Publicité
L?art du temps
Chaque ?uvre attire l??il du visiteur dans le monde de l?artiste, par ses couleurs, son originalité, sa beauté ou sa laideur, son mécanisme, sa signification. Des ?uvres figées et vivantes, des tableaux sur lesquels on peut s?attarder des heures à observer le travail du pinceau, du couteau, au mélange des couleurs, aux formes. Se laisser apaiser par des pastels ou se revigorer auprès d?un rouge vif, sanglant et noir.
Des ?uvres éphémères dont il faut être témoin, comme pour «l?expérience » artistique de Nirveda Alleck. Des fleurs, endormies, dans des blocs de glace. Ce n?est que lorsque la glace fondra que la fleur pourra s?exprimer, laisser s?échapper son essence, sur un canevas placé en dessous. Pour patienter pendant le dégel, elle a placé à côté, un long et beau poème, à lire absolument.
Lors de l?ouverture, il ne fallait pas non plus rater l?apparition de Firoz Ghanty. L?artiste se place dans une prison de bois et se met en scène, pour « remettre en cause le rapport entre l?artiste et le spectateur ». Et si jamais il a été ??libéré??, ses ?uvres elles sont toujours enfermées, comme l?explique le poème inscrit au sol. «even if i?m not here, i am in».
Dans la même salle, une autre installation attire regards et spéculations. C?est un assemblage de Vishal Gopal, des bouteilles vides, dans lesquelles gisent, peut-être morts, de petits personnages. Tout autour, des couleurs et des contrastes.
Outre la diversité technique, c?est le mélange des genres et des talents qui attirent. Aux côtés de grands artistes, tels que Vaco Baissac, Pierre Argo, Khalid Nazroo, le Salon de Mai propose également les ?uvres de jeunes artistes, élèves ou anciens élèves du MGI. Les toiles plus jeunes, naïves posent fièrement aux côtés de grandes pièces d?artistes confirmés.
L?une de ces jeunes peintres, est Florian Grosset, une ancienne élève des Beaux-Arts, aujourd?hui graphiste chez Beachcomber.Elle peint par passion. Pas pour en faire commerce mais par besoin personnel. «Quand je rentre du travail, j?ai besoin de jeter de la peinture, de faire exploser les couleurs. C?est vital ».
Elle n?a pas de style pictural précis mais se dit, en ce moment, influencée par le travail de Jackson Pollock, un peintre américain. « Il a dit qu?il vient un moment dans la vie d?un artiste ou il ne faut plus peindre ce qui l?entoure, mais ce qu?il y a à l?intérieur de l?artiste. C?est ce que je fais, je peins mes tourments, mes questions. Ce ne sont plus des formes mais des mouvements. Je fais ce que je ressens, c?est tout ». La jeune artiste en est à sa deuxième participation au Salon de Mai. « C?est un cercle assez fermé et donc, c?est un privilège d?y être invité ».
Vick Shibdoyal est également fier de participer à l?édition 2005 de ce grand rendez-vous des beaux-arts. D?un grand sourire, il invite les visiteurs à venir découvrir son ?uvre, un assemblage impressionnant de ferrailles et métaux (pédaliers et jantes de vélo, tuyaux?), et la part d?ombre de cette ?uvre.
«Mon travail ce n?est pas ça,» explique le jeune artiste en désignant son installation, «c?est l?ombre qu?elle projette». En pénétrant dans cette partie de l?exposition, c?est d?ailleurs ce que l?on remarque en premier. Une ombre géante plaquée à même le mur, dans laquelle viennent s?insérer les ombres des spectateurs. «Cela devient comme une ?uvre mobile ».
Vick aime la matière. Pour le Salon de Mai, il s?est attaqué à toute la ferraille qu?il a pu récupérer pour la mettre en valeur, (en retouchant ici ou là), soit la forme, soit la couleur d?une pièce de métal. Il aime à se présenter comme un artiste polyvalent, aussi à l?aise au pinceau qu?à la tenaille ou au fer à souder. «J?aime la matière, je travaille avec les métaux, le bois, le polyester, la tôle, la toile. Je n?ai pas vraiment de style particulier. J?aime la diversité technique». Cet enseignant de Centre Flacq a réalisé sa première exposition en solo l?an dernier et se prépare à une deuxième exposition prochainement.
Le Salon de Mai est aussi une expo-vente. La grande majorité des ?uvres exposées sont en effet à vendre. Les prix varient selon la renommée et l?importance de l??uvre, allant de Rs 3 000 à Rs 50 000.
Publicité
Publicité
Les plus récents