?est douché et a repris la route de Montréal sans avertir la police.

Il admet avoir tué la jeune femme mais déclare ne pas s?en souvenir. La nuit de la tragédie, dit-il, il n?était pas dans son état normal. Le jury, qui l?a condamné, n?a pas jugé bon de proposer un délai ? entre 10 et 25 ans ? après lequel il aurait pu bénéficier d?une liberté conditionnelle. Maherchand aura maintenant tout le temps de se souvenir de cette soirée d?octobre 2003.

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