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Ma fille, ma bataille
Se battre pour un enfant. La cour a déjà eu à trancher un litige tel que l?affaire Tipo. Le cas d?Aurore et de Marc est un autre exemple.
Dans son grand berceau, à la crèche, Julie souriait à ceux qui allaient devenir ses parents. Voilà trois mois qu?elle attendait qu?on la remarque et un beau jour, arrive ce couple, un Mauricien marié à une Française. « Elle nous a littéralement séduits », confie Aurore. Elle est loin de s?imaginer les obstacles qui l?attendent.
Ce sont d?abord les bonnes s?urs qui démarrent les hostilités en faisant comprendre au couple, devant leurs visites assidues, « qu?il faut laisser la chance à d?autres familles. » « On s?est rendu compte qu?une autre famille s?intéressait au bébé. » Leur demande à accueillir l?enfant chez eux un week-end par mois est refusée. C?est sans compter la ténacité d?Aurore qui fait intercéder un prêtre en sa faveur.
Pendant un an, donc, ils accueillent Julie dans leur foyer jusqu?au jour où une religieuse les approche et confie que la maman de la petite va beaucoup mieux. « Il ne faut plus venir la voir? » En fait, c?est une tante qui voulait récupérer l?enfant. Le couple va demander conseil à un avoué qui leur affirme qu?ils ne peuvent rien faire étant donné qu?ils n?ont aucun lien de parenté avec Julie. L?avocate Nargis Bundhun, conseille cependant au couple d?entrer une action en Cour pour demander un changement de placement, c?est-à-dire un Variation Order.
Démarre alors une longue traversée du désert. Le couple fait l?objet de toute une série d?enquêtes pour voir s?ils présentent toutes les garanties nécessaires. Ils tombent des nues lorsqu?ils apprennent que la « tante » de Julie fait également la même demande.
Selon Aurore, la « tante » a recherché une vague cousine de la mère de Julie pour affirmer qu?elle pouvait se permettre d?accueillir la petite. L?affaire est renvoyée pendant une année pour diverses raisons. La « tante » tentera tous les subterfuges pour essayer de leur prendre Julie. « Une vieille dame est venue me voir un jour pour me proposer sa petite-fille en adoption ! Plus tard nous avons appris qu?elle était envoyée par la tante. » Finalement, le couple obtient la garde de Julie un week-end par mois.
Le couple change de tactique et fait une demande pour une adoption plénière. Quinze jours plus tard, la partie adverse fait une demande d?adoption simple. C?est la première fois que la Cour se retrouvait devant un tel cas de figure. Deux familles se battaient pour pouvoir adopter un enfant ! Le procès mettra en lumière la mauvaise foi de la cousine éloignée et les mensonges des religieuses. On comprend que la mère de Julie ne peut s?occuper d?elle étant donné qu?elle fait des allers-retours à l?hôpital Brown Sequard.
En août 2002, à l?âge de 4 ans, Julie devient enfin, la fille d?Aurore et de Marc.
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